{"id":41717,"date":"2016-05-09T00:00:00","date_gmt":"2016-05-09T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/omata-3-3\/"},"modified":"2025-04-01T07:18:25","modified_gmt":"2025-04-01T12:18:25","slug":"omata-3-3","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/ar\/solutions-fr\/omata-3-3\/","title":{"rendered":"Les oubli\u00e9s : anciens r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens au Ghana"},"content":{"rendered":"<p>Bien que l&rsquo;exil puisse se prolonger interminablement, le statut de r&eacute;fugi&eacute; n&rsquo;est pas accord&eacute; pour toujours. Selon la Convention de 1951 relative au statut de r&eacute;fugi&eacute;, lorsque les circonstances sous lesquelles les personnes ont &eacute;t&eacute; reconnues comme r&eacute;fugi&eacute;s ne sont plus pr&eacute;sentes (le concept de &laquo;&nbsp;circonstances ayant cess&eacute; d&#39;exister&nbsp;&raquo;), il est possible d&rsquo;invoquer la clause de cessation m&ecirc;me si ces personnes se trouvent toujours dans un pays d&rsquo;asile.<\/p>\n<p>Cette proc&eacute;dure a mis fin au statut de r&eacute;fugi&eacute; de milliers de Lib&eacute;riens &eacute;tablis au Ghana en 2012, apr&egrave;s quoi l&rsquo;UNHCR (l&rsquo;agence des Nations Unies pour les r&eacute;fugi&eacute;s) a mis en place un programme d&rsquo;int&eacute;gration bas&eacute; sur le protocole de libert&eacute; de mouvement de la Communaut&eacute; &eacute;conomique des &Eacute;tats de l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest (CEDEAO) en tant que &laquo;&nbsp;solution sous-r&eacute;gionale&nbsp;&raquo; pour les Lib&eacute;riens rest&eacute;s en exil.<\/p>\n<p><strong>D&eacute;placement prolong&eacute; des r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens<\/strong><\/p>\n<p>Un an apr&egrave;s le d&eacute;but de la guerre civile au Lib&eacute;ria en 1989, le gouvernement ghan&eacute;en a &eacute;tabli le camp de r&eacute;fugi&eacute;s de Buduburam en r&eacute;ponse &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de Lib&eacute;riens d&eacute;plac&eacute;s dans le pays. Ult&eacute;rieurement, apr&egrave;s l&rsquo;accord final de cessez-le-feu en 2003, l&rsquo;UNHCR a encourag&eacute; &agrave; plusieurs reprises le rapatriement de ces r&eacute;fugi&eacute;s au Lib&eacute;ria. Cependant, le rythme des rapatriements parmi les Lib&eacute;riens toujours pr&eacute;sents Ghana s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; particuli&egrave;rement lent en raison de la pr&eacute;carit&eacute; de l&rsquo;environnement politique et &eacute;conomique au Lib&eacute;ria. En fait, de nombreux r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens &eacute;tablis au Ghana avaient esp&eacute;r&eacute; &ecirc;tre r&eacute;install&eacute;s dans un pays tiers mais, depuis que la paix avait &eacute;t&eacute; restaur&eacute;e dans leur pays d&rsquo;origine, la plupart d&rsquo;entre eux ne r&eacute;pondaient plus aux crit&egrave;res de r&eacute;installation.<\/p>\n<p>Quant &agrave; l&rsquo;autre solution durable &laquo; traditionnelle &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire l&rsquo;int&eacute;gration locale, elle n&rsquo;avait pas trouv&eacute; d&rsquo;appui au sein du gouvernement d&rsquo;accueil ni parmi les r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens eux-m&ecirc;mes. Les autorit&eacute;s ghan&eacute;ennes consid&eacute;raient l&rsquo;int&eacute;gration locale comme une obligation impos&eacute;e au pays si bien qu&rsquo;elles ne proposaient pas cette option aux r&eacute;fugi&eacute;s toujours pr&eacute;sents sur leur sol. L&rsquo;int&eacute;gration locale &eacute;tait &eacute;galement loin de rencontrer l&rsquo;adh&eacute;sion des r&eacute;fugi&eacute;s en raison du manque de perspectives socio-&eacute;conomiques offertes par le Ghana.