{"id":41765,"date":"2016-09-27T00:00:00","date_gmt":"2016-09-27T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/ensign-2-3\/"},"modified":"2025-04-01T07:10:29","modified_gmt":"2025-04-01T12:10:29","slug":"ensign-2-3","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/","title":{"rendered":"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria"},"content":{"rendered":"<p>Yola, notre ville, se trouve &agrave; la limite du d&eacute;sert du Sahara, o&ugrave; le vert se transforme en marron sur les cartes du continent. Situ&eacute;e dans l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Adamawa au nord-est du Nigeria, Yola est &agrave; la fois chr&eacute;tienne et musulmane et se caract&eacute;rise depuis tr&egrave;s longtemps par sa tol&eacute;rance. L&rsquo;Universit&eacute; am&eacute;ricaine du Nig&eacute;ria (UAN) y a &eacute;t&eacute; &eacute;tablie il y a dix ans par Atiku Abubakar, un ancien vice-pr&eacute;sident du Nig&eacute;ria qui a grandi dans cette r&eacute;gion. Sa vision &eacute;tait de construire une universit&eacute; qui contribuerait &agrave; am&eacute;liorer la vie des habitants de la r&eacute;gion, dont les taux d&rsquo;illettrisme, de ch&ocirc;mage et de mortalit&eacute; maternelle et infantile comptent parmi les plus &eacute;lev&eacute;s du monde.<\/p>\n<p>L&rsquo;initiative pour la paix Adamawa-UAN (IPA-UAN) est n&eacute;e au cours des gr&egrave;ves nationales de 2012 suite &agrave; la suppression des subventions aux carburants. Comme dans la plupart du pays, la situation est devenue tendue et instable dans la ville de Yola, habituellement tol&eacute;rante. Au cours de pourparlers entre l&rsquo;UAN et les dirigeants locaux, il a &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; que l&rsquo;un des meilleurs moyens de prot&eacute;ger notre communaut&eacute; &eacute;tait de nous concentrer sur les jeunes et les femmes &ndash; ceux qui n&rsquo;avaient aucune instruction, aucun revenu, souvent peu ou pas de famille et de faibles liens avec la soci&eacute;t&eacute;. Et l&rsquo;une des d&eacute;cisions cruciales prises d&egrave;s le d&eacute;part voulait que ce soient les chefs locaux, qui connaissaient le mieux la communaut&eacute;, qui identifient ces personnes et non pas l&rsquo;Universit&eacute;. En revanche, c&rsquo;est &agrave; nous, l&rsquo;Universit&eacute;, que reviendrait ensuite la t&acirc;che de concevoir des programmes r&eacute;pondant &agrave; leurs besoins. Nous n&rsquo;avions encore jamais envisag&eacute; que des programmes con&ccedil;us pour alphab&eacute;tiser les personnes et am&eacute;liorer les revenus finiraient en fait par aider &agrave; prot&eacute;ger toute une ville.<\/p>\n<p>Alors que la menace pos&eacute;e par le groupe islamiste extr&eacute;miste Boko Haram s&rsquo;accentuait,<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\">[1]<\/a> cette capacit&eacute; &agrave; identifier et soutenir les personnes vuln&eacute;rables, en particulier les jeunes hommes, a jet&eacute; les bases de la r&eacute;ussite de notre intervention et de nos efforts de protection communautaire. Au d&eacute;part, nous ne voyions pas ces programmes sp&eacute;cifiquement comme des mesures de protection contre la violence mais plut&ocirc;t comme des strat&eacute;gies permettant de fournir une instruction, des revenus et de l&rsquo;espoir aux personnes. Toutefois, au fil du temps, alors que nous rencontrions des milliers de jeunes d&eacute;sabus&eacute;s, il est devenu &eacute;vident qu&rsquo;ils se trouvaient dor&eacute;navant face &agrave; un choix binaire : joindre le programme IPA-UAN ou joindre Boko Haram.<\/p>\n<p><em>&laquo;&nbsp;C&rsquo;&eacute;tait Boko Haram ou vous&nbsp;: il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre pour nous.