{"id":41477,"date":"2014-02-12T00:00:00","date_gmt":"2014-02-12T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fmreview.org\/lindley-2-4\/"},"modified":"2025-07-16T06:15:07","modified_gmt":"2025-07-16T11:15:07","slug":"lindley-2-4","status":"publish","type":"fmr_content","link":"https:\/\/www.fmreview.org\/fr\/crises\/lindley-2-4\/","title":{"rendered":"Remise en question du \u00abd\u00e9placement d\u00fb \u00e0 la s\u00e9cheresse\u00bb: environnement, politiques et migration en Somalie"},"content":{"rendered":"<p>En 2011, un &eacute;pisode de s&eacute;cheresse grave combin&eacute; &agrave; d&rsquo;intenses violences politiques et &agrave; une faillite &eacute;tendue de la gouvernance, a entra&icirc;n&eacute; une situation de d&eacute;tresse g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e dans le centre-sud de la Somalie accompagn&eacute;e d&rsquo;une famine d&eacute;clar&eacute;e dans certaines parties du territoire. Cette crise a g&eacute;n&eacute;r&eacute; des d&eacute;placements forc&eacute;s &agrave; un niveau cons&eacute;quent qui ont &eacute;galement contribu&eacute; &agrave; exacerber la situation, ce qui a abouti en 2011 au d&eacute;placement d&rsquo;environ un quart de la population &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur des territoires somaliens ou &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger.<\/p>\n<p>Au cours du battage m&eacute;diatique qui a suivi, de nombreuses r&eacute;f&eacute;rences ont fait &eacute;tat de &lsquo;d&eacute;placements pour cause de s&eacute;cheresse&rsquo; les distinguant ainsi des d&eacute;placements provoqu&eacute;s par le conflit ou les pers&eacute;cutions, mais une telle interpr&eacute;tation pose des probl&egrave;mes, &agrave; la fois de mani&egrave;re empirique mais aussi en ce qui concerne les r&eacute;ponses politiques qu&rsquo;elle tend &agrave; susciter. Dans ce cas pr&eacute;cis, une violence structurelle grave et un conflit en cours pendant des ann&eacute;es ont eu une influence profonde sur la mani&egrave;re dont diff&eacute;rents groupes de la soci&eacute;t&eacute; ont v&eacute;cu la s&eacute;cheresse et sur le fait qu&rsquo;ils aient &eacute;t&eacute;, ou non, forc&eacute;s de migrer.<\/p>\n<p><strong>Conditions li&eacute;es &agrave; l&rsquo;environnement, moyens d&rsquo;existence ruraux et mobilit&eacute;<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;environnement dans les territoires somaliens est de type aride et semi-aride, et les &eacute;pisodes de s&eacute;cheresse qui sont fr&eacute;quents deviennent un probl&egrave;me majeur lorsque le niveau de pr&eacute;cipitation reste faible pendant une p&eacute;riode prolong&eacute;e. Les activit&eacute;s rurales, &eacute;levage et production agricole, qui sont des composantes cl&eacute;s des moyens d&rsquo;existence de la majorit&eacute; des Somaliens<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\" title=\"\">[1]<\/a> d&eacute;pendent enti&egrave;rement des conditions climatiques existantes. Ces syst&egrave;mes de moyens d&rsquo;existence ne sont pas statiques, mais sont au contraire influenc&eacute;s par des dynamiques politiques et d&rsquo;autres facteurs humains.<\/p>\n<p>Plus de la moiti&eacute; de la population est constitu&eacute;e de pasteurs et d&rsquo;agropasteurs qui tirent leur nourriture et leur revenu de l&rsquo;&eacute;levage. La mobilit&eacute; est au centre de leur syst&egrave;me de moyens d&rsquo;existence; ce type d&rsquo;&eacute;levage est nomadique ou semi-nomadique et implique tour &agrave; tour une concentration et une dispersion saisonni&egrave;res des bergers &eacute;leveurs et de leurs troupeaux en fonction de la disponibilit&eacute; des fourrages et de l&rsquo;eau &agrave; diff&eacute;rents endroits.