{"id":41270,"date":"2012-06-21T00:00:00","date_gmt":"2012-06-21T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/ambroso-2-2\/"},"modified":"2012-06-21T00:00:00","modified_gmt":"2012-06-21T05:00:00","slug":"ambroso-2-2","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/fr\/ambroso-2-2\/","title":{"rendered":"Au bord de la crise"},"content":{"rendered":"<p>La crise libyenne a g&eacute;n&eacute;r&eacute; un afflux massif de migrants et de r&eacute;fugi&eacute;s en Tunisie et en &Eacute;gypte, qui peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de &laquo;&nbsp;crises de migration mixte&nbsp;&raquo;, et qui a pr&eacute;sent&eacute; plusieurs d&eacute;fis nouveaux &agrave; la communaut&eacute; humanitaire. Alors que l&rsquo;amplitude &eacute;norme des flux n&rsquo;&eacute;tait certes pas sans pr&eacute;c&eacute;dent, rien d&rsquo;approchant cette &eacute;chelle n&rsquo;avait jamais eu lieu en M&eacute;diterran&eacute;e. La communaut&eacute; internationale dans son ensemble a &eacute;t&eacute; prise par surprise, particuli&egrave;rement en Tunisie, un pays qui n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; touch&eacute; par un afflux cons&eacute;quent de r&eacute;fugi&eacute;s ou de personnes d&eacute;plac&eacute;es. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo; il n&rsquo;y avait eu au pr&eacute;alable que peu de pr&eacute;paration &agrave; l&rsquo;urgence.<\/p>\n<p>En outre, la composition de cet afflux &eacute;tait plut&ocirc;t nouvelle. Particuli&egrave;rement au cours des premi&egrave;res semaines, la majorit&eacute; des nouveaux arrivants &eacute;taient des migrants &eacute;conomiques et des ressortissants de pays tiers, c&rsquo;est-&agrave;-dire des personnes qui n&rsquo;&eacute;taient ni originaires de Libye, ni des pays dans lesquels elles arrivaient (notamment des &Eacute;gyptiens en Tunisie). Et m&ecirc;me s&rsquo;il &eacute;tait &eacute;vident que ces personnes avaient des besoins humanitaires et de protection, l&rsquo;&eacute;norme majorit&eacute; des premi&egrave;res vagues de personnes d&eacute;plac&eacute;es qui sont arriv&eacute;es aux fronti&egrave;res n&rsquo;&eacute;taient techniquement pas des r&eacute;fugi&eacute;s aux yeux&nbsp; de la Convention de 1951. La plupart avaient &eacute;t&eacute; des travailleurs migrants en Libye, un pays qui selon les estimations avait accueilli jusqu&rsquo;&agrave; 2 millions de migrants, dont 600&nbsp;000 s&rsquo;y trouvaient de mani&egrave;re ill&eacute;gale.&nbsp;<\/p>\n<p>Le nombre de nationalit&eacute;s &eacute;tait &eacute;galement stup&eacute;fiant, des douzaines &agrave; la fois, et jusqu&rsquo;&agrave; 120 au total, alors que traditionnellement l&rsquo;UNHCR est habitu&eacute; &agrave; ne s&rsquo;occuper que d&rsquo;une &agrave; deux nationalit&eacute;s par afflux. Finalement, cet afflux avait lieu dans deux pays, la Tunisie et l&rsquo;&Eacute;gypte, qui &eacute;taient en train de vivre leur propre&nbsp; transition.<\/p>\n<p>En Tunisie il n&rsquo;y avait aucun syst&egrave;me pr&eacute;existant d&rsquo;asile, et celui en place en &Eacute;gypte &eacute;tait faible, et de fait, n&rsquo;avait pour objet que d&rsquo;&eacute;viter l&rsquo;int&eacute;gration locale des r&eacute;fugi&eacute;s (particuli&egrave;rement en termes d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;emploi et aux services) tout en limitant leurs chances de r&eacute;installation.