{"id":41394,"date":"2013-05-22T00:00:00","date_gmt":"2013-05-22T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/ponthieu-derderian-2-3\/"},"modified":"2025-07-01T07:03:37","modified_gmt":"2025-07-01T12:03:37","slug":"ponthieu-derderian-2-3","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/ar\/ponthieu-derderian-2-3\/","title":{"rendered":"Interventions humanitaires pour combler les lacunes de protection"},"content":{"rendered":"<p>Aujourd&rsquo;hui, la r&eacute;alit&eacute; du d&eacute;placement forc&eacute; se caract&eacute;rise par des flux mixtes, des politiques migratoires restrictives et des liens plus &eacute;troits entre migration &eacute;conomique et fuite pour raisons politiques. En cons&eacute;quence, l&rsquo;assistance aux personnes d&eacute;plac&eacute;es de force implique d&rsquo;intervenir dans diff&eacute;rents types de contextes: camps, centres de d&eacute;tention, lieux de transit et environnements urbains &#8211; des contextes qui multiplient les obstacles &agrave; la dignit&eacute; humaine et &agrave; l&rsquo;acc&egrave;s aux services essentiels. Parall&egrave;lement, de nouveaux groupes vuln&eacute;rables frappent &agrave; la porte des cliniques M&eacute;decins Sans Fronti&egrave;res (MSF), dont des victimes de la traite des &ecirc;tres humains, de catastrophes environnementales ou de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; alimentaire. Il est souvent trop difficile d&rsquo;identifier la principale raison du d&eacute;part de ces personnes, alors m&ecirc;me qu&rsquo;elle est l&rsquo;une des cl&eacute;s du statut juridique qu&rsquo;elles sont cens&eacute;es obtenir &agrave; leur arriv&eacute;e.<\/p>\n<p>Alors que les cat&eacute;gories juridiques sont souvent peu adapt&eacute;es &agrave; la r&eacute;alit&eacute; et &agrave; ses complexit&eacute;s, les vuln&eacute;rabilit&eacute;s restent semblables indiff&eacute;remment du statut. Ne r&eacute;pondant ni aux crit&egrave;res du statut de r&eacute;fugi&eacute; ni &agrave; ceux du migrant &eacute;conomique, nombreuses personnes en mouvement sont victimes de politiques inadapt&eacute;es, d&rsquo;un d&eacute;faut d&rsquo;assistance et de violations de leurs droits humains. Dans les pays de destination, leur situation d&eacute;pend de la politique d&rsquo;accueil, variable selon les pays mais toujours politis&eacute;e, et de la bonne volont&eacute; des organisations et des ONG internationales ou locales dispos&eacute;es &agrave; leur venir en aide. Souvent, le manque d&rsquo;assistance ou l&rsquo;incoh&eacute;rence des politiques ne font qu&rsquo;aggraver les besoins humanitaires, cr&eacute;ant une v&eacute;ritable &laquo;lacune de protection&raquo; pour les personnes concern&eacute;es, de m&ecirc;me que des casse-t&ecirc;tes juridiques pour les organismes d&rsquo;assistance et les &Eacute;tats. Les pays r&eacute;cepteurs de tels influx doivent adapter leurs politiques relatives aux migrants et aux r&eacute;fugi&eacute;s afin d&rsquo;&eacute;viter une accentuation de la vuln&eacute;rabilit&eacute; de ces derniers et de d&eacute;fendre leurs droits humains et leur dignit&eacute; humaine.