Le déplacement au Moyen-Orient

Sortie prévue en février 2018

Date limite de soumission d’articles : lundi 23 octobre 2017

À l’heure actuelle, le Moyen-Orient est la région du monde qui émet mais aussi reçoit le plus grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées de l’intérieur (PDI). Alors que c’est en Syrie et au Yémen que les déplacements sont actuellement les plus nombreux, on observe également d’importants mouvements en provenance et à destination d’autres pays aussi éloignés l’un de l’autre que l’Irak et la Libye. Dans une perspective à plus long terme, on voit apparaître aujourd’hui la troisième et même la quatrième génération de réfugiés palestiniens. Tandis que la crise syrienne en est à sa septième année et que le nombre de réfugiés syriens enregistrés avoisine les cinq millions, d’autres régions (de l’Irak à la Palestine, mais aussi des réfugiés en provenance de l’extérieur de la région, tels que les Afghans, les Soudanais et Somaliens) se trouvent toujours en situation de déplacement prolongée, qu’il s’agisse du déplacement de réfugiés vers des pays voisins ou des pays tiers ou de personnes déplacées de l’intérieur. Que leur présence se traduise par des coûts ou des opportunités, toutes les personnes déplacées ont besoin d’une protection.

La question du partage des responsabilités a bénéficié d’un regain d’attention en raison des préoccupations (tant négatives que positives) entourant les réfugiés dans de nombreuses régions du monde, et plus particulièrement dans les pays du Nord. Alors que la communauté internationale travaille en vue de l’adoption d’un Pacte mondial sur les réfugiés, elle porte un intérêt croissant à la coopération internationale de même qu’aux réponses des acteurs extérieurs aux régions touchées par les déplacements. La plupart des pays du Moyen-Orient qui accueillent des réfugiés ne sont pas parties à la Convention de 1951 sur les réfugiés et pourtant ils ont accepté un beaucoup plus grand nombre de réfugiés que de nombreux pays ayant ratifié cette convention ou son protocole de 1969. Il est donc impératif de comprendre les perspectives de ces gouvernements, des réfugiés eux-mêmes et des populations d’accueil locales en relation avec le partage des responsabilités afin de contribuer à la quête de solutions pour les personnes déplacées dans des pays d’asile à travers cette région.

L’établissement d’une paix durable peut faciliter cette quête de solutions pour les personnes déplacées ; parallèlement, l’incapacité de résoudre la question du déplacement peut avoir des répercussions défavorables sur les processus de paix. De plus, alors que les processus de paix les intéressent particulièrement, les réfugiés, les PDI et les apatrides sont souvent exclus des négociations de paix, sont rarement intégrés aux accords de paix et sont souvent exclus des initiatives de consolidation de la paix. En outre, force est de constater que les femmes ont toujours été absentes de ces processus.

Notre intention est que ce numéro de RMF constitue un forum rassemblant des praticiens, des activistes, des décideurs et des chercheurs et leur permettent d’échanger leurs expériences, de confronter leurs perspectives et de proposer des recommandations. Les éditeurs de RMF recherchent tout particulièrement des articles axés sur la pratique et qui reflètent une gamme variée d’expériences et d’opinions diverses, traitant, entre autres, les points suivants :

