{"id":41194,"date":"2012-02-23T00:00:00","date_gmt":"2012-02-23T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/cantor-2-3\/"},"modified":"2012-02-23T00:00:00","modified_gmt":"2012-02-23T05:00:00","slug":"cantor-2-3","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/ar\/cantor-2-3\/","title":{"rendered":"La gu\u00e9rilla colombienne, d\u00e9placement forc\u00e9 et  retour"},"content":{"rendered":"<p>Selon des estimations r&eacute;centes, jusqu&rsquo;&agrave; 4,9 millions de Colombiens ont &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;s &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays &agrave; cause du conflit arm&eacute; prolong&eacute; et de la violence politique l&rsquo;accompagnant, et dans lequel se trouvent impliqu&eacute;s l&rsquo;Etat et des groupes arm&eacute;s de la gu&eacute;rilla gauchiste ainsi que toute une s&eacute;rie&nbsp; de groupes paramilitaires issus de la&nbsp; droite dure&nbsp;&nbsp; fortement r&eacute;gionalistes et de r&eacute;seaux arm&eacute;s de trafiquants de drogue.<a hr\n<!--more--><\/p>\n<p>Selon des estimations r&eacute;centes, jusqu&rsquo;&agrave; 4,9 millions de Colombiens ont &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;s &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays &agrave; cause du conflit arm&eacute; prolong&eacute; et de la violence politique l&rsquo;accompagnant, et dans lequel se trouvent impliqu&eacute;s l&rsquo;Etat et des groupes arm&eacute;s de la gu&eacute;rilla gauchiste ainsi que toute une s&eacute;rie&nbsp; de groupes paramilitaires issus de la&nbsp; droite dure&nbsp;&nbsp; fortement r&eacute;gionalistes et de r&eacute;seaux arm&eacute;s de trafiquants de drogue.<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_edn1\" id=\"_ednref1\" name=\"_ednref1\" title=\"\"> 1<\/a> Une part importante des d&eacute;placements forc&eacute;s qui ont eu lieu r&eacute;cemment r&eacute;sultent directement ou indirectement des offensives militaires men&eacute;es par l&rsquo;Etat et les groupes paramilitaires qui s&rsquo;affrontent pour le contr&ocirc;le de zones rurales qui &eacute;taient historiquement des bastions de la gu&eacute;rilla. Les PDI ont non seulement fui les effets de la guerre, mais en p&eacute;riode d&rsquo;affrontements aigus pour le contr&ocirc;le de territoires et de populations, toutes les parties au conflit ont forc&eacute; au d&eacute;placement des r&eacute;sidents suspect&eacute;s de &lsquo;collaboration&rsquo; avec l&rsquo;ennemi.<\/p>\n<p>Le nombre important de GANE et la nature complexe de leurs disputes et de leurs alliances mouvantes emp&ecirc;chent toute tentative simpliste visant &agrave; d&eacute;terminer leur r&ocirc;le par rapport au ph&eacute;nom&egrave;ne du d&eacute;placement forc&eacute; en Colombie. Cependant, alors que d&rsquo;autres GANE sont apparus et ont disparu, les Forces arm&eacute;es r&eacute;volutionnaires de Colombie&nbsp; &#8211; Arm&eacute;e du peuple (FARC-EP) de tendance communiste et le groupe moins important en taille d&rsquo;inspiration cubaine l&rsquo;Union Camiliste &ndash; Arm&eacute;e nationale de lib&eacute;ration (UC-ELN) sont rest&eacute;s avec le temps les principales parties d&rsquo;insurrection dans ce conflit. Le fait qu&rsquo;une grande partie des d&eacute;placements au cours des 15 derni&egrave;res ann&eacute;es aient eu lieu dans leurs zones rurales soul&egrave;ve plusieurs questions importantes&nbsp;: Comment ces groupes comprennent-ils et appliquent-ils les dispositions du DIH qui interdisent les d&eacute;placements forc&eacute;s&nbsp;? Comment r&eacute;agissent-ils face aux retours de personnes d&eacute;plac&eacute;es de l&rsquo;int&eacute;rieur (PDI) dans les zones rurales dans lesquelles ils op&egrave;rent&nbsp;? Y-a-t-il des possibilit&eacute;s de retour sans danger pour les PDI dans de telles zones et quelles sont-elles&nbsp;? Quel r&ocirc;le les agences humanitaires locales ou internationales peuvent-elles&nbsp; jouer dans ces processus&nbsp;?