<\/p>\n<p>R&eacute;cemment, MSF est intervenu dans plusieurs situations o&ugrave; un nombre &eacute;lev&eacute; de migrants forc&eacute;s &ndash; partageant les m&ecirc;mes besoins et vuln&eacute;rabilit&eacute;s, voire le m&ecirc;me profil ou les m&ecirc;mes raisons de fuir &ndash; se sont trouv&eacute;s dans une situation critique tant sur le plan m&eacute;dical qu&rsquo;humanitaire. Parmi les exemples r&eacute;cents les plus marquants, on peut citer les Zimbabw&eacute;ens qui ont travers&eacute; en masse la fronti&egrave;re qui les s&eacute;pare de l&rsquo;Afrique du Sud (2007-13) et les Ha&iuml;tiens laiss&eacute;s pour compte dans la r&eacute;gion amazonienne du Br&eacute;sil (2011). Ces deux groupes r&eacute;pondent aux sch&eacute;mas classiques de la migration &eacute;conomique: la recherche d&rsquo;opportunit&eacute;s &eacute;conomiques, une forte proportion d&rsquo;hommes parmi les migrants et\/ou le recours &agrave; des itin&eacute;raires de contrebande. Pourtant, nombre d&rsquo;entre eux citent des raisons bien plus complexes que le simple fait de vouloir am&eacute;liorer leur situation &eacute;conomique. Alors que certains ont fui en tant que r&eacute;fugi&eacute;s, la plupart ont choisi de fuir par strat&eacute;gie de survie, pour &eacute;chapper aux cons&eacute;quences de la fragilit&eacute; de leur pays, y compris les &eacute;pid&eacute;mies de grande &eacute;chelle, les catastrophes naturelles et l&rsquo;indigence extr&ecirc;me. Dans un tel contexte, on peut dire que la vuln&eacute;rabilit&eacute; de ces personnes a fini par &eacute;galer, voire surpasser, celle des r&eacute;fugi&eacute;s &eacute;tablis dans le m&ecirc;me pays de destination.<\/p>\n<p>Les Ha&iuml;tiens &eacute;tablis au Br&eacute;sil<\/p>\n<p>Les chiffres officiels indiquent que 3.814 Ha&iuml;tiens ont p&eacute;n&eacute;tr&eacute; sur le sol br&eacute;silien entre 2010 et 2012, par vagues successives irr&eacute;guli&egrave;res, en traversant la fronti&egrave;re amazonienne qui s&eacute;pare le pays du P&eacute;rou. La plupart avaient travers&eacute; le P&eacute;rou avec l&rsquo;aide de contrebandiers apr&egrave;s avoir rejoint le Panama ou l&rsquo;&Eacute;quateur par avion. Bien que la migration ha&iuml;tienne ne soit pas en soi un ph&eacute;nom&egrave;ne r&eacute;cent, puisque l&rsquo;on estime qu&rsquo;un Ha&iuml;tien sur six vit hors de son pays, c&rsquo;&eacute;tait la premi&egrave;re fois que ce ph&eacute;nom&egrave;ne touchait le Br&eacute;sil. En 2011, MSF a men&eacute; une enqu&ecirc;te dans la ville frontali&egrave;re de Tabatinga, o&ugrave; la plupart des Ha&iuml;tiens avaient &eacute;t&eacute; laiss&eacute;s &agrave; leurs propres moyens. 40% des personnes interrog&eacute;es venaient des r&eacute;gions ha&iuml;tiennes qui avaient &eacute;t&eacute; frapp&eacute;es par le s&eacute;isme de janvier 2010. Bien que 84% citaient le ch&ocirc;mage comme principal motif de leur migration, le s&eacute;isme repr&eacute;sentait la deuxi&egrave;me raison la plus courante (56%). 69% indiquaient avoir &eacute;t&eacute; affect&eacute;s par le s&eacute;isme, 51% ayant perdu leur logement et 33% un membre de leur famille. 41% d&rsquo;entre eux mentionnaient &eacute;galement l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; comme un facteur de d&eacute;part. M&ecirc;me si les Ha&iuml;tiens ne pouvaient &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme des r&eacute;fugi&eacute;s <em>prima facie<\/em>, nombre d&rsquo;entre eux &eacute;taient toutefois conscients de la crise humanitaire dans leur pays et du fardeau que les retours forc&eacute;s repr&eacute;senteraient dans le contexte de destruction et de d&eacute;placement post-s&eacute;isme. En f&eacute;vrier 2010, le HCDH<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\">[1]<\/a> et l&rsquo;UNHCR ont exhort&eacute; les pays &agrave; ne plus rapatrier les migrants ha&iuml;tiens sans papiers et &agrave; leur accorder une protection pour raisons humanitaires, un appel renouvel&eacute; en 2011 et 2012.