<\/p>\n<p>La plupart des bergers\/&eacute;leveurs nomades ont des parents vivant en milieu urbain, et il arrive qu&rsquo;une partie de la famille s&rsquo;installe &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie d&rsquo;une ville pour une partie de l&rsquo;ann&eacute;e, ou se d&eacute;place temporairement ou de mani&egrave;re plus permanente dans une zone urbaine pour trouver du travail ou se rapprocher des &eacute;coles. Ces mouvements provoquent des flux et des &eacute;changes cons&eacute;quents de produits essentiels, d&rsquo;argent, de transactions commerciales ainsi que d&rsquo;hospitalit&eacute; et d&rsquo;assistance mutuelles. La migration internationale de certains membres de famille ajoute souvent &agrave; ce tableau une dimension suppl&eacute;mentaire, et constitue une importante source de transferts d&rsquo;argent.<\/p>\n<p>Mais la s&eacute;cheresse repr&eacute;sente un d&eacute;fi majeur pour les bergers nomades. Lorsqu&rsquo;il devient difficile d&rsquo;acc&eacute;der aux p&acirc;turages et &agrave; l&rsquo;eau, l&rsquo;une des strat&eacute;gies de r&eacute;sistance consiste &agrave; se d&eacute;placer sur de plus grandes distances pour trouver de l&rsquo;eau et des p&acirc;turages, parfois m&ecirc;me en traversant des fronti&egrave;res internationales. Une telle strat&eacute;gie peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme un d&eacute;placement dans le sens ou les sch&eacute;mas habituels de migration des bergers nomades ont &eacute;t&eacute; perturb&eacute;s. Dans le cadre de ce processus, les outils d&eacute;terminants sont d&rsquo;une part les dispositions traditionnelles de la loi coutumi&egrave;re qui oblige les Somaliens &agrave; autoriser l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; d&rsquo;autres groupes en p&eacute;riode de s&eacute;cheresse, et d&rsquo;autre part la t&eacute;l&eacute;phonie mobile moderne qui permet aux bergers nomades d&rsquo;obtenir des informations sur la disponibilit&eacute; d&rsquo;eau dans d&rsquo;autres endroits.<\/p>\n<p>Le proverbe somalien<em> nabad iyo caano (<\/em>paix et lait<em>) <\/em>illustre parfaitement cette interconnexion vitale entre les conditions de l&rsquo;environnement et le contexte politique, en insistant sur l&rsquo;association &eacute;troite qui existe pour les bergers nomades entre s&eacute;curit&eacute; et prosp&eacute;rit&eacute; dans la mesure o&ugrave; l&rsquo;acc&egrave;s aux p&acirc;turages et &agrave; l&rsquo;eau d&eacute;pend d&rsquo;une coop&eacute;ration pacifique. Le proverbe compl&eacute;mentaire, <em>col iyo abaar<\/em> (conflit et s&eacute;cheresse) souligne les synergies n&eacute;gatives qui menacent l&rsquo;acc&egrave;s aux p&acirc;turages et &agrave; l&rsquo;eau. La s&eacute;cheresse peut provoquer des pressions sur les ressources et engendrer des conflits violents, ou le conflit et l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; peuvent exacerber des probl&egrave;mes li&eacute;s &agrave; l&rsquo;environnement et rendre la s&eacute;cheresse encore plus difficile &agrave; vivre.<\/p>\n<p>Suite &agrave; l&rsquo;effondrement de l&rsquo;&Eacute;tat en 1991, des difficult&eacute;s ont &eacute;merg&eacute; ou se sont aggrav&eacute;es du fait de cette faillite des institutions &eacute;tatiques. Toutefois, et parce qu&rsquo;il s&rsquo;est trouv&eacute; lib&eacute;r&eacute; des interf&eacute;rences de l&rsquo;&Eacute;tat, le pastoralisme a fleuri par bien des aspects, et ce en d&eacute;pit des conditions &eacute;cologiques difficiles et des violences politiques. Au cours des derni&egrave;res d&eacute;cennies, la production agricole qui d&eacute;pend plus &eacute;troitement des conditions locales s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e comparativement plus vuln&eacute;rable face aux al&eacute;as environnementaux et &agrave; la situation conflictuelle parce que les politiques de la guerre civile ont