<\/p>\n<p>Cet article s&rsquo;appuie sur des recherches sur le terrain&nbsp; que j&rsquo;ai effectu&eacute;es en 2007 et 2008 dans six r&eacute;gions de Colombie pour documenter les processus de retour des PDI pendant ces ann&eacute;es et les pr&eacute;c&eacute;dentes.<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_edn2\" id=\"_ednref2\" name=\"_ednref2\" title=\"\"> 2<\/a> A cette &eacute;poque-l&agrave;, les groupes de la gu&eacute;rilla &eacute;taient militairement actifs dans pratiquement toutes ces r&eacute;gions, une situation qui a maintenant chang&eacute; du fait des avanc&eacute;es&nbsp;&nbsp; militaires des forces arm&eacute;es de l&rsquo;Etat dans certaines r&eacute;gions.<\/p>\n<p><strong>DIH et r&eacute;gulations internes<\/strong><\/p>\n<p>Les deux principaux GANE d&rsquo;insurrection con&ccedil;oivent leur relation avec le droit international humanitaire (DIH) de mani&egrave;re fondamentalement diff&eacute;rente. Les FARC-EP n&rsquo;acceptent pas d&rsquo;&ecirc;tre formellement li&eacute;es&nbsp; par le DIH, que de toute fa&ccedil;on, elles consid&egrave;rent comme &laquo;&nbsp;sujet &agrave; interpr&eacute;tation&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_edn3\" id=\"_ednref3\" name=\"_ednref3\" title=\"\"> 3<\/a> L&rsquo;UC-ELN, au contraire affirme &ecirc;tre couvert par le Protocole Additionnel II aux Conventions de Gen&egrave;ve (PA2) de 1977, et a incorpor&eacute; bon nombre des r&egrave;gles qui en d&eacute;coulent &agrave; son propre Code de la guerre. Cependant l&rsquo;UC-ELN critique &eacute;galement le PA2 le trouvant incomplet et impr&eacute;cis, et y a ajout&eacute; des r&eacute;gulations qui paraissent aller au-del&agrave; des exigences formelles du DIH.<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_edn4\" id=\"_ednref4\" name=\"_ednref4\" title=\"\"> 4<\/a><\/p>\n<p>Ind&eacute;pendamment de ces consid&eacute;rations l&eacute;gales, chacun des groupes de gu&eacute;rilla impose &agrave; ses combattants une r&eacute;gulation formelle par le biais d&rsquo;un ensemble confus de r&egrave;gles, qui co&iuml;ncident parfois avec les principes de base du DIH. Par exemple, les deux organisations de gu&eacute;rilla imposent &agrave; leurs membres de traiter avec respect les personnes qu&rsquo;elles consid&egrave;rent comme non combattantes. C&rsquo;est ainsi que le r&egrave;glement disciplinaire des FARC-EP interdit express&eacute;ment&nbsp; &laquo;&nbsp;&hellip; de manquer de respect envers les masses,&nbsp; de tuer des hommes ou des femmes appartenant &agrave; la population civile, de perp&eacute;trer des actes de violence sexuelle, de voler la population civile&hellip; [et] toute activit&eacute; qui pourrait aller &agrave; l&rsquo;encontre &hellip; des bonnes coutumes de la population&nbsp;&raquo;.<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_edn5\" id=\"_ednref5\" name=\"_ednref5\" title=\"\"> 5<\/a> Cependant, ce principe de distinction est beaucoup plus &eacute;troit que ne le con&ccedil;oit conventionnellement le DIH, et tend &agrave; consid&eacute;rer que <strong>toute<\/strong> forme de collaboration avec &lsquo;l&rsquo;ennemi&rsquo; suffit pour priver une personne de son droit &agrave; la protection en tant que &lsquo;civil&rsquo;.<\/p>\n<p>La mani&egrave;re dont les retours de PDI sont contempl&eacute;s par les r&eacute;gulations internes des groupes arm&eacute;s d&rsquo;insurrection d&eacute;pend directement de la mani&egrave;re dont chacun d&rsquo;entre eux per&ccedil;oit ses relations avec le DIH. C&rsquo;est ainsi, qu&rsquo;il est possible d&rsquo;argumenter qu&rsquo;en &eacute;tendant l&rsquo;Article 17 de l&rsquo;AP2, le Code de la guerre de l&rsquo;UC-ELN ne pr&eacute;voit aucune restriction &agrave; son interdiction g&eacute;n&eacute;rale des d&eacute;placements forc&eacute;s&nbsp;: &laquo;&nbsp;La population civile ne saurait &ecirc;tre d&eacute;plac&eacute;e par la force des zones de combat.