<\/p>\n<p>En 2010, suite &agrave; l&rsquo;appel lanc&eacute; par l&rsquo;ONU&nbsp; au moment du s&eacute;isme en faveur de la protection temporaire des migrants ha&iuml;tiens, le Br&eacute;sil a r&eacute;gularis&eacute; la situation de quelque 300 ressortissants de l&rsquo;&icirc;le pr&eacute;sents sur son territoire en leur octroyant un &laquo;visa humanitaire&raquo;. Toutefois, les autorit&eacute;s f&eacute;d&eacute;rales ne sont pas all&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; d&eacute;finir de cadre politique relatif &agrave; l&rsquo;immigration ha&iuml;tienne, ce qui les a emp&ecirc;ch&eacute; de r&eacute;agir en temps opportun aux influx ult&eacute;rieurs aux fronti&egrave;res du pays. Sans politique pr&eacute;cise et malgr&eacute; la d&eacute;cision gouvernementale de ne pas compter les Ha&iuml;tiens parmi les r&eacute;fugi&eacute;s, les Ha&iuml;tiens de Tabatinga n&rsquo;avaient d&rsquo;autre choix que de faire appel au syst&egrave;me d&rsquo;asile pour obtenir des papiers temporaires ainsi que le droit de travailler et de partir de Tabatinga. Cependant, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;avalanche de nouvelles demandes d&rsquo;asile, des retards dans le traitement des demandes et de l&rsquo;extr&ecirc;me isolement de Tabatinga, la vuln&eacute;rabilit&eacute; et les besoins humanitaires des migrants se sont intensifi&eacute;s jusqu&#39;&agrave; atteindre des proportions alarmantes. Coinc&eacute;s pendant deux &agrave; quatre mois &agrave; Tabatinga, les Ha&iuml;tiens sans emploi ont commenc&eacute; &agrave; s&rsquo;endetter pour payer le loyer de logements dont les conditions g&eacute;n&eacute;rales et sanitaires laissaient &agrave; d&eacute;sirer. Une enqu&ecirc;te men&eacute;e par MSF a r&eacute;v&eacute;l&eacute; que la majorit&eacute; d&rsquo;entre eux disposaient d&rsquo;un espace de vie limit&eacute; &agrave; seulement 1m&sup2;, dormaient &agrave; m&ecirc;me le sol, disposaient d&rsquo;un acc&egrave;s limit&eacute; &agrave; l&rsquo;eau potable et &agrave; l&rsquo;assainissement et ne mangeait qu&rsquo;un seul repas quotidien fourni par l&rsquo;&eacute;glise locale. Le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral avait demand&eacute; &agrave; l&rsquo;UNHCR de ne pas porter assistance aux migrants ha&iuml;tiens en d&eacute;pit de leur statut de demandeurs d&rsquo;asile tandis que les autorit&eacute;s municipales consid&eacute;raient le &laquo;probl&egrave;me ha&iuml;tien&raquo; comme un probl&egrave;me f&eacute;d&eacute;ral. Dans ce contexte d&rsquo;exclusion flagrante, MSF a mis en place une intervention de petite &eacute;chelle visant &agrave; am&eacute;liorer les conditions de vie minimales et fait pression aupr&egrave;s des autorit&eacute;s locales pour octroyer aux r&eacute;fugi&eacute;s l&rsquo;acc&egrave;s aux services essentiels du pays, ce qui a abouti &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration compl&egrave;te de tous les migrants dans le syst&egrave;me de sant&eacute; br&eacute;silien.<\/p>\n<p>Le 13 janvier 2012, le gouvernement br&eacute;silien a adopt&eacute; une loi r&eacute;gularisant tous les Ha&iuml;tiens pr&eacute;sents sur le territoire et autorisant le regroupement familial. Cette d&eacute;cision a permis de faciliter l&rsquo;immigration l&eacute;gale, cent visas &eacute;tant octroy&eacute;s chaque mois par l&rsquo;ambassade br&eacute;silienne en Ha&iuml;ti.