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p><strong>La r&eacute;ponse humanitaire<\/strong><\/p>\n<p>Une d&eacute;cision strat&eacute;gique a rapidement &eacute;t&eacute; prise aux plus hauts niveaux des directions de l&rsquo;UNHCR et de l&rsquo;OIM de coop&eacute;rer &eacute;troitement dans le cadre d&rsquo;une interpr&eacute;tation flexible des mandats respectifs (en faveur plus g&eacute;n&eacute;ralement des r&eacute;fugi&eacute;s dans le cas de l&rsquo;UNHCR et des migrants dans le cas de l&rsquo;OIM). Cette coop&eacute;ration strat&eacute;gique a &eacute;t&eacute; la cl&eacute; du succ&egrave;s de cette op&eacute;ration. L&rsquo;UNHCR et l&rsquo;OIM ont r&eacute;agi tr&egrave;s promptement et, d&egrave;s la fin du mois de f&eacute;vrier, des camps de tentes ont &eacute;t&eacute; dress&eacute;s dans les zones fronti&egrave;res en Tunisie et en &Eacute;gypte, les nouveaux arriv&eacute;s ont &eacute;t&eacute; filtr&eacute;s, et les &eacute;vacuations vers les pays d&rsquo;origine ont pu d&eacute;buter.&nbsp;<\/p>\n<p>L&rsquo;emplacement des camps a &eacute;t&eacute; choisi par les deux gouvernements respectifs. Alors que Shousha en Tunisie, n&rsquo;&eacute;tait pas un emplacement id&eacute;al &ndash; parce que se trouvant dans une zone plut&ocirc;t turbulente &agrave; seulement 7km de la fronti&egrave;re &ndash; mais acceptable, les nouveaux arriv&eacute;s en &Eacute;gypte n&rsquo;&eacute;taient autoris&eacute;s &agrave; rester que dans les limites du p&eacute;rim&egrave;tre clos de la zone fronti&egrave;re de Salloum, un endroit l&eacute;galement en &Eacute;gypte, mais dans la pratique un no-man&rsquo;s land. La zone d&rsquo;acc&egrave;s restreint de la fronti&egrave;re de Salloum n&rsquo;&eacute;tait pas adapt&eacute;e pour y implanter un camp r&eacute;pondant &agrave; des normes accept&eacute;es, et jusqu&rsquo;&agrave; la permission d&rsquo;&eacute;riger quelques grandes tentes communautaires a n&eacute;cessit&eacute; de longues n&eacute;gociations avec les autorit&eacute;s &eacute;gyptiennes &agrave; diff&eacute;rents niveaux. D&eacute;but 2012, les autorit&eacute;s &eacute;gyptiennes ont indiqu&eacute; qu&rsquo;elles allaient mettre &agrave; disposition des r&eacute;fugi&eacute;s davantage de terrains, mais toujours &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du p&eacute;rim&egrave;tre clos de la zone fronti&egrave;re de Salloum.&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>Le Programme d&rsquo;&eacute;vacuation humanitaire (PEH), entrepris conjointement par l&rsquo;OIM et l&rsquo;UNHCR, &eacute;tait une composante d&eacute;terminante de cette op&eacute;ration. Le PEH, annonc&eacute; le 1<sup>er<\/sup> mars 2011, a permis le rapatriement de 218&nbsp;000 migrants, principalement par avion depuis la Tunisie et l&rsquo;&Eacute;gypte, ce qui en a fait sans doute, l&rsquo;&eacute;vacuation la plus nombreuse qu&rsquo;ait connue l&rsquo;histoire. D&egrave;s le 2 avril, le r&ocirc;le de l&rsquo;UNHCR &eacute;tait arriv&eacute; &agrave; son terme, et bien que limit&eacute; dans le temps, il n&rsquo;en a pas moins &eacute;t&eacute; crucial en termes de soutien &agrave; l&rsquo;OIM au cours de cette premi&egrave;re phase avant que les activit&eacute;s ne soit enti&egrave;rement remises entre les mains de l&rsquo;OIM.