&nbsp;&raquo;<\/em> (Un jeune homme de 18 ans &agrave; Yola, Nigeria)<\/p>\n<p>Les premiers programmes &eacute;taient les projets &laquo;&nbsp;La paix par le sport &raquo;, des formations &agrave; grande &eacute;chelle aux technologies de l&rsquo;information et de la communication (TIC) et des projets de g&eacute;n&eacute;ration de revenus pour les femmes. Cependant, en mars 2014, nous avons r&eacute;alis&eacute; qu&rsquo;il nous faudrait intensifier rapidement nos efforts et jouer un r&ocirc;le de premier plan pour prot&eacute;ger notre communaut&eacute;. En effet, ce mois-l&agrave;, nous avons re&ccedil;u une demande urgente de la part de l&rsquo;&eacute;mir de Mubi, une ville situ&eacute;e au nord, de lui rendre visite et d&rsquo;apporter de la nourriture et des v&ecirc;tements. Une douzaine de membres de l&rsquo;IPA ont pris la route en direction du nord pour aller &agrave; la rencontre de cet &eacute;mir. &laquo; Passez dans la salle d&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute;, nous a-t-il dit, mais pr&eacute;parez-vous &agrave; &ecirc;tre choqu&eacute;s. &raquo; Environ 500 femmes et filles se trouvaient dans la grande pi&egrave;ce voisine. Mais aucun homme et aucun gar&ccedil;on. Lorsque nous leur avons demand&eacute; o&ugrave; se trouvaient leurs maris et leurs fils, leur r&eacute;ponse nous a tous choqu&eacute;s : &laquo; nos fils ont &eacute;t&eacute; enlev&eacute;s par Boko Haram et nos maris ont &eacute;t&eacute; br&ucirc;l&eacute;s vifs sous nos yeux &raquo;. La paix, la protection et l&rsquo;expansion de nos programmes pour atteindre les jeunes vuln&eacute;rables sont alors devenues nos obsessions. Mais que signifiait la protection dans notre environnement&nbsp;?<\/p>\n<p>L&rsquo;Universit&eacute; avait d&eacute;j&agrave; &eacute;tabli ses propres forces de s&eacute;curit&eacute;. Apr&egrave;s avoir initialement recrut&eacute; pr&egrave;s de 300 personnes, notre chef de la s&eacute;curit&eacute; (un ancien Marine am&eacute;ricain aujourd&rsquo;hui professeur) a travaill&eacute; avec les membres de l&rsquo;IPA pour identifier des adolescents et jeunes adultes &laquo;&nbsp;vuln&eacute;rables&nbsp;&raquo; et les former au m&eacute;tier de garde. Cette initiative a eu pour double cons&eacute;quence d&rsquo;att&eacute;nuer la vuln&eacute;rabilit&eacute; et d&rsquo;accro&icirc;tre les revenus d&rsquo;un grand nombre de personnes. De plus, ces agents de s&eacute;curit&eacute; sont devenus un symbole visible de la protection au sein de la communaut&eacute;, dont ils &eacute;taient &eacute;galement les yeux et les oreilles. Une initiative tout aussi importante a consist&eacute; &agrave; former les membres de l&rsquo;IPA-UAN &agrave; l&rsquo;autoprotection et, comme les musulmans et les chr&eacute;tiens apprenaient ensemble, ces activit&eacute;s ont &eacute;galement permis de promouvoir la compr&eacute;hension et les relations entre des groupes religieux qui savaient souvent bien peu l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Cette initiative s&rsquo;est poursuivie pendant trois ans, en dispensant des formations suppl&eacute;mentaires pendant les pics de violence et lorsque les vacances approchaient, afin que les citoyens form&eacute;s puissent prot&eacute;ger les &eacute;glises et les mosqu&eacute;es.<\/p>\n<p><strong>Soutien aux PDI<\/strong><\/p>\n<p>Peu de temps apr&egrave;s notre retour de Mubi, les personnes d&eacute;plac&eacute;es de l&rsquo;int&eacute;rieur (PDI) ont commenc&eacute; &agrave; arriver&nbsp;: d&rsquo;abord quelques centaines, puis 5&nbsp;000 et finalement 300&nbsp;000, principalement des femmes et des enfants. Ils n&rsquo;avaient rien &agrave; manger, pas de v&ecirc;tements et nulle part o&ugrave; aller. Le chef Abdulmumini, l&rsquo;un des membres de l&rsquo;IPA-UAN, a alors d&eacute;clar&eacute; qu&rsquo;il les installerait sur ses terres si, de son c&ocirc;t&eacute;, <a>l&rsquo;Universit&eacute;<\/a><a