<\/p>\n<p>Ainsi, ces r&eacute;fugi&eacute;s demeuraient non seulement sans solution durable mais leurs conditions de vie devenaient &eacute;galement de plus en plus difficiles. Apr&egrave;s le cessez-le-feu de 2003, le flux de l&rsquo;aide humanitaire a &eacute;t&eacute; progressivement r&eacute;duit au point de dispara&icirc;tre presque enti&egrave;rement en 2010. De plus, les r&eacute;fugi&eacute;s continuaient de se heurter &agrave; divers obstacles s&rsquo;ils souhaitaient participer aux activit&eacute;s &eacute;conomiques hors du camp, par exemple la x&eacute;nophobie de la population autochtone ou leur propre manque de ma&icirc;trise des langues locales. Par cons&eacute;quent, &agrave; l&rsquo;exception de quelques b&eacute;n&eacute;ficiaires d&rsquo;envois de fonds, de nombreux Lib&eacute;riens parvenaient tout juste &agrave; subsister &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur et autour du camp.<\/p>\n<p>L&rsquo;int&eacute;gration par la CEDEAO en tant que &laquo;&nbsp;solution&nbsp;&raquo;<\/p>\n<p>En janvier 2012, l&rsquo;UNHCR a annonc&eacute; que le statut de r&eacute;fugi&eacute; de l&rsquo;ensemble des r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens &agrave; travers le monde cesserait &agrave; la fin juin 2012. Comme pr&egrave;s de 10 ans s&rsquo;&eacute;taient &eacute;coul&eacute;s depuis l&rsquo;accord de cessez-le-feu de 2003, la communaut&eacute; internationale estimait que la situation au Lib&eacute;ria s&rsquo;&eacute;tait fortement am&eacute;lior&eacute;e et que les causes du d&eacute;placement avaient cess&eacute; d&rsquo;exister. Ainsi, d&eacute;but 2012, deux options se pr&eacute;sentaient aux r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens &eacute;tablis au Ghana : soit le rapatriement d&rsquo;ici la fin du mois de juin 2012 avant l&rsquo;invocation de la clause de cessation, soit l&rsquo;installation au Ghana en faisant appel &agrave; un accord sign&eacute; par les pays membres de la CEDEAO.<\/p>\n<p>La CEDEAO n&rsquo;est pas un organe de protection des r&eacute;fugi&eacute;s mais une conf&eacute;d&eacute;ration nationale de 15 &Eacute;tats ouest-africains, dont le Ghana et le Lib&eacute;ria, fond&eacute;e en 1975 pour promouvoir les &eacute;changes commerciaux et l&rsquo;int&eacute;gration &eacute;conomique dans la r&eacute;gion. Le programme d&rsquo;int&eacute;gration sous-r&eacute;gionale se basait sur le Protocole relatif &agrave; la libert&eacute; de mouvement adopt&eacute; en 1979 par la CEDEAO, qui donne aux citoyens de cette communaut&eacute; le droit de p&eacute;n&eacute;trer sur le territoire de tous ses &Eacute;tats membres, d&rsquo;y r&eacute;sider et d&rsquo;y d&eacute;velopper des activit&eacute;s &eacute;conomiques.<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\">[1]<\/a> Depuis la fin des ann&eacute;es 2000, l&rsquo;UNHCR a port&eacute; son attention sur ce syst&egrave;me en tant que &laquo;&nbsp;solution innovante&nbsp;&raquo; pour les r&eacute;fugi&eacute;s en situation de d&eacute;placement prolong&eacute; en Afrique de l&rsquo;Ouest. Selon les membres du personnel de l&rsquo;UNHCR-Ghana, une plus grande mobilit&eacute; des r&eacute;fugi&eacute;s a offert &agrave; ces derniers un moyen de leur garantir un acc&egrave;s &agrave; des moyens de subsistance durables et &agrave; de v&eacute;ritables possibilit&eacute;s d&rsquo;emploi en leur accordant le statut de r&eacute;sident l&eacute;gal et un meilleur acc&egrave;s au march&eacute; du travail dans l&rsquo;ensemble des pays de la CEDEAO.