entrav&eacute; l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; des syst&egrave;mes efficaces d&rsquo;irrigation. Tant dans le cas des collectivit&eacute;s d&rsquo;agriculteurs que de bergers nomades, la migration reste une des r&eacute;ponses cl&eacute;s face &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence de ces risques. &nbsp;<\/p>\n<p>M&ecirc;me si la mobilit&eacute; courante et le d&eacute;placement suite &agrave; des al&eacute;as naturels sont des aspects r&eacute;currents des moyens d&rsquo;existence dans les zones rurales somaliennes, il n&rsquo;est pas possible de comprendre ces dynamiques sans r&eacute;f&eacute;rence au contexte politique dans lequel se produisent les mouvements. Avant la guerre civile, l&rsquo;intervention de l&rsquo;&Eacute;tat dans la relation entre la population et son environnement et ses ressources naturelles &eacute;tait loin d&rsquo;&ecirc;tre b&eacute;nigne. Toutefois, depuis l&rsquo;effondrement de l&rsquo;&Eacute;tat en 1991, des acteurs politiques violents et pr&eacute;dateurs ont eu pour effet d&rsquo;exacerber encore l&rsquo;impact des al&eacute;as environnementaux sur certains groupes particuliers, et les cadres de gouvernance en vigueur n&rsquo;ont bien souvent dispos&eacute;s ni de la capacit&eacute; ni de suffisamment de volont&eacute; pour r&eacute;guler des pratiques dommageables &agrave; l&rsquo;environnement ou pour r&eacute;pondre ad&eacute;quatement aux vuln&eacute;rabilit&eacute;s changeantes de la population.<\/p>\n<p><strong>Une crise multidimensionnelle et &agrave; plusieurs niveaux <\/strong><\/p>\n<p>La crise humanitaire qui a culmin&eacute; en 2011 a souvent &eacute;t&eacute; d&eacute;crite comme &eacute;tant le r&eacute;sultat d&rsquo; un &lsquo;concours de circonstances parfait&rsquo; qui a alli&eacute; un conflit, une s&eacute;cheresse et une p&eacute;riode de mauvaise gouvernance. Suite &agrave; plusieurs ann&eacute;es de conflit beaucoup plus localis&eacute; et de moindre intensit&eacute; o&ugrave; subsistaient des poches de situation paisible dans le centre et le sud de la Somalie, le conflit politique est entr&eacute; en 2006 dans une phase nouvelle et plus intense. La r&eacute;ponse internationale hostile s&rsquo;inscrivait dans le contexte mondial de la &lsquo;guerre &agrave; la terreur&rsquo; et traduisait les craintes r&eacute;gionales face &agrave; l&rsquo;irr&eacute;dentisme somalien. Apr&egrave;s que le gouvernement F&eacute;d&eacute;ral de de Transition et les troupes &eacute;thiopiennes firent reculer l&rsquo;UTI, la population locale &agrave; Mogadiscio en particulier a &eacute;t&eacute; t&eacute;moin &nbsp;du niveau &eacute;lev&eacute; de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; g&eacute;n&eacute;r&eacute;e par les combats, le m&eacute;pris de la vie civile et l&rsquo;affaiblissement des m&eacute;canismes de protection fond&eacute;s sur les clans. Le conflit a &eacute;galement eu des cons&eacute;quences &eacute;conomiques directes en perturbant les moyens d&rsquo;existence &agrave; travers des destructions g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;es ainsi que des confiscations et des occupations de maisons, de propri&eacute;t&eacute;s et d&rsquo;entreprises; les infrastructures d&eacute;terminantes comme les routes ou les march&eacute;s ont &eacute;t&eacute; endommag&eacute;es ou bloqu&eacute;es; et la mobilit&eacute; s&rsquo;est vue tr&egrave;s fortement circonscrite par la violence. Le nombre de personnes d&eacute;plac&eacute;es &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays (PDI) s&rsquo;est envol&eacute; pour passer de 400&nbsp;000 personnes en 2006 &agrave; 1 million en 2007.