href=\"#_msocom_1\" id=\"_anchor_1\" name=\"_msoanchor_1\">[LA1]<\/a>&nbsp; fournissait des semences et couvrait les frais de scolarit&eacute;. Nous avons alors lev&eacute; des fonds destin&eacute;s aux semences, aux denr&eacute;es alimentaires et aux v&ecirc;tements, et nous &eacute;tions alors assez na&iuml;fs pour penser que le probl&egrave;me des personnes d&eacute;plac&eacute;es avait &eacute;t&eacute; r&eacute;solu. Cependant, au cours des 12 mois suivants, des milliers de personnes suppl&eacute;mentaires ont d&eacute;ferl&eacute; &agrave; Yola. L&rsquo;immense majorit&eacute; d&rsquo;entre elles (95&nbsp;% selon nos donn&eacute;es) ont fini par s&rsquo;&eacute;tablir au sein de notre communaut&eacute;, o&ugrave; elles avaient de la famille ou d&rsquo;autres relations. Les 5&nbsp;% restants, c&rsquo;est-&agrave;-dire les personnes les plus d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;es qui ne disposaient pas de telles relations familiales, se sont &eacute;tablis dans des camps de PDI administr&eacute;s par l&rsquo;&Eacute;tat.<\/p>\n<p>En avril 2015, nous nourrissions 276&nbsp;293 personnes chaque semaine. Pr&egrave;s de 12&nbsp;000 personnes participaient dor&eacute;navant &agrave; &laquo;&nbsp;La paix par le sport&nbsp;&raquo;, environ 2&nbsp;000 au projet de g&eacute;n&eacute;ration de revenus pour les femmes et jusqu&rsquo;&agrave; 1&nbsp;200 personnes &agrave; la formation aux TIC, qui &eacute;tait dispens&eacute;e pendant toute cette p&eacute;riode. En outre, deux conf&eacute;rences sur la paix ont &eacute;t&eacute; organis&eacute;es avec des militants pacifistes issus d&rsquo;&Eacute;tats profond&eacute;ment touch&eacute;s par les violences perp&eacute;tr&eacute;es par Boko Haram.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;lection dans des conditions pacifiques du pr&eacute;sident Buhari en mai 2015 et d&rsquo;un nouveau gouverneur pour notre &Eacute;tat, de nombreuses personnes d&eacute;plac&eacute;es ont alors confi&eacute; qu&rsquo;elles souhaitaient rentrer chez elles pour aller ensemencer leur champ avant que ne commence la saison des pluies. En mai 2015, le gouverneur a demand&eacute; &agrave; l&rsquo;IPA-UAN de se rendre au nord, accompagn&eacute; par un convoi de l&rsquo;arm&eacute;e, pour v&eacute;rifier si les personnes pouvaient rentrer chez elles en toute s&eacute;curit&eacute;. Ce n&rsquo;&eacute;tait pas le cas. Tout avait &eacute;t&eacute; d&eacute;vast&eacute;. Presque toutes les infrastructures avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;truites et il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;eau potable, ni de clinique, ni d&rsquo;&eacute;cole. Les maisons &eacute;taient d&eacute;truites et les champs &eacute;taient vides. Alors que nous circulions &agrave; travers la r&eacute;gion, des personnes sortaient de la brousse pour venir remercier notre coll&egrave;gue, le chef de la s&eacute;curit&eacute;, qui avait non seulement chapeaut&eacute; la cr&eacute;ation de notre force de s&eacute;curit&eacute; mais qui animait &eacute;galement un programme radiophonique hebdomadaire sur l&rsquo;autoprotection (dans lequel il informait les auditeurs des d&eacute;placements de Boko Haram et leur sugg&eacute;rait o&ugrave; se cacher). Des centaines de personnes venaient donc le saluer et lui dire qu&rsquo;il les avait aid&eacute;es &agrave; rester en vie et hors de danger, ce qui nous a rappel&eacute; &agrave; quel point il est essentiel de transmettre des informations de base sur la s&ucirc;ret&eacute; et l&rsquo;autoprotection aux populations menac&eacute;es.