&nbsp;<\/p>\n<p>La&nbsp; pr&eacute;occupation initiale primordiale &eacute;tait de d&eacute;congestionner les zones fronti&egrave;res de la Tunisie et de l&rsquo;&Eacute;gypte, et d&rsquo;apporter des solutions &agrave; la situation de ces migrants d&eacute;plac&eacute;s, victimes de guerre, qui se trouvaient dans ce qui a &eacute;t&eacute; appel&eacute; une &laquo;&nbsp;faille de protection&nbsp;&raquo;, dans la mesure o&ugrave; leurs cas&nbsp; n&rsquo;&eacute;taient pas couverts par les instruments juridiques internationaux. Du point de vue de l&rsquo;UNHCR, l&rsquo;objectif du PEH &eacute;tait de maintenir ouvert un espace de protection en Tunisie et en &Eacute;gypte pour les demandeurs d&rsquo;asile et les r&eacute;fugi&eacute;s qui n&rsquo;&eacute;taient en mesure de retourner ni en Libye, ni dans leur pays d&rsquo;origine. En fonction de la d&eacute;finition que l&rsquo;on donne &agrave; cet &laquo;&nbsp;espace de protection&nbsp;&raquo;, on peut affirmer qu&rsquo;un tel impact a &eacute;t&eacute; partiellement r&eacute;alis&eacute;.<\/p>\n<p>Apr&egrave;s les premi&egrave;res vagues, les profils des nouveaux arrivants &agrave; la fronti&egrave;re tunisienne et &eacute;gyptienne ont commenc&eacute; &agrave; changer. M&ecirc;me si les migrants &eacute;conomiques &eacute;taient encore nombreux, il y avait maintenant principalement deux cat&eacute;gories de r&eacute;fugi&eacute;s (qui, au contraire des migrants, n&rsquo;&eacute;taient pas rapatriables du fait de pr&eacute;occupations en mati&egrave;re de protection)&nbsp;: des Libyens et des Africains subsahariens, principalement des &Eacute;rythr&eacute;ens, des Somaliens et des Soudanais.<\/p>\n<p>Sur approximativement 150&nbsp;000 Libyens qui ont travers&eacute; la fronti&egrave;re, principalement vers la Tunisie, les premiers arrivants cherchaient un refuge temporaire &agrave; l&rsquo;abri du conflit, et ils ont ensuite &eacute;t&eacute; suivis par ceux qui craignaient la transition politique. Cependant, les r&eacute;fugi&eacute;s libyens n&rsquo;avaient gu&egrave;re besoin d&rsquo;assistance ou de protection internationale car en vertu des accords bilat&eacute;raux existants, ils avaient acc&egrave;s sans restriction aux territoires tunisiens et &eacute;gyptiens ainsi qu&rsquo;un acc&egrave;s libre &agrave; la plupart des services dont b&eacute;n&eacute;ficient les populations locales. De plus, ceux d&rsquo;entre eux qui avaient des besoins mat&eacute;riels &eacute;taient accueillis par des familles locales qui ont fait preuve d&rsquo;une grande hospitalit&eacute; et de beaucoup de g&eacute;n&eacute;rosit&eacute;. C&rsquo;est ainsi que le r&ocirc;le de l&rsquo;UNHCR en termes d&rsquo;assistance s&rsquo;est principalement limit&eacute; &agrave; couvrir les services publics et les frais m&eacute;dicaux (en Tunisie, un nombre limit&eacute; de Libyens sans ressources ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; nourris et h&eacute;berg&eacute;s temporairement dans un camp).