Remise en cause de l’existence d’une interconnexion supposée entre traite et financement de la terreur

L’affirmation d’une relation de causalité entre la traite et le financement de la terreur est mise en doute tant par le manque de preuve et la faiblesse des données que par ses implications politiques troublantes.

Depuis 2015, des déclarations de plus en plus affirmées concernant les liens entre traite et terrorisme ont été proférées dans une série d’instruments émanant du Conseil de sécurité de l’ONU (CSNU). La résolution 2388 de 2017, plus particulièrement, affirmait que la traite était un des éléments principaux contribuant au financement de la terreur[1]. Et en 2019, la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT) du CSNU a publié un rapport supposé apporter les preuves d’une véritable interconnexion entre traite humaine, terrorisme et financement de la terreur[2] ».

Les revendications concernant ces liens se sont développées dans le contexte de l’essor du groupe État islamique (EI) en Syrie et en Irak et les efforts renouvelés de l’UE et des États membres de l’UE pour contenir la migration irrégulière suite à la « crise » des réfugiés de 2015. La France a entamé des discussions portant sur la Résolution 2388 suite à des faits relatés dans les médias concernant la vente de migrants provenant d’Afrique sub-saharienne lors de ventes aux enchères d’esclaves en Lybie et de renseignements comme quoi des filières de l’EI profiteraient de ces opérations de traite. Ces articles semblaient fournir des preuves qui ont été utilisées pour justifier les déclarations européennes selon lesquelles la migration illicite serait dirigée par des réseaux transnationaux de traite, plutôt que le résultat de dynamiques complexes de migration. 

Le CSNU cite la Libye comme étant l’un des pays prenant part à une mouvance internationale, et où des groupes terroristes profiteraient de la traite, parallèlement à des activités d’asservissement et de trafic de personnes menées par l’EI en Irak, en Syrie et en Turquie ; au trafic de personnes par la filière d’Al-Qaeda au Sahel ; aux enlèvements d’enfants, aux mariages forcés et aux recrutements forcés de Boko Haram au Nigeria ; aux demandes de rançon d’Al-Shabab dans la Corne de l’Afrique ; et aux recrutements forcés d’enfants soldats par l’Armée de résistance du Seigneur en Afrique centrale. Même si tous ces cas sont sans aucun doute troublants, l’application d’une méthodologie de recherche de base en sciences sociales jette le doute sur leur comparabilité et sur les relations de causes à effet qu’implique nécessairement le terme « interconnexion ». Bien plus, le terme « interconnexion » est souvent employé de manière rhétorique dans le but de provoquer des appariements productifs entre deux domaines politiques apparemment sans rapport[3]. L’agenda politique du CSNU suscite la préoccupation dans la mesure où le CSNU a commencé par affirmer l’existence d’une interconnexion entre traite et financement de la terreur pour ensuite mandater des recherches destinées à en apporter les preuves. 

Je formule cette affirmation en se fondant sur la chronologie des résolutions et parce que j’ai été l’un des consultants impliqués dans la rédaction du rapport de la DECT. J’ai fourni à ce sujet quatre constatations principales. Premièrement, les cas restaient idiosyncratiques et ne fournissaient pas de preuve de l’existence d’une interconnexion. Deuxièmement, la faiblesse des données relatives à la traite et au financement de la terreur, d’une manière générale, rendait impossible une quelconque estimation de la proportion de financement que les groupes terroristes tiraient de la traite, même si, selon toute probabilité, cela devait être insignifiant comparé à d’autres sources de financement[4]. Troisièmement, les groupes terroristes exploitent les routes de migration illicite qui traversent leur territoire mais orchestrent rarement une traite internationale. Quatrièmement, une lutte contre la traite basée sur des tactiques anti-terroristes entrainerait potentiellement des programmes politiques plus fortement militarisés en ignorant toute pratique optimale relative aux approches centrées sur les victimes, à l’atténuation des causes profondes et à la mise en place de voies sécurisées et légales de migration. Même si le rapport de la DECT incluait certaines de ces réserves, les éléments qu’il présente ne permettent pas de soutenir son argument selon lequel il existe une interconnexion évidente entre traite et financement de la terreur.