<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;arriv&eacute;e des organismes internationaux<\/strong><\/p>\n<p>Ensuite, ce sont les organismes internationaux qui ont commenc&eacute; &agrave; arriver. Nos membres ont inform&eacute; des dizaines d&rsquo;entre eux de notre perspective de paix, de notre port&eacute;e en termes de membres, de nos programmes et des enseignements que nous avions tir&eacute;s. Cependant, les organismes nous ont largement ignor&eacute;s. Au lieu de s&rsquo;appuyer sur cette exp&eacute;rience et sur notre r&eacute;seau, ils ont montr&eacute; peu d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t &agrave; apprendre par notre biais ou &agrave; nous impliquer dans leurs projets. Voici quelques exemples&nbsp;:<\/p>\n<p>Tout au long de la crise, l&rsquo;UAN avait collect&eacute; des donn&eacute;es sur les PDI&nbsp;: leur lieu d&rsquo;origine, leur &acirc;ge, leur sexe, leur niveau d&rsquo;instruction et ainsi de suite. Lorsque nous avons propos&eacute; &agrave; une grande organisation internationale de lui remettre ces donn&eacute;es, son repr&eacute;sentant nous a dit : &laquo; pourquoi voudrions-nous vos donn&eacute;es&nbsp;?&nbsp;&raquo;. Il a ensuite rencontr&eacute; le gouverneur de l&rsquo;&eacute;tat et n&eacute;goci&eacute; de verser une large somme d&rsquo;argent afin de conduire ses propres enqu&ecirc;tes.<\/p>\n<p>De nombreuses victimes sont traumatis&eacute;es par ce qu&rsquo;elles ont vu et v&eacute;cu. Notre psychologue de l&rsquo;UAN, un conseiller qualifi&eacute; en traumatismes, avait commenc&eacute; &agrave; former d&rsquo;autres employ&eacute;s de l&rsquo;Universit&eacute; afin qu&rsquo;ils puissent fournir des conseils de base aux personnes qui avaient subi les violences. Mais lorsqu&rsquo;un autre organisme international d&rsquo;aide est arriv&eacute;, il n&rsquo;a pas offert de soutenir ces efforts pour traiter le stress post-traumatique. Il a simplement tent&eacute; de d&eacute;baucher le psychologue de notre universit&eacute;.<\/p>\n<p>Notre universit&eacute; a intensifi&eacute; ses efforts, en collaboration avec nos &eacute;tudiants et notre personnel de science informatique, pour trouver des moyens de connecter les personnes qui avaient perdu leur famille. Nous avons &eacute;galement utilis&eacute; notre programme t&eacute;l&eacute;vis&eacute; &laquo;&nbsp;<em>The Peacemakers<\/em>&nbsp;&raquo; <em>(&laquo;&nbsp;Les Artisans de la paix&nbsp;&raquo;)<\/em> et notre site Web pour diffuser des photos de personnes recherchant des membres de leurs familles. Lorsque nous avons demand&eacute; de l&rsquo;aide &agrave; un organisme international, celui-ci nous a r&eacute;pondu&nbsp;: &laquo;&nbsp;nous aidons uniquement les personnes vivant dans des camps &raquo;. Telle &eacute;tait sa r&eacute;ponse, alors m&ecirc;me que l&rsquo;immense majorit&eacute; des PDI ne vivait pas dans des camps mais dormait &agrave; m&ecirc;me le sol un peu partout au sein de notre communaut&eacute;.<\/p>\n<p>Les membres de l&rsquo;IPA-UAN se sont r&eacute;unis avec les repr&eacute;sentants d&rsquo;une autre agence pour parler de distribution alimentaire. &Agrave; ce moment-l&agrave;, nos r&eacute;serves alimentaires destin&eacute;es aux r&eacute;fugi&eacute;s &eacute;taient particuli&egrave;rement maigres. Nous n&rsquo;avons pas demand&eacute; &agrave; cette agence de partager ses denr&eacute;es alimentaires, nous lui avons seulement demand&eacute; &agrave; qui celles-ci &eacute;taient destin&eacute;es afin de ne pas dupliquer ses efforts. La r&eacute;ponse nous a bless&eacute;&nbsp;: &laquo; nous ne pouvons pas partager la liste des personnes que nous nourrissons &ndash; juste au cas o&ugrave; Al Qa&iuml;da travaille avec vous ! &raquo;. L&rsquo;un des membres du comit&eacute; a ensuite soulign&eacute; : &laquo; ils ne savent m&ecirc;me pas que c&rsquo;est Boko Haram et non pas Al Qa&iuml;da qui nous terrorise ! &raquo;.