<\/p>\n<p>Les Zimbabw&eacute;ens &eacute;tablis en Afrique du Sud<\/p>\n<p>Un cas semblable est celui des quelque deux millions de Zimbabw&eacute;ens qui ont travers&eacute; la fronti&egrave;re sud-africaine pour fuir les cons&eacute;quences de la crise &eacute;conomique et politique qui a secou&eacute; leur pays dans les ann&eacute;es 2000. Alors que la r&eacute;gion conna&icirc;t depuis longtemps plusieurs types de migration de main-d&rsquo;&oelig;uvre et de migrations internes ainsi que des flux de r&eacute;fugi&eacute;s, la migration des Zimbabw&eacute;ens ces dix derni&egrave;res ann&eacute;es se d&eacute;marque par sa complexit&eacute;. L&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; alimentaire et le manque d&rsquo;acc&egrave;s aux services essentiels tels que les soins de sant&eacute; se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s &ecirc;tre deux facteurs importants du d&eacute;part des Zimbabw&eacute;ens vers l&rsquo;Afrique du Sud. En 2009, le Zimbabwe &eacute;tait le pays du monde qui d&eacute;pendait le plus de l&rsquo;aide alimentaire; on estimait alors que sept de ses neuf millions d&rsquo;habitants &eacute;taient expos&eacute;s &agrave; l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; alimentaire. 15% de la population adulte souffrait du VIH tandis que 94% &eacute;tait au ch&ocirc;mage. Parall&egrave;lement, toutes les provinces du pays &eacute;taient affect&eacute;es par la pire &eacute;pid&eacute;mie de chol&eacute;ra que l&rsquo;Afrique avait connu depuis quinze ans. Le service public zimbabw&eacute;en, bien trop fragile, ne parvenait pas &agrave; faire face &agrave; la situation. Ce sont ces conditions d&eacute;sesp&eacute;rantes que les migrants ont cherch&eacute; &agrave; fuir, avec la survie pour seule motivation.<\/p>\n<p>L&rsquo;Afrique du Sud a d&rsquo;abord consid&eacute;r&eacute; les Zimbabw&eacute;ens arrivant &agrave; ses fronti&egrave;res comme des migrants &eacute;conomiques volontaires. De nombreux migrants avaient toutefois travers&eacute; la fronti&egrave;re en toute ill&eacute;galit&eacute; et se retrouvaient sans papiers en raison de l&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der au syst&egrave;me migratoire officiel ou au statut de r&eacute;fugi&eacute;, ou encore de b&eacute;n&eacute;ficier de mesures de protection temporaires. Les autorit&eacute;s sud-africaines ont alors commenc&eacute; &agrave; op&eacute;rer des expulsions en masse, rapatriant 102.413 migrants zimbabw&eacute;ens sans papiers entre janvier et juin 2007. Cette politique d&rsquo;expulsion et ses cons&eacute;quences ont pouss&eacute; de nombreux Zimbabw&eacute;ens &agrave; vivre dans la clandestinit&eacute;, dans des conditions bien souvent d&eacute;gradantes. De surcro&icirc;t, cette politique, conjugu&eacute;e &agrave; l&rsquo;absence de statut juridique des migrants et &agrave; l&rsquo;inefficacit&eacute; des proc&eacute;dures d&rsquo;asile, entravait l&rsquo;acc&egrave;s des Zimbabw&eacute;ens aux soins de sant&eacute; et aux autres types d&rsquo;assistance.