Éducation : besoins, droits et accès dans le contexte du déplacement

À paraître en février 2019

Date limite de soumission des articles: 15 octobre 2018

Les conflits et le déplacement peuvent considérablement perturber l’assiduité scolaire et l’apprentissage. Il est possible que la planification de l’enseignement et les activités éducatives soient déréglées, les structures communautaires ébranlées, et les infrastructures scolaires endommagées, détruites ou utilisées en tant qu’abris temporaires. Il se peut également que les espaces et les programmes d’apprentissage temporaires répondant aux besoins d’inclusion dans les contextes de déplacement (interne ou transfrontalier) soient en nombre insuffisant, voire inexistants.

L’accès à l’éducation et à l’enseignement professionnel se trouve d’autant plus entravé par : les problèmes de certification, de documentation et d’équivalence auxquels sont confrontés tant les apprenants que les enseignants ; la réduction du nombre d’enseignants disponibles ; la dépendance des interventions éducatives envers les financements humanitaires ; la planification d’urgence qui cible uniquement des interventions à court terme ; et les programmes d’enseignement qui ne sont pas adaptés aux élèves déplacés ou qui les aliènent.*

Dans certains cas, le déplacement apporte néanmoins certains avantages éducatifs. Par exemple, les enfants réfugiés bénéficient parfois d’un meilleur accès à l’éducation dans leur pays d’asile que dans leur pays d’origine.

Bien que les États aient réalisé d’importants progrès vis-à-vis de différents objectifs liés à l’éducation, les enfants touchés par des conflits, et plus particulièrement déplacés par des conflits ou des catastrophes, représentent la majorité écrasante de ceux qui n’ont toujours pas accès à « une éducation inclusive et équitable de qualité » et aux « possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » énoncées dans l’Objectif de développement durable no 4, dont le caractère essentiel a été réaffirmé par l’agenda mondial Éducation 2030.

Les implications de la planification et de la prestation inadaptées de l’éducation dans les contextes de déplacement sont considérables. En effet, l’éducation peut aussi bien exacerber les conflits que les atténuer. Une éducation de qualité peut atténuer les conflits en équipant les personnes, les communautés et les sociétés touchées par ceux-ci pour : acquérir des connaissances et l’éloquence requises pour participer à leur communauté et assurer leur protection personnelle ; se relever sur le plan social et économique ; développer des compétences essentielles et des moyens d’existence, et s’épanouir personnellement ; assurer une gouvernance et fournir des services ; prévenir, atténuer et résoudre les conflits et atténuer leurs impacts psychologiques ; et construire une paix durable. Le manque d’accès à une éducation de qualité réduit ces possibilités. Qui plus est, les enfants et les jeunes déscolarisés sont plus vulnérables aux risques tels que la violence, le trafic d’êtres humains, le travail des enfants, le mariage précoce et de recrutement par les groupes armés.

Par le passé, nous avons déjà publié deux numéros de la RMF sur le thème de l’éducation : « L’éducation dans les situations d’urgence : l’apprentissage pour un futur paisible » en janvier 2005 et « Éducation et conflit : recherche, politique et pratique » en juillet 2006, ainsi que plusieurs articles individuels plus récents (consultez www.fmreview.org/fr/issues). Ce nouveau numéro de RMF offrira une tribune permettant aux praticiens, aux militants, aux responsables, aux chercheurs et aux personnes directement concernées d’analyser les évolutions récentes, de partager leurs expériences, de discuter des perspectives et d’émettre des recommandations. Ce numéro portera sur l’enseignement primaire, secondaire et supérieur.

Les rédactrices en chef de RMF recherchent en particulier des articles orientés sur la pratique, reflétant des opinions diverses et variées, qui répondent à des questions telles que celles-ci :