<\/p>\n<p>Fin juin 2012, environ 7&nbsp;000 Lib&eacute;riens se trouvaient toujours au Ghana, o&ugrave; ils continuaient de vivre en exil sous la nouvelle &eacute;tiquette des migrants de la CEDEAO. Alors que les autorit&eacute;s ghan&eacute;ennes avaient annonc&eacute; officiellement la fermeture du camp de Buduburam en 2012, la plupart de ces anciens r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens continuaient de vivre dans la zone du camp. Enfin, en f&eacute;vrier 2014, presque deux ans apr&egrave;s l&rsquo;annulation de leur statut de r&eacute;fugi&eacute;, les Lib&eacute;riens demeur&eacute;s au Ghana ont re&ccedil;u un passeport de la CEDEAO, qui incluait &eacute;galement a permis de travail et de r&eacute;sidence de deux ans.<\/p>\n<p>Cependant, l&rsquo;octroi de ce statut de migrant ne s&rsquo;est traduit par aucun changement notable dans leur quotidien.<\/p>\n<p>Le manque d&rsquo;opportunit&eacute;s &eacute;conomiques<\/p>\n<p>St&eacute;phanie, c&eacute;libataire et m&egrave;re d&rsquo;une fille d&rsquo;&acirc;ge scolaire, vivait au jour le jour en recourant &agrave; diff&eacute;rents moyens de subsistance, par exemple en ex&eacute;cutant des t&acirc;ches m&eacute;nag&egrave;res pour d&rsquo;autres familles r&eacute;fugi&eacute;es ou gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;assistance charitable des autres r&eacute;fugi&eacute;s et de son &eacute;glise &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du camp. Quand nous lui avons demand&eacute; dans quelle mesure sa vie avait chang&eacute; depuis la d&eacute;livrance du permis de travail et de r&eacute;sidence de la CEDEAO, elle a r&eacute;pondu ainsi&nbsp;:<\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;Aucun changement. Nous survivons tous gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;aide des autres Lib&eacute;riens [dans le camp]. Je lave leurs habits et fais le m&eacute;nage chez eux contre une faible r&eacute;mun&eacute;ration ou une portion de nourriture. Cela fait longtemps que nous survivons de cette mani&egrave;re&hellip; Je ne poss&egrave;de aucune comp&eacute;tence particuli&egrave;re. Nous ne pouvons pas nous en sortir en dehors du camp. &raquo;<\/em><\/p>\n<p>Certains Lib&eacute;riens ont tent&eacute;, en vain, d&rsquo;explorer les possibilit&eacute;s d&rsquo;emploi en dehors de la zone du camp. Marshall, propri&eacute;taire d&rsquo;une petite boutique dans le camp, nous a fait part de sa consternation au cours de ses recherches d&rsquo;emploi&nbsp;:<\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai d&eacute;pos&eacute; ma candidature pour deux emplois dans des supermarch&eacute;s locaux mais je n&rsquo;ai &eacute;t&eacute; retenu pour aucun d&rsquo;entre eux. Je ne parle pas les langues locales ghan&eacute;ennes. La discrimination de la part des populations locales reste importante. M&ecirc;me si je dispose d&rsquo;un permis de travail, je ne pense pas pouvoir trouver d&rsquo;emploi au Ghana.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p>Adam, charg&eacute; de programme ghan&eacute;en travaillant depuis plus de 10 ans pour une ONG dans le camp, a mis en doute la viabilit&eacute; du programme d&rsquo;int&eacute;gration sous r&eacute;gionale :<\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;J&rsquo;ai toujours &eacute;t&eacute; sceptique concernant la faisabilit&eacute; de l&rsquo;option CEDEAO. Selon l&rsquo;UNHCR, le permis de travail permet aux r&eacute;fugi&eacute;s de s&rsquo;&eacute;tablir &agrave; un endroit o&ugrave; ils peuvent trouver un bon emploi. Mais o&ugrave; peuvent-ils trouver un bon emploi&nbsp;? Les possibilit&eacute;s d&rsquo;emploi ne sont pas fr&eacute;quentes au Ghana et de nombreux autochtones sont au ch&ocirc;mage&hellip; Le statut de la CEDEAO est peut-&ecirc;tre utile aux personnes disposant de qualifications particuli&egrave;res, comme les docteurs, les infirmiers ou les experts informatiques. Mais combien de Lib&eacute;riens peuvent faire valoir ce type de comp&eacute;tences techniques&nbsp;?