Porter assistance aux personnes déplacées : une responsabilité partagée

Enyimba kwe nu. Quand nous travaillons ensemble, nous obtenons de meilleurs résultats.

Je m'appelle Iwuoha Chima Iwuoha, et j'habite à Aba, dans l'État d’Abia, au Nigéria.

Au cours de la guerre civile nigériane de 1967 à 1970, la malnutrition était particulièrement répandue dans l'est du pays (alors appelé Biafra) et de nombreux enfants sont décédés des suites du kwashiorkor, une forme aiguë de malnutrition. En 1969, quatre de mes frères et moi-même avons souffert du kwashiorkor, mais nous avons survécu grâce au secours alimentaire apporté par les organisations internationales. J'avais 13 ans à l'époque et, lorsque j'ai entendu ma mère remercier Dieu pour les denrées fournies par les organismes de secours, je lui ai dit que quand je serai grand, moi aussi j'apporterai un secours aux personnes dans le besoin.

En 1994, j'ai fondé Refugee Relief Workers International (ReRWI), une organisation non gouvernementale visant à aider les réfugiés et les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) au Nigéria. Les premières personnes à qui nous avons porté assistance étaient des habitants du coin qui avaient été déplacés par la violence communale. Des maisons, des églises et des écoles avaient été détruites, de nombreuses personnes avaient été tuées et un plus grand nombre encore avait fui pendant la nuit. Nous avons alors écrit au président de l'administration locale pour lui faire part de la situation désespérée des déplacés. Avec son appui, nous avons entrepris une évaluation des besoins de quelque 2000 personnes déplacées et nous les avons aidées à désigner leurs propres leaders. Le premier besoin que nous avons identifié, en consultation avec ces personnes, a été de reconstruire les logements. Nous avons écrit des lettres pour mobiliser les soutiens en faveur de ce programme de reconstruction et, grâce à la publicité ainsi générée, nous avons reçu des offres d'assistance de la part d'églises, de proches de personnes déplacées et d'autres organisations de la société civile.

24 ans plus tard, nous travaillons aujourd’hui avec la communauté Umunneato Obuzo, qui comprend des personnes déplacées par les conflits communaux vivant actuellement dans des abris temporaires (pas dans des camps) et ayant besoin de nourriture, mais aussi de meilleurs abris, d'éducation et de travail. Nous avons conclu un partenariat avec l’Agence de l'État d'Abia pour le développement communautaire et social, qui a obtenu une subvention de la Banque mondiale pour nous aider à fournir des logements améliorés aux PDI et aider ces dernières à fonder leur association communautaire.

ReRWI est membre de la coalition des organisations non gouvernementales de l'État d'Abia, qui œuvre collectivement pour aider le gouvernement d'État à mettre en œuvre les Objectifs de développement durable[1]. Toutefois, nous rencontrons des difficultés à obtenir des subventions[2] et nous souffrons également du manque de formations (et de participation à la communauté de l'assistance plus étendue) disponibles aux organisations locales comme la nôtre.

Chez ReRWI, nous employons six personnes, dont moi-même, et un consultant indépendant. Nous avons également 68 bénévoles enregistrés qui mettent leurs différentes formations et compétences professionnelles au service de l'humanité. Mes enfants et ma femme participent également à nos activités. Certains de nos jeunes bénévoles ont quitté ReRWI après quelques années formatrices et sont dorénavant employés par d'autres agences à l'étranger. L'un d'entre eux travaille dans un camp de réfugiés en Allemagne, par exemple, tandis qu'un autre est employé par une organisation aux États-Unis.

Au fil des années, j'ai appris que l'assistance humanitaire est une responsabilité partagée, qui ne doit jamais être assumée par une seule personne ou une seule organisation, indépendamment de sa richesse ou de son pouvoir. Nous avons besoin de réseaux, de collaboration et de partenariats. Lorsque je serai trop âgé, des personnes plus jeunes prendront ma place et continueront dans le même esprit de travail collaboratif qui vise à aider les autres.

 

Iwuoha Chima Iwuoha refugeevolunteer@yahoo.com
Fondateur et président, Refugee Relief Workers International (Tél +234 803 562 2086)

 

[1] www.thenigerianvoice.com/news/252158/abia-state-coalition-of-ngos-sets-to-implement-sdgs.html

[2] Nous recherchons actuellement des soutiens pour le projet de réhabilitation de la communauté Umunneato, de même que pour un exercice national de cartographie des PDI établies hors des camps.

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