<\/p>\n<p>En avril 2009, alors que les violences &eacute;lectorales battaient leur plein au Zimbabwe, et sous la pression intense des ONG et des groupes de d&eacute;fense des droits humains, le d&eacute;partement sud-africain de l&rsquo;Int&eacute;rieur a accord&eacute; aux Zimbabw&eacute;ens un &laquo;permis de dispense sp&eacute;ciale&raquo; dans le cadre de la loi sur l&rsquo;immigration, un moratoire sur les expulsions, un processus de r&eacute;gularisation et un visa de 90 jours aux d&eacute;tenteurs d&rsquo;un passeport. Bien que cette nouvelle politique visait &agrave; octroyer un statut juridique &agrave; tous les Zimbabw&eacute;ens, ainsi qu&rsquo;&agrave; reconna&icirc;tre leurs besoins de protection et l&rsquo;injustice des retours forc&eacute;s, le permis de dispense sp&eacute;ciale n&rsquo;a finalement jamais &eacute;t&eacute; mis en place. En cons&eacute;quence, Les Zimbabw&eacute;ens sans papiers se sont une fois encore tourn&eacute;s vers le r&eacute;gime d&rsquo;asile pour obtenir l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;emploi et &agrave; l&rsquo;&eacute;ducation. Cette strat&eacute;gie a eu pour effet de congestionner le syst&egrave;me d&rsquo;asile alors que l&rsquo;Afrique du Sud devenait le pays o&ugrave; les demandes en attente de traitement &eacute;taient les plus nombreuses au monde.<\/p>\n<p>Le moratoire sur les expulsions a pris fin en 2011, tout comme et le processus complexe d&rsquo;obtention de papiers pour les Zimbabw&eacute;ens, si bien qu&rsquo;une grande majorit&eacute; de ces derniers s&rsquo;est retrouv&eacute;e de nouveau passible d&rsquo;arrestation et d&rsquo;expulsion. Apr&egrave;s de nouvelles restrictions en mati&egrave;re d&rsquo;acc&egrave;s aux proc&eacute;dures d&rsquo;asile, les personnes sans papiers, quelle que soit leur nationalit&eacute;, se sont vues syst&eacute;matiquement refuser l&rsquo;entr&eacute;e dans le pays et se sont donc retrouv&eacute;es forc&eacute;es de traverser la fronti&egrave;re dans la clandestinit&eacute;, ou &laquo;sous le pont&raquo; comme le veut l&rsquo;expression. Les <em>&laquo;guma guma&raquo;<\/em> &ndash; les groupes criminels pr&eacute;sents le long des fronti&egrave;res &ndash; d&eacute;robaient les possessions des migrants ou les agressaient sexuellement; les hommes &eacute;taient souvent forc&eacute;s de violer les femmes qui les accompagnaient s&rsquo;ils voulaient &eacute;viter d&rsquo;&ecirc;tre viol&eacute;s eux-m&ecirc;mes. Entre janvier 2010 et juin 2011, MSF et le Centre Thuthuzela de Musina ont trait&eacute; 481 personnes qui avaient &eacute;t&eacute; victimes de viol ou forc&eacute;es de violer alors qu&rsquo;elles traversaient la fronti&egrave;re entre le Zimbabwe et l&rsquo;Afrique du Sud par le fleuve Limpopo. Nombre de ces victimes avaient &eacute;galement subi d&rsquo;autres types de violence tels que les passages &agrave; tabac ou l&rsquo;enl&egrave;vement.<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Solutions partielles ou temporaires<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs influen&ccedil;aient les besoins humanitaires des migrants dans ces contextes: l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; un statut juridique, le respect des droits humains et la r&eacute;activit&eacute; des r&eacute;gimes d&rsquo;asile ou de migration face &agrave; une situation particuli&egrave;re. Chaque intervention de MSF &eacute;tait originalement motiv&eacute;e par l&rsquo;absence d&rsquo;autres r&eacute;actions face aux besoins des migrants.