  • Existe-t-il des exemples de prestation efficace d’une éducation de qualité (primaire, secondaire et supérieure) dans les contextes de déplacement, et quels enseignements peut-on tirer de ces exemples ?
  • Quels enseignements ont été tirés de l’élargissement des initiatives d’apprentissage ayant porté leurs fruits ? Comment ces enseignements varient-ils en fonction des contextes de migration forcée ?
  • Quelles difficultés particulières apparaissent pour les services d’enseignement en fonction du type de contexte, qu’il s’agisse d’un camp, d’un environnement urbain ou autre ?
  • Comment peut-on renforcer la protection des enfants et des jeunes dans les contextes de conflit et de déplacement, en vue notamment d’améliorer leurs perspectives éducatives ?
  • Quel est l’impact du bien-être psychosocial des enfants sur leur apprentissage, et comment peut-on répondre au mieux à ce type de besoins afin de les aider à apprendre ?
  • Comment peut-on répondre aux besoins éducatifs particuliers de différents groupes de personnes déplacées ? Par exemple, comment les prestataires de services éducatifs peuvent-ils s’assurer que le handicap, le genre, la langue, l’ethnicité et d’autres facteurs ne soient pas des obstacles à l’égalité des chances devant l’éducation ?
  • Comment les jeunes n’ayant pas pu profiter d’une éducation ou d’une formation peuvent-ils rattrapper ce qu’ils ont manqué lorsqu’ils étaient enfants ? Quelles contributions peuvent apporter les programmes d’apprentissage accéléré ?
  • Quels sont les opportunités de développement de la petite enfance dans le contexte du déplacement ? Quelles pratiques semblent prometteuses ?
  • Est-ce que de nouveaux types de technologie et de nouvelles manières de les utiliser (y compris l’apprentissage à distance) comblent les carences de l’offre éducative, que ce soit en tant que mesures temporaires ou sur le long terme ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ?
  • Quels sont les avantages et les inconvénients pour les enfants réfugiés étudiant le programme scolaire du pays d’accueil, et dans la langue de celui-ci ?
  • Comment l’enseignement dans les pays d’origine, les pays de premier asile et les pays de réinstallation peut-il résoudre au mieux les questions de certification, de validation et d’équivalence, tant pour les apprenants que pour les enseignants ?
  • Comment sont traitées les questions de la qualification des enseignants, de leur développement professionnel, de leur salaire et de leur bien-être pendant le déplacement ?
  • Quel est le rôle des programmes d’éducation pour la paix pour favoriser la cohésion sociale lors du déplacement et dans les situations de retour ?
  • De quelle manière l’enseignement formel et l’enseignement non formel sont-ils coordonnés et liés, de la perspective des apprenants et des systèmes ?
  • Dans quelle mesure les programmes d’alimentation scolaire peuvent-ils soutenir la prestation de l’enseignement ?
  • Quels exemples de bonnes pratiques existe-t-il pour a) la planification coordonnée de l’éducation par les acteurs humanitaires et du développement et b) les mécanismes collaboratifs de coordination des réponses aux réfugiés et aux PDI, y compris, mais sans s’y limiter, le Groupe chargé de l’éducation ?
  • Comment les autorités scolaires locales et les acteurs humanitaires peuvent-ils coordonner le plus efficacement leurs réponses ?
  • En ce qui concerne l’enseignement dans le contexte du déplacement, quelles sont les principales difficultés qui entravent les progrès vers les objectifs mondiaux, par exemple les Objectifs de développement durable, et comment serait-il possible de les surmonter ?
  • Comment sont utilisées les Normes minimales d’éducation de l’INEE ?
  • Quelles sont les implications des initiatives telles que le Cadre d’action global pour les réfugiés, les pactes mondiaux, le Partenariat mondial pour l’éducation et le Fonds « L’éducation ne peut pas attendre », pour le financement de l’éducation et les programmes éducatifs ?
  • Comment la communauté des chercheurs peut-elle soutenir les communautés humanitaires et de développement afin de produire et exploiter des données efficaces et fiables, tant pour les besoins à court terme de la conception et de l’exécution des programmes dans des environnements complexes que pour les besoins à long terme d’une prise de décision efficace par les gouvernements ?

 

* Veuillez noter que nous utilisons le terme « déplacé » en référence tant aux enfants/jeunes déplacés de l’intérieur qu’aux enfants/jeunes réfugiés.

Longueur maximale : 2 500 mots.
Veuillez noter que l’espace est toujours très précieux dans RMF, si bien que les articles publiés sont généralement plus courts que cette longueur maximale. Si votre article est accepté, il est possible qu’il soit condensé avant d’être publié, mais nous vous consulterons avant de confirmer toute modification.

Date limite de soumission des articles: 15 octobre 2018

Si vous souhaitez contribuer, veuillez envoyer un courrier électronique aux rédacteurs en chef sur fmr@qeh.ox.ac.uk pour leur faire part de vos idées d’article.

Bien entendu, nous recherchons des exemples de pratiques et d’expériences utiles et reproductibles ainsi que des analyses solides des questions en jeu. Cependant, nous invitons également nos éventuels contributeurs à examiner les difficultés et les échecs : qu’est-ce qui ne fonctionne pas ou n’a pas fonctionné comme prévu, et pourquoi ?

Nous avons particulièrement à cœur de refléter les expériences et les connaissances des communautés et des individus touchés directement par les problématiques soulevées. Et nous rappelons aux auteurs que RMF souhaite inclure des articles adoptant une approche ou une analyse basée sur le genre.

REMARQUE : Nous demandons dorénavant à tous nos auteurs de veiller à ce que leur article soit conforme aux exigences de soumission particulières de RMF avant de nous le soumettre. Une liste de contrôle répertoriant ces exigences est disponible en ligne sur www.fmreview.org/fr/ecrire-pour-rmf. Nous ne serons pas en mesure d’accepter tout article ne respectant pas ces exigences.