<\/p>\n<p>C&rsquo;est face &agrave; ce contexte de conflit que la s&eacute;cheresse a surgi en 2010 suite dans certaines zones &agrave; plusieurs saisons cons&eacute;cutives de pr&eacute;cipitations m&eacute;diocres, une situation qui a eu un impact s&eacute;v&egrave;re sur les moyens d&rsquo;existence. Les prix des c&eacute;r&eacute;ales ont atteint des pics record&nbsp;et les bergers nomades ont eu &eacute;norm&eacute;ment de difficult&eacute;s &agrave; trouver de l&rsquo;eau et des p&acirc;turages, ce qui a entra&icirc;n&eacute; une forte mortalit&eacute; du b&eacute;tail, des prix tr&egrave;s faibles pour les animaux qui atteignaient les march&eacute;s en mauvais &eacute;tat, une offre exc&eacute;dentaire, et des conflits localis&eacute;s entre bergers nomades. Cette situation a encore &eacute;t&eacute; aggrav&eacute;e parce que les strat&eacute;gies de r&eacute;sistance et d&rsquo;&eacute;talement des risques auxquelles les collectivit&eacute;s rurales ont habituellement recours ont &eacute;t&eacute; limit&eacute;es; &agrave; cause de la nature g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la pauvret&eacute; et des difficult&eacute;s, on a assist&eacute; &agrave; une p&eacute;nurie des possibilit&eacute;s occasionnelles de travail et d&rsquo;emploi salari&eacute; ce qui a contribu&eacute; &agrave; &eacute;roder encore davantage les m&eacute;canismes de soutien des familles et des collectivit&eacute;s. En cons&eacute;quence (et faisant &eacute;cho au d&eacute;placement d&ucirc; &agrave; la famine pendant les ann&eacute;es 1991\/92) les populations rurales ont &eacute;migr&eacute; en nombres importants vers les centres urbains, particuli&egrave;rement vers Mogadishu, dans l&rsquo;espoir d&rsquo;obtenir une assistance humanitaire.&nbsp;<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;une urgence environnementale a co&iuml;ncid&eacute; avec un conflit politique d&eacute;j&agrave; existant. Et les m&eacute;canismes de gouvernance en place, tant au niveau domestique qu&rsquo;international, n&rsquo;ont pas r&eacute;ussi &agrave; juguler la situation. Face &agrave; cette s&egrave;cheresse r&eacute;gionale, les r&eacute;ponses mieux coordonn&eacute;es du Kenya et de l&rsquo;&Eacute;thiopie ont mis la situation en Somalie encore plus en relief en d&eacute;montrant que des al&eacute;as naturels comme la s&egrave;cheresse n&rsquo;entra&icirc;nent pas automatiquement des catastrophes humaines comme la famine: des aspects de gouvernance, de redevabilit&eacute; et de droits ont une importance d&eacute;terminante. En Somalie, aucun acteur politique national, de quelque bord que ce soit, n&rsquo;a su apporter de r&eacute;ponse aux vuln&eacute;rabilit&eacute;s notoires des populations se trouvant sous leur contr&ocirc;le, et de fait, la mani&egrave;re dont ils ont poursuivi le conflit est souvent venue aggraver encore la situation des civils.<\/p>\n<p>Au vue du d&eacute;roulement de cette crise, il est apparu &eacute;vident que c&rsquo;est la combinaison d&rsquo;un ensemble de facteurs qui a motiv&eacute; la d&eacute;cision de la plupart des gens d&rsquo;abandonner leur lieu de r&eacute;sidence. M&ecirc;me si pour certains il existait un moteur principal &eacute;vident, pour nombre d&rsquo;entre eux les choses &eacute;taient plus floues. Comme l&rsquo;a expliqu&eacute; un r&eacute;fugi&eacute; venu de Mogadishu: &laquo;je ne suis pas capable de r&eacute;sumer en une seule histoire pourquoi je n&rsquo;&eacute;tais pas en s&eacute;curit&eacute;, il y a bien trop d&rsquo;histoires.&raquo;<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\" title=\"\">[2]<\/a> De nombreuses personnes auraient peut-&ecirc;tre pu att&eacute;nuer les effets de la s&egrave;cheresse en recourant &agrave; leurs strat&eacute;gies habituelles de r&eacute;sistance et ne pas avoir &agrave; se d&eacute;placer sans la diminution des possibilit&eacute;s de travail, les restrictions impos&eacute;es &agrave; la mobilit&eacute; et la distribution in&eacute;gale de l&rsquo;assistance humanitaire r&eacute;sultant du conflit politique. D&rsquo;autres auraient pu survivre aux effets du conflit si la s&eacute;cheresse ne s&rsquo;y &eacute;tait pas associ&eacute;e.