&nbsp;&raquo; De m&ecirc;me, dans son Heaven&rsquo;s Gateway Accord sign&eacute; en 1998 avec des repr&eacute;sentants pro&eacute;minents de la soci&eacute;t&eacute; civile, l&rsquo;UC-ELN a pris des engagements relatifs aux PDI d&rsquo;une port&eacute;e consid&eacute;rable: &laquo;&nbsp;[Nous] allons promouvoir et soutenir les organisations et les interlocuteurs [des PDI] dans la d&eacute;fense de leurs int&eacute;r&ecirc;ts et de leurs besoins l&eacute;gitimes, <strong>particuli&egrave;rement concernant&nbsp;la s&eacute;curit&eacute; du retour <\/strong>&hellip;&nbsp;&raquo; [surlignage ajout&eacute;]\n<p>A l&rsquo;oppos&eacute;, les r&egrave;glements internes des FARC-EP semblent omettre toute r&eacute;f&eacute;rence directe &agrave; la question des d&eacute;placements forc&eacute;s, et ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre des organisations de gu&eacute;rilla n&rsquo;a incorpor&eacute; les Principes directeurs relatifs au d&eacute;placement de personnes &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de leur propre pays de l&rsquo;ONU &agrave; son r&egrave;glement interne. Dans tous les cas, ces r&egrave;glements internes ne pr&eacute;sentent qu&rsquo;un tableau incomplet de la relation que les groupes de gu&eacute;rilla colombiens&nbsp; entretiennent avec le ph&eacute;nom&egrave;ne des PDI.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Pratique de la gu&eacute;rilla et retours<\/strong><\/p>\n<p>En g&eacute;n&eacute;ral, les groupes de gu&eacute;rilla apparaissent tr&egrave;s r&eacute;ceptifs au retour des PDI. C&rsquo;est un aspect que les r&eacute;gulations de l&rsquo;UC-ELN impliquent&nbsp; clairement. Bien plus, les FARC-EP ont m&ecirc;me recherch&eacute; des populations rurales d&eacute;plac&eacute;es dans des centres urbains et les ont soit encourag&eacute;es ou dans certains cas, leur ont ordonn&eacute; de retourner dans leurs zones d&rsquo;origine. Une telle approche est coh&eacute;rente avec le raisonnement politique des groupes arm&eacute;s qui se con&ccedil;oivent comme les&nbsp; protecteurs des int&eacute;r&ecirc;ts de la paysannerie et avec leurs pr&eacute;occupations humanitaires, mais elle s&rsquo;appuie &eacute;galement sur des consid&eacute;rations militaires. Par exemple, m&ecirc;me dans des zones disput&eacute;es, la gu&eacute;rilla semble souvent consid&eacute;rer que les b&eacute;n&eacute;fices strat&eacute;giques provenant de la pr&eacute;sence d&rsquo;une population civile connue dans une zone rurale&nbsp; l&rsquo;emportent sur les risques associ&eacute;s &agrave; cette m&ecirc;me pr&eacute;sence.<\/p>\n<p>Les deux groupes de la gu&eacute;rilla imposent dans la pratique des restrictions sur les mouvements des personnes dans les zones rurales. Pourtant, les retours repr&eacute;sentent un risque particulier pour la gu&eacute;rilla parce qu&rsquo;il est possible que les PDI soient devenus des informateurs pendant leur exil dans les centres urbains contr&ocirc;l&eacute;s par les forces arm&eacute;es de l&rsquo;Etat et\/ou les paramilitaires.&nbsp; Afin de g&eacute;rer ce risque, les groupes de la gu&eacute;rilla ont tendance &agrave; imposer une ou plusieurs des conditions suivantes&nbsp;:<\/p>\n<ul>\n<li>\n\t\tUne permission pr&eacute;alable de la gu&eacute;rilla doit &ecirc;tre obtenue pour que le retour puisse avoir lieu.<\/li>\n<li>\n\t\tLes retours accompagn&eacute;s par les forces arm&eacute;es de l&rsquo;Etat ou par des paramilitaires sont interdits, m&ecirc;me si la pr&eacute;sence de certaines institutions &eacute;tatiques civiles est parfois autoris&eacute;e.<\/li>\n<li>\n\t\tDes p&eacute;riodes strictes sont &eacute;tablies pendant lesquelles les PDI doivent revenir.<\/li>\n<li>\n\t\tLes PDI qui retournent dans leur zone d&rsquo;origine doivent accepter une plus grande restriction de leurs mouvements, soit ils doivent rester dans la zone, soit ils doivent r&eacute;duire la fr&eacute;quence de leurs visites dans les zones urbaines.