<\/p>\n<p>Les politiques nationales en mati&egrave;re d&rsquo;asile et d&rsquo;immigration d&eacute;finissent qui a le droit d&rsquo;entrer sur un territoire et d&rsquo;y s&eacute;journer mais elles sont g&eacute;n&eacute;ralement bas&eacute;es sur des cadres juridiques et des cat&eacute;gories pr&eacute;existants et pr&eacute;d&eacute;finis, qui s&rsquo;av&egrave;rent souvent trop rigides dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Au vu de la situation dans certains pays, dans des &Eacute;tats fragiles tels que le Zimbabwe ou Ha&iuml;ti, les populations ont-elles d&rsquo;autre choix que la migration? Malheureusement, plus que les besoins et la vuln&eacute;rabilit&eacute; des personnes, c&rsquo;est la peur de cr&eacute;er un &laquo;facteur d&rsquo;attraction&raquo; qui risque d&rsquo;influencer les politiques d&rsquo;assistance et de protection.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au bout d&rsquo;un certain temps que le Br&eacute;sil et l&rsquo;Afrique du Sud ont reconnu le caract&egrave;re particulier des motifs poussant les Ha&iuml;tiens et les Zimbabw&eacute;ens &agrave; migrer et le besoin d&rsquo;adapter leurs politiques existantes. Dans chacun de ces cas, le seul recours au r&eacute;gime d&rsquo;asile ne permettait pas de r&eacute;pondre aux besoins de mani&egrave;re juste et efficace. Alors que ces deux pays accordaient, sous certaines circonstances, le statut de r&eacute;sident permanent ou des visas humanitaires aux &eacute;trangers, ces m&eacute;canismes d&eacute;bouchaient sur des solutions de nature politique, d&eacute;cid&eacute;es au cas par cas, et donc inefficaces. M&ecirc;me si le Br&eacute;sil a r&eacute;gularis&eacute; la situation de plusieurs milliers de Ha&iuml;tiens en janvier 2012, cette mesure n&rsquo;a en rien r&eacute;solu la situation des centaines de personnes arriv&eacute;es ult&eacute;rieurement, qui vivent dans les m&ecirc;mes conditions d&eacute;sastreuses. Alors que les difficult&eacute;s continuent en Ha&iuml;ti, il est peu probable que les migrants ha&iuml;tiens les plus vuln&eacute;rables parviennent &agrave; obtenir un visa, si bien qu&rsquo;ils continueront d&rsquo;arriver au Br&eacute;sil au travers de ses vastes fronti&egrave;res pour se retrouver confront&eacute;s aux m&ecirc;mes besoins que leurs pr&eacute;d&eacute;cesseurs.<\/p>\n<p>Le statut sp&eacute;cial propos&eacute; par l&rsquo;Afrique du Sud aux Zimbabw&eacute;ens, qui visait &agrave; leur octroyer un permis de s&eacute;jour et de travail, n&rsquo;a pas permis de r&eacute;soudre la situation, principalement parce que les exigences avaient &eacute;t&eacute; mal d&eacute;finies ou que les demandeurs ne d&eacute;tenaient pas de passeport. Cette mesure ayant pris fin, les arrestations, d&eacute;tentions et expulsions ont repris de plus belle dans des conditions d&eacute;plorables qui exposent les personnes concern&eacute;es &agrave; des risques sanitaires tels que les maladies infectieuses ou l&rsquo;interruption de leur traitement contre le VIH ou la tuberculose. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Afrique du Sud est la destination de nouveaux flux mixtes de migrants vuln&eacute;rables, dont des ressortissants de Somalie ou des deux Kivu ravag&eacute;s par la guerre en RDC. Plut&ocirc;t que de r&eacute;viser ses politiques en r&eacute;action cette migration forc&eacute;e, le pays referme ses fronti&egrave;res et restreint l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la protection internationale, exposant les migrants au risque de refoulement et les for&ccedil;ant &agrave; p&eacute;n&eacute;trer sur son territoire par des moyens tout aussi ill&eacute;gaux que dangereux.