  • Comment les besoins de protection des personnes déplacées au Moyen-Orient ont-ils évolué ces dernières années ?
  • Quelles ont été les répercussions de la guerre et du déplacement en Syrie sur les réfugiés et les PDI dans les autres pays de la région ?
  • Dans quelle mesure la crise syrienne a-t-elle modifié l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient ? Dans quelle mesure le déplacement a-t-il nui à la stabilité des pays de la région ? Et quelles sont les perspectives de solutions transitoires ou durables pour les personnes déplacées dans la région ?
  • Comment les gouvernements d’accueil et les acteurs humanitaires cherchent-ils à répondre aux besoins de protection spécifiques des différents groupes de réfugiés ?
  • Quelles formes particulières les dynamiques de genre revêtent-elles dans les conflits et les déplacements à travers la région ? Dans quelle mesure la compréhension de ces dynamiques doit-elle éclairer les stratégies et les réponses ?
  • Dans quelle mesure les réponses locales, régionales et internationales face au déplacement au Moyen-Orient s’influencent-elles mutuellement de manière favorable ou défavorable ?  
  • Quelles ont été les répercussions pour les pays impliqués n’ayant pas signé la Convention sur les réfugiés ou son protocole ?
  • Les programmes d'assistance des acteurs humanitaires « traditionnels » et non traditionnels sont-ils adaptés ? Les bailleurs de fonds non traditionnels ont-ils apporté de nouvelles approches ?
  • Quel rôle le secteur privé a-t-il joué à ce jour et quelles formes pourrait revêtir sa future contribution ?
  • Quelles contributions ont apporté les innovations technologiques et autres (tant par les personnes déplacées que par les autres acteurs) dans différents contextes et emplacements ?
  • Quelles réponses humanitaires et approches du développement ont été adoptées, en particulier dans les situations de déplacement prolongées, et dans quelle mesure se sont-elles combinées avec efficacité ? Quel potentiel existe-t-il pour des approches plus efficaces et coordonnées entre les acteurs de l’humanitaire et du développement ?
  • Quelles initiatives de la société civile ont-elles été mises en place pour soutenir et protéger les personnes déplacées ?
  • Comment les communautés d’accueil ont-elles géré le déplacement et y ont-elles répondu ? Dans quelle mesure les relations ou les tensions entre les personnes déplacées et leurs « hôtes » ont-elles affecté ces deux groupes ?
  • Comment les réfugiés et les populations d'accueil gèrent-ils les coûts et les impacts du déplacement dans des domaines tels que les moyens de subsistance, le logement, l'emploi et la sécurité alimentaire ?
  • Quels sont les impacts économiques du déplacement et quelles interventions économiques sont mises en place pour les atténuer ?
  • Quelles sont les politiques des gouvernements régionaux en matière de création d’emplois et de soutien économique aux déplacés ou d’intégration économique des déplacés ?
  • Quelle est l’ampleur des déplacements entraînés par d’autres causes que les conflits ?
  • Quelles sont les causes des nouveaux cas d’apatridie dans la région et de quelles manières ce problème peut-il être combattu et atténué ?
  • Quelles sont les principales approches de la médiation des conflits dans la région et comment pourrait-on les rendre plus efficaces ?
  • Comment est-il possible d’inclure les réfugiés et les PDI dans les efforts de construction de la paix et les négociations de paix ? Quelles leçons pouvons-nous tirer à cet égard, mais aussi en ce qui concerne la participation des femmes, des autres négociations de paix et des autres accords de paix, y compris hors de la région ?
  • Les besoins et les aspirations de groupes spécifiques potentiellement vulnérables parmi les populations déplacées (par exemple, les femmes et les filles, les enfants et les jeunes, les personnes âgées, les personnes handicapées) sont-ils pris en considération dans les réponses ainsi que dans la participation aux processus de paix ?

 

Même s’il est vrai qu’il nous semble important de publier des exemples de pratiques et d’expériences positives reproductibles ailleurs ainsi que des analyses solides et documentées sur les questions faisant l’objet du débat, nous aimerions également que les auteurs analysent des échecs ou des difficultés, c’est-à-dire qu’ils se penchent sur ce qui ne fonctionne pas ou n’a pas fonctionné, et tentent d’en expliquer les raisons.

Nous avons tout particulièrement à cœur de refléter les expériences et le savoir des communautés et des individus directement touchés par les questions abordées. Nous rappelons également à ceux qui écrivent pour nous que RMF tient à publier des articles traduisant une approche fondée sur le genre ou incluant une analyse de genre.

Longueur maximale : 2 500 mots
L’espace est très précieux et limité dans RMF, merci d’en tenir compte ! En conséquence, la grande majorité des articles publiés finissent généralement par être plus courts que cette longueur maximale. Si votre article est accepté, il est possible qu’il soit condensé avant d’être publié, mais nous vous consulterons afin de confirmer avec vous toute modification éditoriale.

Date limite de soumission d’articles : lundi 23 octobre 2017

Si vous êtes intéressé par ce sujet et que vous souhaitez y contribuer, n’hésitez pas à écrire aux éditeurs à l’adresse suivante: fmr@qeh.ox.ac.uk afin de discuter de vos idées d’article. Merci de nous envoyer un message si vous connaissez des collègues ou des représentants de communauté qui aimeraient contribuer à l’un de nos numéros; nous serons heureux de travailler individuellement avec eux pour les aider à rédiger un article complet car nous tenons à promouvoir le point de vue des personnes déplacées dans notre revue.

Si vous envisagez de rédiger un article, nous vous suggérons vivement de consulter les conseils à l’intention des auteurs que vous trouverez ici : http://www.fmreview.org/fr/ecrire-pour-rmf.

Numéros précédents de RMF sur le thème du Moyen-Orient :

  • RMF 26 : « Déplacement palestinien : un cas d'exception ? »
  • Numéro spécial de 2007 : « Iraq’s displacement crisis; the search for solutions » (en anglais et arabe uniquement)
  • RMF 47 : « La crise syrienne : déplacement et protection »

 

Comme à l’accoutumée, ce numéro contiendra également une sélection d’articles « généraux » sur d’autres aspects de la migration forcée. Nous sommes d’ailleurs ouverts à recevoir de tels articles à tout moment ; faites-nous en parvenir une brève description par e-mail et nous vous ferons part de nos commentaires.