<\/p>\n<p>Les Africains subsahariens ne b&eacute;n&eacute;ficiaient pas des m&ecirc;mes conditions, ils avaient l&rsquo;ordre de rester dans les camps de Shousha et de Salloum et il leur &eacute;tait interdit d&rsquo;aller plus loin, dans la mesure o&ugrave;, ni la Tunisie, ni l&rsquo;&Eacute;gypte, n&rsquo;&eacute;taient dispos&eacute;es &agrave; leur accorder pleinement le droit d&rsquo;asile sur leur territoire, et se bornaient uniquement &agrave; une protection temporaire &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des deux camps. L&rsquo;entr&eacute;e sur le territoire avait &eacute;t&eacute; accord&eacute;e &agrave; la condition, non seulement que tous les travailleurs migrants, mais aussi tous les r&eacute;fugi&eacute;s et demandeurs d&rsquo;asile fuyant la Libye (&agrave; l&rsquo;exception des Libyens) repartent &ndash; et ce, le plus rapidement possible. Ces r&eacute;fugi&eacute;s &eacute;taient non seulement des d&eacute;plac&eacute;s de guerre, mais ils &eacute;taient &eacute;galement traumatis&eacute;s par la perception qu&rsquo;avaient d&rsquo;eux les forces anti-Kadhafi pour lesquelles tous les &laquo;&nbsp;Africains noirs&nbsp;&raquo; avaient &eacute;t&eacute; recrut&eacute;s pour combattre et soutenir le r&eacute;gime de Kadhafi, et de fait, ils craignaient aussi de retourner dans la nouvelle Libye.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la mesure o&ugrave; le rapatriement n&rsquo;&eacute;tait pas une possibilit&eacute; pour des raisons de protection, la seule solution pour eux restait la r&eacute;installation dans un pays tiers. Mais avant de pouvoir soumettre des cas aux pays de r&eacute;installation, un processus complet de d&eacute;termination du statut de r&eacute;fugi&eacute; devait &ecirc;tre men&eacute;. Quelques r&eacute;fugi&eacute;s avaient d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; reconnus comme tels par l&rsquo;UNHCR dans le cadre de son mandat en Libye, mais de nombreux autres n&rsquo;avaient jamais approch&eacute; le bureau. M&ecirc;me si ces chiffres n&rsquo;&eacute;taient pas &eacute;normes en soi (4&nbsp;276 &agrave; Shousha et 1&nbsp;442 &agrave; Salloum &agrave; mi-ao&ucirc;t), la vari&eacute;t&eacute; des nationalit&eacute;s a rendu ce processus de d&eacute;termination du statut particuli&egrave;rement compliqu&eacute;. S&rsquo;y est ajout&eacute;e la n&eacute;cessit&eacute; de recruter des interpr&egrave;tes dans de nombreuses langues et de trouver des employ&eacute;s de protection suppl&eacute;mentaires pr&ecirc;ts &agrave; &ecirc;tre d&eacute;ploy&eacute;s &agrave; un moment o&ugrave; il y avait d&rsquo;autres situations d&rsquo;urgence concurrentes en Afrique de l&rsquo;Ouest et dans la Corne de l&rsquo;Afrique. Du fait de ces difficult&eacute;s, le processus de d&eacute;termination du statut de r&eacute;fugi&eacute; a pris en moyenne plus de six mois et a cr&eacute;&eacute; beaucoup de frustration parmi les demandeurs d&rsquo;asile&nbsp;; le recours &agrave; des proc&eacute;dures acc&eacute;l&eacute;r&eacute;es &eacute;tant impossible parce que les pays de r&eacute;installation ne les auraient pas accept&eacute;es.&nbsp;<\/p>\n<p>Il est possible de caract&eacute;riser l&rsquo;afflux en Tunisie et en &Eacute;gypte de mixte, non seulement parce des migrants ont fui c&ocirc;te &agrave; c&ocirc;te avec des demandeurs d&rsquo;asile et des r&eacute;fugi&eacute;s, mais aussi parce que pour un grand nombre des personnes qui r&eacute;clament maintenant le statut de r&eacute;fugi&eacute; les motivations qu&rsquo;elles avaient en premier lieu pour quitter leur pays d&rsquo;origine &eacute;taient mixtes elles aussi, en partie &eacute;conomiques et en partie &laquo;&nbsp;politiques&nbsp;&raquo;. Par exemple, des Somaliens et des Erythr&eacute;ens qui &nbsp;s&rsquo;&eacute;taient rendus en Libye &agrave; la recherche de travail n&rsquo;en avaient pas