<\/p>\n<p>De nouveaux concepts en &eacute;mergence, tel que la &laquo;migration de survie&raquo;<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\">[3]<\/a>, ont le m&eacute;rite de d&eacute;finir cette cat&eacute;gorie de migrants forc&eacute;s et de remettre en question la pertinence des cadres juridiques existants puisque dans ces cas-l&agrave;, ce sont la fragilit&eacute; des &Eacute;tats et les besoins humanitaires qui entra&icirc;nent des vagues de migration consid&eacute;rables.<\/p>\n<p>Les exp&eacute;riences de MST au Br&eacute;sil, en Afrique du Sud et ailleurs mettent en lumi&egrave;re les cons&eacute;quences humanitaires des carences de protection. L&rsquo;adoption de politiques ad hoc ou temporaires a montr&eacute; son inefficacit&eacute; en tant que r&eacute;ponse &agrave; un ph&eacute;nom&egrave;ne durable et continu. Il est plus que jamais urgent d&rsquo;&eacute;laborer des m&eacute;canismes coh&eacute;rents et ax&eacute;s sur les besoins pour adapter les politiques en mati&egrave;re d&rsquo;asile et de migration au d&eacute;placement en tant que cons&eacute;quence &agrave; long terme de la fragilit&eacute; des &Eacute;tats. Sinon, certaines populations comptant parmi les plus vuln&eacute;rables au monde risquent de rester prisonni&egrave;res d&rsquo;un pi&egrave;ge complexe cr&eacute;&eacute; par la fragilit&eacute; des &Eacute;tats, l&rsquo;adoption de politiques restrictives et l&rsquo;inefficacit&eacute; de l&rsquo;assistance &ndash; avec des cons&eacute;quences bien r&eacute;elles tant sur le plan de la sant&eacute; que de la dignit&eacute; humaine.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Aur&eacute;lie Ponthieu <em><a href=\"mailto:Aurelie.ponthieu@brussels.msf.org\">Aurelie.ponthieu@brussels.msf.org<\/a><\/em> et Katharine Derderian <em><a href=\"mailto:Katharine.derderian@brussels.msf.org\">Katharine.derderian@brussels.msf.org<\/a><\/em> sont conseill&egrave;res humanitaires pour M&eacute;decins Sans Fronti&egrave;res <em><a href=\"http:\/\/www.msf.org\">www.msf.org<\/a><\/em><\/p>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\">[1]<\/a> Le bureau du Haut-Commissariat aux droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn2\">\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\">[2]<\/a> Voir &eacute;galement &laquo;La bordure frontali&egrave;re des trafiquants de personnes en Afrique du Sud&raquo; de Tesfalem Araia et Tamlyn Monson, <em>RMF 33<\/em> <a href=\"http:\/\/www.fmreview.org\/en\/FMRpdfs\/FMR33\/68-69.pdf\">www.fmreview.org\/en\/FMRpdfs\/FMR33\/68-69.pdf<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn3\">\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\">[3]<\/a> La migration de survie s&rsquo;applique aux personnes qui se trouvent hors de leur pays d&rsquo;origine en raison d&rsquo;une menace existentielle &agrave; laquelle ils ne peuvent rem&eacute;dier ou qu&rsquo;ils ne peuvent r&eacute;soudre de l&rsquo;int&eacute;rieur de leur pays. Betts, A. &laquo;Survival Migration: a New Protection Framework&raquo;, <em>Global Governance<\/em>, Vol. 16, N<sup>o<\/sup> 3 <a href=\"http:\/\/journals.rienner.com\/doi\/pdf\/10.5555\/ggov.2010.16.3.361\">http:\/\/journals.rienner.com\/doi\/pdf\/10.5555\/ggov.2010.16.3.361<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aujourd&rsquo;hui, la r&eacute;alit&eacute; du d&eacute;placement forc&eacute; se caract&eacute;rise par des flux mixtes, des politiques migratoires restrictives et des liens plus &eacute;troits entre migration &eacute;conomique et fuite pour raisons politiques. 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