&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p>Les anciens r&eacute;fugi&eacute;s interrog&eacute;s en 2015 s&rsquo;accordaient tous &agrave; dire que l&rsquo;&eacute;conomie du camp s&rsquo;&eacute;tait affaiblie au cours des derni&egrave;res ann&eacute;es. L&rsquo;&eacute;volution d&eacute;mographique du camp en &eacute;tait l&rsquo;une des causes. Parmi les populations de r&eacute;fugi&eacute;s, il est courant que les personnes les plus riches ou les plus d&eacute;brouillardes soient les premi&egrave;res &agrave; partir ou &agrave; &ecirc;tre rapatri&eacute;es. En r&eacute;action aux pressions exerc&eacute;es ant&eacute;rieurement en faveur de rapatriement et &agrave; la cessation de leur statut de r&eacute;fugi&eacute;, les r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens avaient suivi un sch&eacute;ma similaire. Kevin, un ancien r&eacute;fugi&eacute; &eacute;tabli au Ghana depuis le milieu des ann&eacute;es 1990, avait fait l&rsquo;observation suivante&nbsp;:<\/p>\n<p><em>&laquo; L&rsquo;&eacute;conomie du camp est en train de mourir. De nombreuses petites entreprises ont ferm&eacute; leurs portes en raison de la r&eacute;duction du nombre de clients. La plupart des personnes les plus riches ont quitt&eacute; le Ghana apr&egrave;s la cessation. Ils aidaient les pauvres mais ils [les plus riches] sont tous partis. Les Lib&eacute;riens restants sont tous tr&egrave;s pauvres.&nbsp;&raquo;<\/em><\/p>\n<p>Au Ghana, apr&egrave;s le d&eacute;part des r&eacute;fugi&eacute;s les mieux nantis, les personnes vuln&eacute;rables disposant de peu de comp&eacute;tences professionnelles et de ressources &eacute;conomiques &eacute;taient rest&eacute;es derri&egrave;re, accroissant ainsi la proportion de r&eacute;fugi&eacute;s indigents parmi la population restante du camp. En d&rsquo;autres mots, les anciens r&eacute;fugi&eacute;s qui &eacute;taient rest&eacute;s en exil pour survivre en tant que &laquo; migrants &eacute;conomiques &raquo; &eacute;taient les moins &agrave;-m&ecirc;me de pouvoir tirer parti du programme d&rsquo;int&eacute;gration de la CEDEAO.<\/p>\n<p>&laquo;&nbsp;R&eacute;solution&nbsp;&raquo; du probl&egrave;me ou dissimulation de l&rsquo;&eacute;chec&nbsp;?<\/p>\n<p>Au vu de ces conclusions, il convient d&rsquo;&eacute;tudier rigoureusement la faisabilit&eacute; du programme d&rsquo;int&eacute;gration au sein de la CEDEAO en tant que &laquo;&nbsp;solution&nbsp;&raquo;. Premi&egrave;rement, l&rsquo;octroi d&rsquo;un permis de travail et de r&eacute;sidence n&rsquo;a eu en soi qu&rsquo;un faible impact sur l&rsquo;int&eacute;gration des Lib&eacute;riens rest&eacute;s au Ghana. Les moyens de subsistance de la plupart d&rsquo;entre eux reposent sur l&rsquo;&eacute;conomie du camp, et n&rsquo;impliquent donc qu&rsquo;une mobilit&eacute; limit&eacute;e. De plus, peu d&rsquo;entre eux ont les moyens d&rsquo;assumer les co&ucirc;ts de transport pour aller tenter leur chance sur les march&eacute;s externes.<\/p>\n<p>Deuxi&egrave;mement, les obstacles fondamentaux &agrave; l&rsquo;int&eacute;gration n&rsquo;ont aucunement chang&eacute;, &agrave; l&rsquo;instar des barri&egrave;res linguistiques ou des attitudes x&eacute;nophobes parmi la population locale. En raison de la r&eacute;ticence continue du gouvernement d&rsquo;accueil &agrave; int&eacute;grer les r&eacute;fugi&eacute;s, les autorit&eacute;s ghan&eacute;ennes et l&rsquo;UNHCR ont d&eacute;ploy&eacute; peu d&rsquo;efforts pour &eacute;tablir un environnement propice &agrave; une int&eacute;gration r&eacute;ussie des Lib&eacute;riens.