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lorsque n&eacute;cessaire, les organisations de la gu&eacute;rilla font respecter ces conditions de retour aux PDI en utilisant des m&eacute;thodes coercitives, notamment l&rsquo;utilisation strat&eacute;gique de mines anti personnelles.&nbsp; Ce sont des m&eacute;thodes coercitives du m&ecirc;me type qui &eacute;tayent les syst&egrave;mes de &lsquo;droit&rsquo; et de &lsquo;justice&rsquo; que les groupes de gu&eacute;rilla offrent &agrave; ces communaut&eacute;s recul&eacute;es et souvent isol&eacute;es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>S&eacute;curit&eacute; du retour: les strat&eacute;gies des PDI<\/strong><\/p>\n<p>Les PDI qui cherchent &agrave; retourner dans leur lieu d&rsquo;origine dans les zones rurales de Colombie se trouvent souvent confront&eacute;es &agrave; la r&eacute;alit&eacute; de tensions continues entre les organisations de la gu&eacute;rilla et les forces arm&eacute;es de l&rsquo;Etat ou d&rsquo;autres GANE. Chacune de ces organisations cherche &agrave; imposer une s&eacute;rie de demandes concurrentes &agrave; ces anciens habitants qui souhaitent retourner chez eux. Pourtant les d&eacute;plac&eacute;s qui retournent chez eux ne r&eacute;pondent pas par la passivit&eacute;&nbsp;; ils sont plut&ocirc;t des acteurs &agrave; part enti&egrave;re qui cherchent souvent &agrave; g&eacute;rer, &agrave; l&rsquo;aide de strat&eacute;gies pratiques particuli&egrave;res, les risques de s&eacute;curit&eacute; qu&rsquo;ils encourent &agrave; cause de ces syst&egrave;mes concurrents de contr&ocirc;le qui leur sont impos&eacute;s.&nbsp;<\/p>\n<p>Certains, parmi les d&eacute;plac&eacute;s, retournent chez eux parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont pas r&eacute;ussi &agrave; s&rsquo;int&eacute;grer dans les villes et qu&rsquo;ils manquent de confiance dans la capacit&eacute; ou la volont&eacute; de l&rsquo;Etat &agrave; les prot&eacute;ger. Entrer en contact avec les groupes de gu&eacute;rilla et leur demander la permission de retourner chez soi, peut s&rsquo;av&eacute;rer la seule strat&eacute;gie possible pour de nombreux paysans pauvres, particuli&egrave;rement lorsque la pr&eacute;sence de la gu&eacute;rilla dans la zone rurale est forte. Cela implique cependant d&rsquo;accepter les conditions que le groupe de gu&eacute;rilla est susceptible d&rsquo;imposer et peut les exposer &agrave; des risques de r&eacute;torsion de la part des autres parties au conflit.<\/p>\n<p>Il existe &eacute;galement des communaut&eacute;s de PDI qui essayent de garantir la s&eacute;curit&eacute; de leur retour en cherchant la protection des forces arm&eacute;es de l&rsquo;Etat. Dans les endroits o&ugrave; les forces arm&eacute;es ont une forte pr&eacute;sence dans la r&eacute;gion, un accompagnement permanent de ces communaut&eacute;s est parfois octroy&eacute;. Cela pr&eacute;vient les attaques directes et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de la gu&eacute;rilla contre le centre des villages o&ugrave; sont bas&eacute;es les forces arm&eacute;es. Cependant, l&rsquo;efficacit&eacute; de cet effet dissuasif diminue au-del&agrave; des limites du village (par exemple dans les champs et sur les routes d&rsquo;acc&egrave;s) o&ugrave; les attaques ne sont pas exceptionnelles.&nbsp; Bien plus, parce que la communaut&eacute; est per&ccedil;ue comme &lsquo;collaborant&rsquo;, ces villages deviennent une cible militaire pour les gu&eacute;rillas. C&rsquo;est ainsi que les propositions d&rsquo;accompagnement temporaire au retour que font les forces arm&eacute;es, ne sont pas seulement inefficaces mais peuvent aussi s&rsquo;av&eacute;rer tr&egrave;s dangereuses pour les PDI.