moins des pr&eacute;occupations tout &agrave; fait l&eacute;gitimes concernant un retour dans leurs pays d&rsquo;origine. &nbsp;<\/p>\n<p>Le m&eacute;lange des nationalit&eacute;s cr&eacute;ait &eacute;galement des tensions au sein de la population des camps, particuli&egrave;rement &agrave; Shousha, et d&egrave;s mi-mai, l&rsquo;UNHCR et ses partenaires ont d&ucirc; diviser le camp en diff&eacute;rentes sections en fonction des diff&eacute;rentes nationalit&eacute;s, une d&eacute;cision qui a &eacute;t&eacute; appr&eacute;ci&eacute;e par la vaste majorit&eacute; des b&eacute;n&eacute;ficiaires qui se sont sentis beaucoup plus en s&eacute;curit&eacute;, au moins d&rsquo;un point de vue psychologique.<\/p>\n<p><strong>R&eacute;installation et situations d&rsquo;urgence<\/strong><\/p>\n<p>La r&eacute;installation dans un pays tiers d&eacute;pend des engagements pris par les pays de r&eacute;installation d&rsquo;offrir ce type de solution aux r&eacute;fugi&eacute;s. Malheureusement, la plupart des pays europ&eacute;ens qui ont des proc&eacute;dures relativement rapides de r&eacute;installation, n&rsquo;ont pas augment&eacute; significativement leurs quotas de r&eacute;installation de mani&egrave;re &agrave; couvrir cette urgence au-del&agrave; de ce qui avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;vu ant&eacute;rieurement, et ce, en d&eacute;pit du lancement par l&rsquo;UNHCR d&rsquo;une Initiative de solidarit&eacute; mondiale en mati&egrave;re de r&eacute;installation, et de l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une crise sur les rives de la M&eacute;diterran&eacute;e.<\/p>\n<p>Les Etats Unis au contraire, du fait de leur important quota de r&eacute;installation &eacute;taient potentiellement en mesure d&rsquo;absorber la majorit&eacute; des r&eacute;fugi&eacute;s transmis dans un but de r&eacute;installation malgr&eacute; des proc&eacute;dures plus lentes dues &agrave; des contr&ocirc;les de s&eacute;curit&eacute;.&nbsp; En cons&eacute;quence, &agrave; fin 2011, 66% des cas de r&eacute;installation avaient &eacute;t&eacute; soumis aux Etats Unis, m&ecirc;me si seulement 17% des r&eacute;fugi&eacute;s, et seulement 13% du nombre total de personnes relevant de la comp&eacute;tence de l&rsquo;UNHCR, avaient effectivement quitt&eacute; les camps.<\/p>\n<p>En &Eacute;gypte, l&rsquo;accent mis sur la r&eacute;installation des nouveaux arrivants de Libye a provoqu&eacute; le ressentiment des r&eacute;fugi&eacute;s qui se trouvaient d&eacute;j&agrave; au Caire&nbsp;; en effet, ceux-ci du fait de leurs tr&egrave;s faibles perspectives de r&eacute;installation locale souhaitaient &eacute;galement &ecirc;tre r&eacute;install&eacute;s ailleurs mais avec consid&eacute;rablement moins de chance d&rsquo;y parvenir, et donc des p&eacute;riodes d&rsquo;attente beaucoup plus longues.&nbsp;<\/p>\n<p>Toutes les soumissions de r&eacute;installation devraient &ecirc;tre finalis&eacute;es d&rsquo;ici &agrave; mi-2012, gr&acirc;ce &agrave; la mobilisation en urgence d&rsquo;un nombre consid&eacute;rable de sp&eacute;cialistes de la r&eacute;installation &#8211; une approche nouvelle pour l&rsquo;UNHCR, m&ecirc;me si les processus d&rsquo;acceptation et les d&eacute;parts effectifs risquent de se poursuivre jusqu&rsquo;&agrave; 2013. La le&ccedil;on &agrave; en tirer, est que l&rsquo;UNHCR m&ecirc;me en se donnant les moyens d&rsquo;entreprendre des r&eacute;installations en situation d&rsquo;urgence, n&rsquo;a pas la possibilit&eacute; de proc&eacute;der &agrave; des r&eacute;installations urgentes, la r&eacute;installation &eacute;tant in&eacute;vitablement un processus de longue haleine.