<\/p>\n<p>Troisi&egrave;mement, il ne faut pas ignorer le caract&egrave;re limit&eacute; des capacit&eacute;s d&rsquo;absorption de la r&eacute;gion. La plupart des pays membres de la CEDEAO, y compris le Ghana, se caract&eacute;risent par une &eacute;conomie atone et un taux de ch&ocirc;mage &eacute;lev&eacute;. M&ecirc;me si les anciens r&eacute;fugi&eacute;s lib&eacute;riens pouvaient acc&eacute;der librement au march&eacute; du travail des pays voisins, il est difficile d&rsquo;imaginer qu&rsquo;un grand nombre d&rsquo;entre eux soient capable d&rsquo;y trouver un emploi r&eacute;mun&eacute;rateur.<\/p>\n<p>L&rsquo;introduction de ce programme d&rsquo;int&eacute;gration sous-r&eacute;gionale risque de masquer l&rsquo;&eacute;chec de la communaut&eacute; internationale &agrave; apporter une solution durable &agrave; ces r&eacute;fugi&eacute;s. En d&eacute;pit de la cessation de leur statut de r&eacute;fugi&eacute;, l&rsquo;exil et la souffrance de ces Lib&eacute;riens ont continu&eacute;. Le remplacement de la cat&eacute;gorie de &laquo; r&eacute;fugi&eacute;s &raquo; par celle de &laquo;&nbsp;migrants &eacute;conomiques&nbsp;&raquo; ne constitue pas une v&eacute;ritable alternative &agrave; une solution durable. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une &laquo;&nbsp;quasi-solution&nbsp;&raquo; qui permet de masquer l&rsquo;incapacit&eacute; du r&eacute;gime mondial des r&eacute;fugi&eacute;s &agrave; s&rsquo;attaquer aux probl&egrave;mes des anciens r&eacute;fugi&eacute;s qui se retrouvent avec un statut migratoire ambigu et dont la communaut&eacute; internationale se soucie peu.<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Il est imp&eacute;ratif que le r&eacute;gime international des r&eacute;fugi&eacute;s suive de pr&egrave;s la situation des anciens r&eacute;fugi&eacute;s en Afrique de l&rsquo;Ouest, afin de d&eacute;terminer si le programme d&rsquo;int&eacute;gration de la CEDEAO peut v&eacute;ritablement constituer une solution pour les Lib&eacute;riens dont l&rsquo;exil se poursuit. Sinon, ces populations de r&eacute;fugi&eacute;s, pour lesquelles une solution durable semble inaccessible, finiront par &laquo;&nbsp;dispara&icirc;tre&nbsp;&raquo;&nbsp;; apr&egrave;s avoir perdu leur statut de r&eacute;fugi&eacute;, ils ne seront plus inclus dans aucune statistique. &Eacute;tant donn&eacute; l&rsquo;ubiquit&eacute; des situations de d&eacute;placement prolong&eacute;es &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle mondiale, il est possible que nous rencontrions d&rsquo;autres anciens r&eacute;fugi&eacute;s &laquo;&nbsp;oubli&eacute;s&nbsp;&raquo; dans un futur proche.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Naohiko Omata <a href=\"mailto:naohiko.omata@qeh.ox.ac.uk\"><em>naohiko.omata@qeh.ox.ac.uk<\/em><\/a><br \/>\n\tAgent principal de recherche pour le projet d&rsquo;innovation humanitaire du Centre d&rsquo;&eacute;tudes sur les r&eacute;fugi&eacute;s, Universit&eacute; d&rsquo;Oxford <a href=\"http:\/\/www.rsc.ox.ac.uk\"><em>www.rsc.ox.ac.uk<\/em><\/a><\/p>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\">[1]<\/a> Adepoju A, Boulton A et Levin M (2007) &laquo; Promoting integration through mobility: free movement and the ECOWAS Protocol &raquo;, <em>Document de travail <\/em>no. 150, New Issues in Refugee Research, UNHCR www.unhcr.org\/476650ae2.pdf<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn2\">\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\">[2]<\/a> Long K (2014) &laquo; Rethinking Durable Solutions &raquo; dans Fiddian-Qasmiyeh E, Loescher G, Long K et Sigona N (eds)<em> The Oxford Handbook of Refugee and Forced Migration Studies,<\/em> Oxford University Press<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien que l&rsquo;exil puisse se prolonger interminablement, le statut de r&eacute;fugi&eacute; n&rsquo;est pas accord&eacute; pour toujours. 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