<\/p>\n<p>Ce type d&rsquo;attitude s&rsquo;est traduit par des efforts mal orient&eacute;s, et certainement par plus de souffrance. Il reste encore beaucoup d&rsquo;efforts &agrave; d&eacute;ployer pour faire en sorte que le syst&egrave;me international &eacute;coute les personnes sur le terrain, qui sont probablement celles qui en savent le plus et qui sont les plus r&eacute;actives.<\/p>\n<p><strong>Briser le cycle<\/strong><\/p>\n<p>Bien que nous ayons expliqu&eacute; aux personnes d&eacute;plac&eacute;es qu&rsquo;il &eacute;tait pr&eacute;f&eacute;rable qu&rsquo;elles ne retournent pas chez elles pour l&rsquo;instant, elles souhaitaient tout de m&ecirc;me prendre ce risque. Comme les d&eacute;plac&eacute;s &eacute;taient des agriculteurs, ils souhaitaient planter leurs cultures et essayer de retrouver leur autonomie. La majorit&eacute; d&rsquo;entre eux ont commenc&eacute; &agrave; reprendre le chemin du nord mi-2015, si bien qu&rsquo;en septembre ils n&rsquo;&eacute;taient plus que 100&nbsp;000 &agrave; Yola, la plupart vivant au sein de notre communaut&eacute; et nourris par nos efforts<\/p>\n<p>Toutefois, de nouveaux probl&egrave;mes sont apparus. Les tensions &eacute;taient &eacute;lev&eacute;es dans de nombreuses communaut&eacute;s dans lesquelles les personnes d&eacute;plac&eacute;es retournaient car certains de leurs membres avaient eux-m&ecirc;mes commis des meurtres. Les communaut&eacute;s &eacute;taient divis&eacute;es. Il a alors &eacute;t&eacute; demand&eacute; &agrave; l&rsquo;IPA-UAN d&rsquo;endosser un nouveau r&ocirc;le&nbsp;: diriger les efforts de r&eacute;conciliation. &Agrave; l&rsquo;aide d&rsquo;une petite subvention octroy&eacute;e par le gouvernement canadien, nous avons commenc&eacute; cette t&acirc;che de r&eacute;conciliation aupr&egrave;s des femmes, des enfants, des chefs religieux, des groupes d&rsquo;autod&eacute;fense et des a&icirc;n&eacute;s.<\/p>\n<p>Nos efforts d&rsquo;autoprotection avaient port&eacute; leurs fruits. Nous &eacute;tions parvenus &agrave; nourrir pr&egrave;s de 300&nbsp;000 PDI. Les violences de Boko Haram &eacute;taient rest&eacute;es confin&eacute;es aux limites de notre ville, ce groupe n&rsquo;ayant pas r&eacute;ussi &agrave; saisir Yola, ni &agrave; y recruter. Un grand nombre de chefs attribuent ce succ&egrave;s &agrave; nos programmes de paix, de d&eacute;veloppement et de s&eacute;curit&eacute;. La communaut&eacute; savait que l&rsquo;Universit&eacute; &eacute;tait totalement engag&eacute;e en faveur de la paix et du progr&egrave;s, de m&ecirc;me que les dirigeants religieux et politiques de la communaut&eacute;.<\/p>\n<p>La violence de Boko Haram recule, mais pas les probl&egrave;mes. Dans son sillage, devant les portes de l&rsquo;Universit&eacute;, elle a laiss&eacute; des centaines de milliers d&rsquo;enfants que le conflit a rendus orphelins. Les familles locales les h&eacute;bergent tandis que l&rsquo;Universit&eacute; a mis en place des programmes &laquo;&nbsp;Lire et Nourrir&nbsp;&raquo; destin&eacute;s &agrave; ces gar&ccedil;ons et ces filles afin de leur enseigner les bases de la lecture, de l&rsquo;&eacute;criture et du calcul et de leur donner un repas gratuit pr&eacute;par&eacute; par des prestataires locaux. Ce programme gagne en ampleur mais ne parvient pas &agrave; r&eacute;pondre &agrave; la demande croissante. Il est indispensable que ces efforts de petite envergure soient reproduits ailleurs et &eacute;largis, sinon un nouveau cycle recommencera avec des jeunes qui ne sont pas instruits, qui vivent dans l&rsquo;indigence, qui n&rsquo;ont ni famille ni soutien, et qui n&rsquo;ont &laquo; rien d&rsquo;autre &raquo; dans leur vie. Et nous savons tous o&ugrave; cela m&egrave;ne.