Faciliter les communications: un besoin d’urgence

Pour la communauté internationale, l’expérience en Haïti s’est traduite par un double défi: tirer avantage des possibilités apportées par des technologies et des réseaux de communication de plus en plus répandus et accessibles, mais aussi s’assurer un accès aux infrastructures technologiques permettant de tirer tels avantages.

Actuellement, parmi les urgences de l’ensemble du système de cluster, deux semblent se distinguer en relation avec l’urgence des besoins de télécommunications. La première concerne le Mali, où le manque d’infrastructures dans les zones d’opération humanitaire est flagrant et où les organismes humanitaires ne sont pas implantés depuis suffisamment longtemps pour avoir eu le temps et l’occasion de développer leur propre infrastructure de communication. La deuxième est le Soudan du Sud, où les organisations humanitaires sont en revanche présentes depuis plusieurs décennies. Pourtant, l’environnement physique y est difficile et les régions ayant besoin d’assistance changent si fréquemment, à l’instar des opérations à mener, que la construction d’infrastructures d’urgence fait l’objet d’une demande constante.

Ces deux pays ont donc été ciblés pour le déploiement de la «solution d’intervention du cluster des télécommunications d’urgence (CTU)», qui vise à fournir des services de connexion à internet et de téléphonie vocale à la communauté humanitaire. Le premier déploiement de la solution d’intervention CTU a eu lieu à Bentiu, dans le Soudan du Sud, en janvier 2012. Depuis, plus de 3.000 travailleurs humanitaires ont pu utiliser ces services à travers le pays. Plus récemment, la solution a été déployée à Yida, toujours dans le Soudan du Sud, où la population est passée de 20.000 à 70.000 habitants, la majeure partie d’entre eux étant aujourd’hui des réfugiés. Située près de la frontière avec le Soudan, Yida est exposée aux conflits et aux violences; d’ailleurs, en mars 2013, des incidents sécuritaires ont provoqué le déplacement de plus de 300 enfants qui résidaient dans le camp de la ville.

Pour les intervenants, les services fournis par la solution d’intervention CTU facilitent la coordination et la communication tant au niveau local qu’au niveau international. Ils s’appuient sur les technologies «emergency.lu», Ericsson Response et du Programme alimentaire mondial. «Emergency.lu» est un service de télécommunication mobile par satellite, développé dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le gouvernement du Luxembourg et plusieurs entreprises, et mis en place suite au séisme en Haïti. [i] Pour la communauté internationale, il est évident que l’expérience en Haïti s’est traduite par un double défi: tirer avantage des possibilités apportées par des technologies et des réseaux de communication de plus en plus répandus et accessibles, mais aussi s’assurer un accès aux infrastructures technologiques permettant de tirer de tels avantages.

Marianne Donven Marianne.Donven@mae.etat.lu dirige le service d’assistance humanitaire de la Direction de la coopération au développement du Ministère des Affaires étrangères du Grand-duché du Luxembourg. Mariko Hall mariko.hall@wfp.org travaille comme analyste des communications pour la branche informatique de la préparation et des interventions d’urgence du PAM.

 

Consulter également «D’un laboratoire au Luxembourg à des satellites au Soudan du Sud», de Marianne Donven et Mariko Hall, dans RMF 41 www.fmreview.org/preventing/donven-hall

 

Avis de non responsabilité : Les avis contenus dans RMF ne reflètent pas forcément les vues de la rédaction ou du Centre d’Études sur les Réfugiés.
Droits d’auteur : RMF est une publication en libre accès (« Open Access »). Vous êtes libres de lire, télécharger, copier, distribuer et imprimer le texte complet des articles de RMF, de même que publier les liens vers ces articles, à condition que l’utilisation de ces articles ne serve aucune fin commerciale et que l’auteur ainsi que la revue RMF soient mentionnés. Tous les articles publiés dans les versions en ligne et imprimée de RMF, ainsi que la revue RMF en elle-même, font l’objet d’une licence Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification (CC BY-NC-ND) de Creative Commons. Voir www.fmreview.org/fr/droits-dauteurs pour plus de détails.

facebook logo Twitter logo RSS logo email.png

Forced Migration Review
Refugee Studies Centre
Oxford Department of International Development
University of Oxford
3 Mansfield Road, Oxford OX1 3TB, UK
fmr@qeh.ox.ac.uk  +44 (0)1865 281700
skype: fmreview