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres PDI cherchent &agrave; garantir leur s&eacute;curit&eacute; en &eacute;vitant toute possibilit&eacute; de suspicion de &lsquo;collaboration&rsquo; avec toutes les parties au conflit. Certaines personnes essayent simplement d&rsquo;&eacute;viter tout contact avec les parties au conflit, par exemple pendant &lsquo;les retours au travail&rsquo;,&nbsp; les p&eacute;riodes o&ugrave; les PDI retournent travailler leurs terres &agrave; la campagne pendant la journ&eacute;e mais rentrent en ville &agrave; la tomb&eacute;e de la nuit. D&rsquo;autres, cependant, adoptent une approche plus durable et&nbsp; approchent s&eacute;par&eacute;ment mais directement toutes les parties au conflit pour leur demander de respecter la d&eacute;cision de la communaut&eacute; de ne collaborer avec aucune d&rsquo;entre elles. J&rsquo;ai rencontr&eacute; des exemples de cette strat&eacute;gie dans cinq des six r&eacute;gions o&ugrave; j&rsquo;ai travaill&eacute;. Bien que cette strat&eacute;gie ne soit ni nouvelle, ni exclusive aux PDI qui retournent dans leur zone d&rsquo;origine, le contexte du retour semble donner aux PDI davantage de force de levier pour s&rsquo;assurer le respect des parties concern&eacute;es. Dans certains cas cela se devait au fait que les groupes de la gu&eacute;rilla et les autres parties au conflit souhaitaient que le retour ait lieu.<br \/>\n\t&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R&ocirc;le des agences humanitaires<\/strong><\/p>\n<p>Certaines agences &ndash; comme le Comit&eacute; International de la Croix Rouge et l&rsquo;Eglise catholique &ndash; ont rempli une fonction importante par le biais de discussions men&eacute;es pour des motifs purement humanitaires&nbsp; avec les groupes de la gu&eacute;rilla et les autres parties au conflit, et ont r&eacute;ussi &agrave; pr&eacute;venir des menaces de d&eacute;placements forc&eacute;s et &agrave; obtenir des garanties relatives &agrave; la s&eacute;curit&eacute; du retour d&rsquo;une personne ou d&rsquo;une communaut&eacute;. La communaut&eacute; internationale pourrait faciliter encore davantage ce type de travail en demandant au gouvernement colombien de d&eacute;clarer officiellement que de tels contacts ne constituent pas une infraction &agrave; la r&egrave;gle qui veut que n&eacute;gocier la paix avec les GANE soit une pr&eacute;rogative pr&eacute;sidentielle.<\/p>\n<p>Dans les zones o&ugrave; le contr&ocirc;le est f&eacute;rocement contest&eacute;, les agences de ce type peuvent aussi jouer un r&ocirc;le d&eacute;terminant en soutenant les communaut&eacute;s de PDI de retour qui cherchent &agrave; garantir leur s&eacute;curit&eacute; en demandant &agrave; toutes les parties au conflit de respecter leur caract&egrave;re civil. Pour r&eacute;ussir, une telle strat&eacute;gie n&eacute;cessite habituellement le soutien actif d&rsquo;agences ext&eacute;rieures respect&eacute;es pour aider la communaut&eacute; &agrave; maintenir&nbsp;: a) le degr&eacute; &eacute;lev&eacute; d&rsquo;organisation interne n&eacute;cessaire pour pr&eacute;senter un front uni face &agrave; tous les acteurs arm&eacute;s, b) des canaux de communication s&eacute;par&eacute;s et directs avec toutes les parties au conflit , et c) des alternatives &eacute;conomiques viables &agrave; l&rsquo;implication dans l&rsquo;&eacute;conomie de la coca&iuml;ne&nbsp; ou dans toute autre activit&eacute; ill&eacute;gale qui pourrait compromettre la &lsquo;neutralit&eacute;&rsquo; de la communaut&eacute;. M&ecirc;me si cette strat&eacute;gie offre les meilleures chances de protection durable pour les personnes qui retournent chez elles dans des territoires fortement disput&eacute;s, la protection qu&rsquo;elle offre reste fragile et n&eacute;cessite un travail constant pour &ecirc;tre maintenue.