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Margee Ensign&nbsp; <a href=\"mailto:margee.ensign@aun.edu.ng\"><em>margee.ensign@aun.edu.ng<\/em><\/a><br \/>\n\tPresidente, American University of Nigeria <a href=\"http:\/\/www.aun.edu.ng\"><em>www.aun.edu.ng<\/em><\/a><\/p>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\">[1]<\/a> Depuis le d&eacute;but, en 2009, de l&rsquo;insurrection actuelle, Boko Haram a assassin&eacute; 20&nbsp;000 personnes et d&eacute;plac&eacute; 2,3&nbsp;millions d&rsquo;habitants de chez eux. En 2015, il occupait la premi&egrave;re place du classement des groupes terroristes les plus meurtriers compil&eacute; par le Global Terrorism Index.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<div>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<div id=\"_com_1\">\n<p>&nbsp;<a href=\"#_msoanchor_1\">[LA1]<\/a>I think the translator wanted to avoid repeating UAN throughout the text and chose to use l&rsquo;Universit&eacute;. Stylistically It makes sense to me<\/p>\n<\/p><\/div><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Yola, notre ville, se trouve &agrave; la limite du d&eacute;sert du Sahara, o&ugrave; le vert se transforme en marron sur les cartes du continent. Situ&eacute;e dans l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Adamawa au nord-est du Nigeria, Yola est &agrave; la fois chr&eacute;tienne et musulmane et se caract&eacute;rise depuis tr&egrave;s longtemps par sa tol&eacute;rance. L&rsquo;Universit&eacute; am&eacute;ricaine du Nig&eacute;ria (UAN) y&hellip;<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"parent":42663,"menu_order":0,"template":"","fmr_themes":[],"fmr_region":[],"fmr_issue":[101],"fmr_year":[],"fmr_content_type":[27],"fmr_languages":[37],"fmr_list_years":[565],"class_list":["post-41765","fmr_content","type-fmr_content","status-publish","hentry","fmr_issue-101","fmr_content_type-article","fmr_languages-french","fmr_list_years-565","entry","no-media"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.7 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"es_ES\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Yola, notre ville, se trouve &agrave; la limite du d&eacute;sert du Sahara, o&ugrave; le vert se transforme en marron sur les cartes du continent. Situ&eacute;e dans l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Adamawa au nord-est du Nigeria, Yola est &agrave; la fois chr&eacute;tienne et musulmane et se caract&eacute;rise depuis tr&egrave;s longtemps par sa tol&eacute;rance. L&rsquo;Universit&eacute; am&eacute;ricaine du Nig&eacute;ria (UAN) y&hellip;\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Forced Migration Review\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-04-01T12:10:29+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"16 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/\",\"url\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/\",\"name\":\"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#website\"},\"datePublished\":\"2016-09-27T05:00:00+00:00\",\"dateModified\":\"2025-04-01T12:10:29+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"es-ES\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"FMR 53 &#8211; Communaut\u00e9s locales : fournisseurs de protection de premier et de dernier ressort\",\"item\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/\",\"name\":\"Forced Migration Review\",\"description\":\"\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"es-ES\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#organization\",\"name\":\"Forced Migration Review\",\"url\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"es-ES\",\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/FMR_logo1.svg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/FMR_logo1.svg\",\"width\":53,\"height\":62,\"caption\":\"Forced Migration Review\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.fmreview.org\/#\/schema\/logo\/image\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/","og_locale":"es_ES","og_type":"article","og_title":"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review","og_description":"Yola, notre