<\/p>\n<p>Au-del&agrave; de cette association simultan&eacute;e de facteurs, il faut &eacute;galement tenir compte de leur effet cumulatif sur la dur&eacute;e: l&rsquo;ensemble des facteurs structurels sous-jacents et des histoires personnelles donne sa forme &agrave; la migration. Pour certaines personnes, par exemple, la s&egrave;cheresse et la faim ont &eacute;t&eacute; leurs moteurs imm&eacute;diats de d&eacute;placement, mais les ann&eacute;es de conflit, de marginalisation et de pratiques abusives avaient pr&eacute;par&eacute; le terrain. Pour d&rsquo;autres, une recrudescence de la violence a &eacute;t&eacute; la goutte qui a fait d&eacute;border le vase dans le cadre d&rsquo;une longue histoire de pressions subies sur les moyens d&rsquo;existence qui les pr&eacute;disposaient d&eacute;j&agrave; &agrave; migrer. Dans un tel contexte, une distinction analytique des facteurs structurels, des causes directes, des d&eacute;clencheurs imm&eacute;diats et des facteurs interm&eacute;diaires peut s&rsquo;av&eacute;rer utile.<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\" title=\"\">[3]<\/a> Nous nous focalisons souvent sur les causes directes et sur les d&eacute;clencheurs imm&eacute;diats mais moins sur les facteurs structurels et les processus de privation, de vuln&eacute;rabilit&eacute; et d&rsquo;impuissance qui sous-tendent le d&eacute;placement.<\/p>\n<p>Cette optique nuanc&eacute;e des causes est en complet contraste avec les r&eacute;f&eacute;rences fr&eacute;quemment utilis&eacute;es par les politiciens et les m&eacute;dias qui, dans le contexte de la crise humanitaire de 2011 ont parl&eacute; de &laquo;d&eacute;placement d&ucirc; &agrave; la s&eacute;cheresse&raquo;. Les gouvernements de pays h&ocirc;tes comme le Kenya ont &eacute;t&eacute; particuli&egrave;rement enclins &agrave; utiliser une terminologie de ce type, mais elle a &eacute;galement amplement figur&eacute; dans les d&eacute;clarations des organisations humanitaires internationales. Toutefois, comme nous l&rsquo;avons d&eacute;fini plus haut, la nature multidimensionnelle et sur plusieurs niveaux de cette crise humanitaire tend &agrave; sugg&eacute;rer clairement que les d&eacute;placements importants de 2011 ne peuvent pas &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;s comme purement et uniquement&nbsp;&lsquo;induis par l&rsquo;environnement&rsquo;.&nbsp;<\/p>\n<p>Il est certes vrai que la terminologie &laquo;d&eacute;placement d&ucirc; &agrave; la s&eacute;cheresse&raquo; corresponde parfois aux &eacute;l&eacute;ments issus des enqu&ecirc;tes. Par exemple, dans l&rsquo;&eacute;chantillon de l&rsquo;Unit&eacute; d&rsquo;analyse sur la s&eacute;curit&eacute; alimentaire et la nutrition de 2011, 60% des PDI se trouvant dans le sud et le centre de la Somalie ont affirm&eacute; qu&rsquo;ils avaient &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;s par la s&eacute;cheresse, alors que dans une enqu&ecirc;te de 2012 portant sur les arriv&eacute;es r&eacute;centes au Kenya, 43% des r&eacute;pondants ont cit&eacute; la s&egrave;cheresse, les moyens d&rsquo;existence ou des raisons familiales comme motif pour venir au camp, sans faire aucune r&eacute;f&eacute;rence &agrave; d&rsquo;autres raisons suppl&eacute;mentaires de d&eacute;part li&eacute;es au conflit ou aux pers&eacute;cutions. Toutefois, les enqu&ecirc;tes de ce type tendent &agrave; ne recueillir que les d&eacute;clencheurs imm&eacute;diats et nous renseignent bien peu sur le contexte structurel de la migration. L&rsquo;&eacute;tiquette &lsquo;d&eacute;placement pour cause de s&eacute;cheresse&rsquo; simplifie de mani&egrave;re exag&eacute;r&eacute;e la nature de la mobilit&eacute; des populations somaliennes de 2011, et nous devons nous m&eacute;fier des fins politiques qu&rsquo;elle sert.