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;op&eacute;ration d&rsquo;&eacute;vacuation humanitaire (PEH) entreprise conjointement par l&rsquo;OIM et l&rsquo;UNHCR s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e cruciale pour apporter une protection et une assistance humanitaires &agrave; plus de 200&nbsp;000 migrants fuyant la guerre, et pour trouver des solutions (par le biais du rapatriement) &agrave; leur situation. Les activit&eacute;s de protection (en particulier la r&eacute;installation) associ&eacute;es &agrave; l&rsquo;assistance humanitaire fournie aux r&eacute;fugi&eacute;s dans les camps, ont d&eacute;montr&eacute; la solidarit&eacute; tangible de la communaut&eacute; internationale envers la Tunisie et l&rsquo;&Eacute;gypte, et l&rsquo;impact positif de cette solidarit&eacute; s&rsquo;est traduit par le maintien ouvert des fronti&egrave;res.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans ce sens que le PEH et l&rsquo;op&eacute;ration de r&eacute;installation ont eu un impact positif sur l&rsquo;espace de protection en Tunisie et en &Eacute;gypte. Cependant, si l&rsquo;on consid&egrave;re par espace de protection l&rsquo;existence de syst&egrave;mes d&rsquo;asile conformes aux normes internationales, alors cet impact s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; plus mitig&eacute;. Depuis d&eacute;but 2012, des signes positifs ont &eacute;t&eacute; enregistr&eacute;s, selon lesquels la Tunisie pourrait finalement adopter une loi en mati&egrave;re d&rsquo;asile et mettre en place un syst&egrave;me pour les demandeurs d&rsquo;asile et les r&eacute;fugi&eacute;s conformes aux normes internationales en vigueur. En &Eacute;gypte, par contre, il semble improbable que la situation ne change dans un futur pr&eacute;visible.&nbsp;<\/p>\n<p>La question des flux migratoires mixtes est une question qui risque de se reproduire et il parait probable qu&rsquo;il soit n&eacute;cessaire de r&eacute;activer &agrave; nouveau dans un proche avenir la coop&eacute;ration strat&eacute;gique entre l&rsquo;UNHCR, l&rsquo;OIM et d&rsquo;autres partenaires. C&rsquo;est une question qui n&eacute;cessitera &eacute;galement la coop&eacute;ration et le partage des charges par tous les &Eacute;tats concern&eacute;s, pas uniquement ceux directement touch&eacute;s par ces mouvements. &nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Guido Ambroso <a href=\"mailto:ambroso@unhcr.org\">ambroso@unhcr.org<\/a> est Charg&eacute; du d&eacute;veloppement strat&eacute;gique et de l&rsquo;&eacute;valuation &agrave; l&rsquo;UNHCR <a href=\"http:\/\/www.unhcr.org\">www.unhcr.org<\/a>, <\/em>mais il &eacute;crit ici &agrave; titre personnel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise libyenne a g&eacute;n&eacute;r&eacute; un afflux massif de migrants et de r&eacute;fugi&eacute;s en Tunisie et en &Eacute;gypte, qui peut &ecirc;tre qualifi&eacute; de &laquo;&nbsp;crises de migration mixte&nbsp;&raquo;, et qui a pr&eacute;sent&eacute; plusieurs d&eacute;fis nouveaux &agrave; la communaut&eacute; humanitaire. 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