ville, se trouve &agrave; la limite du d&eacute;sert du Sahara, o&ugrave; le vert se transforme en marron sur les cartes du continent. Situ&eacute;e dans l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Adamawa au nord-est du Nigeria, Yola est &agrave; la fois chr&eacute;tienne et musulmane et se caract&eacute;rise depuis tr&egrave;s longtemps par sa tol&eacute;rance. L&rsquo;Universit&eacute; am&eacute;ricaine du Nig&eacute;ria (UAN) y&hellip;","og_url":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/","og_site_name":"Forced Migration Review","article_modified_time":"2025-04-01T12:10:29+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"16 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/","url":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/","name":"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria - Forced Migration Review","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#website"},"datePublished":"2016-09-27T05:00:00+00:00","dateModified":"2025-04-01T12:10:29+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/#breadcrumb"},"inLanguage":"es-ES","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/ensign-2-3\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"FMR 53 &#8211; Communaut\u00e9s locales : fournisseurs de protection de premier et de dernier ressort","item":"https:\/\/www.fmreview.org\/protection-communautaire\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Des actions locales pour prot\u00e9ger les communaut\u00e9s au Nigeria"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#website","url":"https:\/\/www.fmreview.org\/","name":"Forced Migration Review","description":"","publisher":{"@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.fmreview.org\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"es-ES"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#organization","name":"Forced Migration Review","url":"https:\/\/www.fmreview.org\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"es-ES","@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/www.fmreview.org\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/FMR_logo1.svg","contentUrl":"https:\/\/www.fmreview.org\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/FMR_logo1.svg","width":53,"height":62,"caption":"Forced Migration Review"},"image":{"@id":"https:\/\/www.fmreview.org\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content\/41765","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/types\/fmr_content"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content\/41765\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":45716,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content\/41765\/revisions\/45716"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content\/42663"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=41765"}],"wp:term":[{"taxonomy":"fmr_themes","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_themes?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_region","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_region?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_issue","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_issue?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_year?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_content_type","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_content_type?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_languages","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_languages?post=41765"},{"taxonomy":"fmr_list_years","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.fmreview.org\/es\/wp-json\/wp\/v2\/fmr_list_years?post=41765"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}