<\/p>\n<p>Contrairement aux id&eacute;es re&ccedil;ues selon lesquelles les d&eacute;placements li&eacute;s au climat sont temporaires et ont lieu sur de courtes distances, la s&eacute;cheresse de 2010\/11 a &eacute;t&eacute; associ&eacute;e &agrave; des d&eacute;placements r&eacute;gionaux importants du fait de la persistance de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; et des difficult&eacute;s &agrave; obtenir une assistance humanitaire &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur du pays. Dans ce contexte de s&egrave;cheresse au niveau d&rsquo;une r&eacute;gion, les personnes qui ont migr&eacute; depuis l&rsquo;int&eacute;rieur de la Somalie ont travers&eacute; des fronti&egrave;res pour se rendre dans des zones qui subissaient d&eacute;j&agrave; une pression environnementale consid&eacute;rable.&nbsp;Les groupes de d&eacute;plac&eacute;s les plus nombreux sont all&eacute;s au Kenya o&ugrave; le gouvernement s&rsquo;est efforc&eacute; d&rsquo;&eacute;tablir une distinction dans ses d&eacute;clarations publiques entre les r&eacute;fugi&eacute;s &agrave; long-terme d&eacute;plac&eacute;s par le conflit, et les personnes plus r&eacute;cemment d&eacute;plac&eacute;es par la s&egrave;cheresse &ndash; circonscrivant ainsi de mani&egrave;re implicite ses responsabilit&eacute;s en vertu du droit international.&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R&eacute;ponses politiques<\/strong><\/p>\n<p>Les r&eacute;ponses face au d&eacute;placement dans les crises humanitaires se concentrent souvent sur les populations d&eacute;j&agrave; d&eacute;plac&eacute;es, mais il est tout aussi important, si ce n&rsquo;est plus, de se pr&eacute;occuper de ce qui force les gens &agrave; se d&eacute;placer. Cela n&eacute;cessite de faire d&eacute;border le cadre de travail en direction de domaines politiques et de sp&eacute;cialit&eacute;s habituellement consid&eacute;r&eacute;s comme s&eacute;par&eacute;s, afin de rassembler des &eacute;l&eacute;ments qui participent de l&rsquo;adaptation au changement climatique, des secours humanitaires, du d&eacute;veloppement des moyens d&rsquo;existence, du rel&egrave;vement post-conflictuel et de la protection des droits de l&rsquo;homme. Des analyses r&eacute;centes sugg&egrave;rent que lorsque des signaux d&rsquo;alerte pr&eacute;coce en cas de catastrophe sont d&eacute;clench&eacute;s, ceux-ci doivent &ecirc;tre con&ccedil;us de mani&egrave;re &agrave; r&eacute;pondre en priorit&eacute; aux besoins en termes d&rsquo;information des acteurs nationaux, et qu&rsquo;il est n&eacute;cessaire de clarifier les droits, les ressources et les responsabilit&eacute;s des acteurs humanitaires internationaux afin de garantir la mise en place d&rsquo;un socle commun plus solide contre la famine.&nbsp;<\/p>\n<p>De nombreuses interventions d&rsquo;ONG et de collectivit&eacute;s ont pour objet d&rsquo;att&eacute;nuer l&rsquo;impact de la s&eacute;cheresse et de renforcer la r&eacute;silience des personnes touch&eacute;es. Il ne s&rsquo;agit toutefois pas d&rsquo;un d&eacute;fi uniquement technique, il est aussi profond&eacute;ment politique et adoss&eacute; aux droits dans la mesure o&ugrave; ce sont des populations parmi les plus pr&eacute;caires qui ont &eacute;t&eacute; la cible d&rsquo;une violence et d&rsquo;une marginalisation syst&eacute;matiques pendant plus de vingt ans &ndash; et qu&rsquo;elles sont profond&eacute;ment vuln&eacute;rables face &agrave; n&rsquo;importe quel type de choc, et notamment face &agrave; la s&eacute;cheresse. La mobilit&eacute; habituelle ou d&rsquo;urgence, y compris &agrave; travers les fronti&egrave;res, utilis&eacute;e comme moyen de r&eacute;sistance a longtemps &eacute;t&eacute; une source majeure de r&eacute;silience mais elle s&rsquo;est trouv&eacute;e menac&eacute;e par les lignes de front et la fermeture des fronti&egrave;res, et &agrave; l&rsquo;avenir les strat&eacute;gies politiques devraient se soucier de la valeur propre de la mobilit&eacute; pour p&eacute;renniser certains moyens d&rsquo;existence ruraux.