Les enfants afghans non accompagnés: de nouveau en déplacement?

Les conclusions d’un projet de recherche collaboratif permettent de mieux comprendre pourquoi certains mineurs afghans rapatriés désirent reprendre la route, en dépit des nombreux obstacles qui les attendent.

« J’ai échoué mais je souhaite toujours me rendre à l’étranger. Je dois arriver à destination parce qu’ici, en Afghanistan, il n’y a ni travail ni éducation. » (Amini, 17 ans, Nangarhar)

De nombreux mineurs Afghans qui ont déjà quitté l’Afghanistan pour se rendre en Occident mais qui ont été rapatrié de force souhaitent partir de nouveau, malgré les difficultés qui jalonnent leur itinéraire. Il est fréquent que les jeunes essayant de migrer sans accompagnement soient arrêtés et expulsés, tandis que ceux qui sont rapatriés contre leur gré rencontrent un autre problème: rembourser l’argent emprunté par leur famille pour financer leur voyage. La réintégration au sein de la communauté peut être entravée par un sentiment d’échec, en particulier lorsque le voyage avait été financé grâce à la mise en commun des ressources. La communauté qui avait initialement encouragé la migration non accompagnée vers l’étranger est la même qui sous-estime ultérieurement les efforts réalisés par les enfants migrants non accompagnés.

«Ils se moquent [de nous] et nous disent que d’autres enfants plus jeunes étaient arrivés à destination alors que nous n’en avions pas été capables. […] Ils pensent qu’il est facile de faire un périple sans être accompagné. Ils ne savent rien des risques et des difficultés.» (Ghulam, 18 ans, Nangarhar)

Toutefois, un grand nombre de jeunes pense qu’une deuxième tentative serait plus facile et sont plus déterminés que jamais à réessayer. Le désir de gagner leur vie, de profiter d’une liberté relative et d’avoir la possibilité d’accéder à des services tels que l’éducation compense les risques qui les attendent et qu’ils connaissent dorénavant.

Cet article reprend quelques-unes des conclusions d’un projet de recherche collaboratif conduit par l’UNHCR et l’Unité de recherche et d’évaluation sur l’Afghanistan (Afghanistan Research and Evaluation Unit, AREU), qui sera publié à la mi-2014 : voir www.areu.org.af. Pour en savoir plus, contactez Jennefer Lyn Bagaporo, chargée de recherche principale pour AREU jennefer@areu.org.af qui a travaillé sur le rapport avec Sofya Shahab sofya.shahab@gmail.com.
 

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