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Il est important que les GANE impliqu&eacute;s dans les conflits internes ne soient pas consid&eacute;r&eacute;s uniquement comme un obstacle au retour des PDI. Il convient plut&ocirc;t, de trouver des moyens pragmatiques pour s&rsquo;appuyer sur les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers de ces GANE et soutenir les strat&eacute;gies pratiques de protection des communaut&eacute;s locales afin de garantir le niveau les plus &eacute;lev&eacute; possible de respect envers les civils vuln&eacute;rables qui se trouvent pris dans des guerres complexes et prolong&eacute;es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><a href=\"mailto:david.cantor@sas.ac.uk\">David James Cantor<\/a> est Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences en Droit international des droits de la personne &agrave; l&rsquo;Institute of Commonwealth Studies, de l&rsquo;Universit&eacute; de Londres (http:\/\/commonwealth.sas.ac.uk\/). Son prochain livre <\/em>The Return of Internally Displaced Persons: International Law and its Application in Colombia [Le retour des personnes d&eacute;plac&eacute;es de l&rsquo;int&eacute;rieur&nbsp;; le droit international et son application en Colombie]<em> sera publi&eacute; par Martinus Nijhoff en 2011.<\/em><\/p>\n<div>\n<div id=\"edn1\">\n\t\t<br \/>\n\t\t<a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_ednref1\" id=\"_edn1\" name=\"_edn1\" title=\"\">1<\/a> Consultor&iacute;a para los Derechos Humanos y el Desplazamiento [Conseil pour les droits de la personne et le d&eacute;placement] (CODHES), &lsquo;Salto Estrat&eacute;gico o Salto al Vacio&rsquo; [Saut strat&eacute;gique ou saut dans le vide] (27 janvier 2010) <a href=\"http:\/\/www.cohes.org\/\">http:\/\/www.cohes.org<\/a>. Il semblerait que ce chiffre soit &agrave; ajouter &agrave; presque un demi-million de Colombiens relevant de la comp&eacute;tence de l&rsquo;UNHCR dans les pays voisins. <a href=\"http:\/\/www.acnur.org\/crisis\/colombia\/paisesvecinos.htm\">http:\/\/www.acnur.org\/crisis\/colombia\/paisesvecinos.htm<\/a><\/div>\n<div id=\"edn2\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_ednref2\" id=\"_edn2\" name=\"_edn2\" title=\"\">2<\/a> Cette recherche doctorale a &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;reusement soutenue par The Leverhulme Trust, the Arts and Humanities Research Council, et l&rsquo;Universit&eacute; d&rsquo;Essex.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn3\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_ednref3\" id=\"_edn3\" name=\"_edn3\" title=\"\">3<\/a> Human Rights Watch, &lsquo;War Without Quarter: Colombia and International Humanitarian Law&rsquo; [Une guerre sans quartier&nbsp;: la Colombie et le Droit international humanitaire (1er octobre 1998). <a href=\"http:\/\/www.hrw.org\/legacy\/reports\/reports98\/colombia\/\">http:\/\/www.hrw.org\/legacy\/reports\/reports98\/colombia\/<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn4\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_ednref4\" id=\"_edn4\" name=\"_edn4\" title=\"\">4<\/a> Comandant Manuel P&eacute;rez<em>, <\/em>&lsquo;Declaraci&oacute;n P&uacute;blica&rsquo; 15 July 1995, reproduced in Agenda Ciudadana para la Paz, <em>Conversaciones de paz frente al horror: acuerdos humanitarios&nbsp; <\/em>[&lsquo;D&eacute;claration publique&rsquo; 15 juillet 1995, reproduite dans l&rsquo;Agenda Ciudadana para la Paz, <em>Conversations de paix face &agrave; l&rsquo;horreur&nbsp;: des accords humanitaires<\/em>] (Mandato Ciudadano por la Paz, la Vida y la Libertad, Bogot&aacute; 1998), 57-64.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn5\">\n<p><a href=\"http:\/\/www.migrationforcee.org\/non-etatiques\/cantor.html#_ednref5\" id=\"_edn5\" name=\"_edn5\" title=\"\">5<\/a> Corporaci&oacute;n Observatorio para la Paz, <em>Las verdaderas intenciones de las FARC <\/em>[Association observatoire pour la paix, <em>Les v&eacute;ritables intentions des FARC<\/em>](Intermedio, Bogot&aacute; 1999) 168-169.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon des estimations r&eacute;centes, jusqu&rsquo;&agrave; 4,9 millions de Colombiens ont &eacute;t&eacute; 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