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;on laisse une s&eacute;cheresse se d&eacute;velopper en une crise grave, l&rsquo;effort humanitaire est mis en p&eacute;ril par une politisation aig&uuml;e de l&rsquo;assistance et par l&rsquo;&eacute;conomie politique corrompue qui l&rsquo;entoure. Ce n&rsquo;est toutefois pas tant la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;politiser l&rsquo;assistance humanitaire afin de permettre aux agences humanitaires de redoubler leurs efforts pour r&eacute;pondre aux besoins des populations civiles les plus vuln&eacute;rables &ndash; une action intrins&egrave;quement politique &#8211; qui est mise en exergue lorsque ces m&ecirc;mes agences cherchent &agrave; se distancer des projets plus sp&eacute;cifiquement destin&eacute;s au renforcement de l&rsquo;&Eacute;tat.<\/p>\n<p>On assiste finalement au d&eacute;fi typique qui consiste &agrave; passer du secours &agrave; la reconstruction en l&rsquo;absence d&rsquo;une stabilisation politique durable.<\/p>\n<p><strong>Prot&eacute;ger les droits des personnes d&eacute;plac&eacute;es<\/strong><\/p>\n<p>Le r&ocirc;le jou&eacute; par certaines ressources socio-culturelles typiquement somaliennes, notamment la parent&eacute;, la religion et le soutien de la diaspora, s&rsquo;est av&eacute;r&eacute; de plus en plus pro&eacute;minent dans un contexte de paralysie de l&rsquo;assistance humanitaire, et lorsque cela est possible les acteurs internationaux devraient rechercher une collaboration harmonieuse avec ces capacit&eacute;s socioculturelles indig&egrave;nes de protection. N&eacute;anmoins, le r&ocirc;le des autorit&eacute;s macro-politiques est absolument vital afin de prot&eacute;ger <strong>tous<\/strong> les Somaliens se trouvant sur leur territoire. &nbsp;<\/p>\n<p>Dans le pays h&ocirc;te le plus important, le Kenya, comme ailleurs, on est amen&eacute; &agrave; se pr&eacute;occuper du r&eacute;tr&eacute;cissement de l&rsquo;espace d&rsquo;asile en r&eacute;ponse &agrave; la derni&egrave;re crise humanitaire qui a eu lieu en Somalie. Il est extr&ecirc;mement improbable que tous les r&eacute;fugi&eacute;s puissent retourner ou retournent effectivement en Somalie, et les organisations qui tentent de les prot&eacute;ger devraient continuer de faire pression afin qu&rsquo;ils obtiennent progressivement une participation plus positive au sein de la soci&eacute;t&eacute; et que leur pr&eacute;sence soit prise en compte dans la planification du d&eacute;veloppement tant urbain que rural; elles devraient &eacute;galement chercher &agrave; soutenir leur mobilit&eacute; en tant que facteur d&eacute;terminant de leurs moyens d&rsquo;existence. &nbsp;<\/p>\n<p>M&ecirc;me s&rsquo;il est couramment admis qu&rsquo;il est ais&eacute; pour les personnes &laquo; d&eacute;plac&eacute;es d&ucirc; &agrave; la s&eacute;cheresse&raquo; de rentrer chez elles d&egrave;s le retour des pluies, la situation de peur et de mis&egrave;re que subissent de nombreux Somaliens d&eacute;plac&eacute;s alli&eacute;e &agrave; la poursuite de l&rsquo;incertitude politique dans leurs zones d&rsquo;origine sugg&egrave;re qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. Malgr&eacute; une am&eacute;lioration des pr&eacute;cipitations, en juin 2012 seulement 14% des r&eacute;fugi&eacute;s interrog&eacute;s &agrave; Dadaab ont indiqu&eacute; qu&rsquo;ils envisageaient de rentrer chez eux, et vers la mi-2013, le nombre des retours restaient encore limit&eacute; malgr&eacute; la pression croissante exerc&eacute;e sur les r&eacute;fugi&eacute;s au Kenya. &Agrave; la lumi&egrave;re de ces pressions, les acteurs internationaux et nationaux doivent insister sur la n&eacute;cessit&eacute; de respecter le principe du retour volontaire. Cela montre avec encore plus de clart&eacute; &agrave; quel point il est d&eacute;terminant que les processus politiques plus larges trouvent des solutions au d&eacute;placement. Tous les mouvements de retour de r&eacute;fugi&eacute;s et de PDI devront &ecirc;tre associ&eacute;s &agrave; des efforts &agrave; long terme vers une r&eacute;insertion et un renforcement de la r&eacute;silience en milieu rural s&rsquo;ils sont destin&eacute;s &agrave; &ecirc;tre r&eacute;ellement durables.<\/p>\n<p>Il est on ne peut plus clair que la s&eacute;cheresse est un facteur majeur et r&eacute;current qui met en p&eacute;ril les moyens d&rsquo;existence de nombreuses personnes &agrave; travers l&rsquo;ensemble de la Corne de l&rsquo;Afrique. Toutefois, la mobilit&eacute; des Somaliens en 2011 ne peut pas se r&eacute;sumer simplement &agrave; un &laquo;d&eacute;placement d&ucirc; &agrave; la s&eacute;cheresse&raquo;. Une terminologie aussi r&eacute;ductive serait erron&eacute;e et ne saurait repr&eacute;senter ad&eacute;quatement les moteurs du d&eacute;placement, de plus elle tendrait &agrave; cacher la mani&egrave;re dont la s&eacute;cheresse est interconnect&eacute;e avec des processus politiques, tant historiques que concomitants. M&ecirc;me si r&eacute;fl&eacute;chir au-del&agrave; des cloisonnements politiques peut s&rsquo;av&eacute;rer inconfortable tant professionnellement que politiquement, dans les contextes de crise humanitaire, c&rsquo;est d&rsquo;une approche strat&eacute;gique limit&eacute;e &agrave; un secteur unique que les probl&egrave;mes surgissent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Anna Lindley <a href=\"mailto:al29@soas.ac.uk\"><em>al29@soas.ac.uk<\/em><\/a> est Charg&eacute;e de cours &agrave; la London School of Oriental and African Studies. <a href=\"http:\/\/www.soas.ac.uk\"><em>www.soas.ac.uk<\/em><\/a><\/p>\n<div>\n\t<br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div id=\"edn1\">\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\" title=\"\">[1]<\/a> La p&ecirc;che c&ocirc;ti&egrave;re et les moyens d&rsquo;existence urbains sont &eacute;galement affect&eacute;s par les probl&egrave;mes environnementaux (le tsunami, la p&ecirc;che ill&eacute;gale, le d&eacute;versement des d&eacute;chets toxiques, le manque d&rsquo;infrastructures ad&eacute;quates de traitement de l&rsquo;eau et des d&eacute;chets, les inondations, les probl&egrave;mes li&eacute;s aux bidonvilles).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn2\">\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\" title=\"\">[2]<\/a> Amnesty International (2008) <em>Routinely Targeted: Attacks on Civilians in Somalia<\/em>.&nbsp; <a href=\"http:\/\/www.amnesty.org\/en\/library\/info\/AFR52\/006\/2008\">www.amnesty.org\/en\/library\/info\/AFR52\/006\/2008<\/a><\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id=\"edn3\">\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\" title=\"\">[3]<\/a> Van Hear N (1998) <em>New Diasporas. <\/em>Londres: UCL.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2011, un &eacute;pisode de s&eacute;cheresse grave combin&eacute; &agrave; d&rsquo;intenses violences politiques et &agrave; une faillite &eacute;tendue de la gouvernance, a entra&icirc;n&eacute; une situation de d&eacute;tresse g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e dans le centre-sud de la Somalie accompagn&eacute;e d&rsquo;une famine d&eacute;clar&eacute;e dans certaines parties du territoire. 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