Le présent article a pour objet de persuader les décideurs et les chercheurs d’approcher la prétendue « interconnexion entre traite et financement de la terreur » avec scepticisme et d’éviter la diffusion de ces affirmations en l’absence de recherches plus détaillées et de données plus fiables. Mes constatations se fondent sur des recherches documentaires et des entretiens avec des experts aux sièges et dans les bureaux régionaux de différentes organisations internationales et également avec des groupes de réflexion et des organes internationaux de maintien de l’ordre aux États-Unis, en Turquie, en Egypte, au Nigéria et en Europe[5].

Des données de mauvaise qualité impossibles à comparer

L’obstacle principal qui empêche d’affirmer l’existence d’une interconnexion entre traite et financement de la terreur est l’absence de données solides comparables à partir desquelles effectuer des observations sur les relations de causalité entre les variables. Premièrement, l’insuffisance des données portant sur la traite saute aux yeux dès lors que l’on examine les études annuelles s’y rapportant. Le Rapport mondial sur le trafic d’êtres humains de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), par exemple, se limite aux statistiques de poursuites au niveau des États. La nature et la fiabilité de ces statistiques varient très largement, nous renseignent peu sur les taux de la traite dans sa globalité et ne permettent pas d’extrapoler et d’obtenir des statistiques mondiales sur le trafic des êtres humains. Les rapports de l’Organisation international du travail comme les Estimations mondiales de l’esclavage moderne centrés principalement sur le travail forcé et le mariage forcé ont à cœur de signaler les limitations des données et de prévenir contre le risque d’extrapolation pour obtenir des statistiques mondiales. Les rapports du Département d’État américain sur la Traite des personnes qui classent les États en fonction de leur respect du droit international et de la manière dont ils combattent la traite sont peut-être parmi ces rapports ceux qui ont le plus d’influence. Même si ces rapports sur la Traite des personnes contenaient habituellement des taux estimatifs de traite, ces estimations ont été abandonnées suite aux critiques formulées par l’organisme d’audit, d’évaluation et d’investigation du Congrès américain (Government Accountability Office – GAO) concernant l’impossibilité d’en vérifier les données[6].

Bien que les discussions autour du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières aient remis à l’ordre du jour l’appel de l’Objectif de développement durable 16.2 concernant la mise en place d’outils de contrôle plus robustes à travers l’adoption d’indicateurs communs, la présence d’obstacles fondamentaux empêchant la recherche comparative sur la traite a également été reconnue, plus particulièrement pour ce qui touche à la disparité des régimes juridiques, des terminologies employées et des méthodes d’identification. Bien plus, les trafiquants (et souvent les survivants de traite) ont tout intérêt à agir de manière à contrecarrer un tel recueil de données.

L’Indice mondial de l’esclavage (Global Slavery Index GSI) de la Fondation Walk Free qui a gagné en influence en définissant la traite comme une forme d’« esclavage moderne » (et il est couramment cité, y compris par la DECT) vise à offrir des mesures par pays et mondiale qui se fondent sur des stratégies estimatives fragiles dérivées d’un ensemble d’activités mais sans compter toutefois d’élément transfrontalier – le facteur largement utilisé par les organismes de maintien de l’ordre et les organisations internationales pour détecter les cas et estimer et regrouper les données. Les experts que j’ai interrogés pendant mes recherches ont formulé des critiques plutôt acerbes sur sa fiabilité[7]. Selon eux, en dépit d’un scepticisme prévisible des chercheurs universitaires concernant sa rigueur statistique, on constate au niveau de l’ONU une acceptation généralisée des estimations de l’Indice, en partie à cause du lobbying intense effectué par la Fondation Walk Free et en partie également parce que l’Indice mondial de l’esclavage semble apporter une solution à des problèmes complexes d’estimation.

L’étape suivante dans l’identification d’une interconnexion causale consisterait à estimer la part des revenus que les groupes terroristes tirent de la traite. Ici également nous nous heurtons à des difficultés majeures. Il existe sans aucun doute des éléments solides pour indiquer que les groupes terroristes comptent sur des activités criminelles pour assurer leur financement. Toutefois, des personnels de l’ONUDC et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont indiqué à quel point les chiffres du financement de la terreur se fondent souvent sur des renseignements classifiés provenant d’agences qui ont un intérêt particulier à exagérer l’importance du problème. Les évaluations ne sont pas mises à disposition à des fins d’examen indépendant, au contraire, les chercheurs se contentent de citer les statistiques officielles. De manière similaire, certains répondants ont argumenté qu’il existe bon nombre de malentendus entre politiciens au sujet des connexions entre criminalité transnationale et terrorisme et ils prétendent avoir observé une tendance à amalgamer chevauchement géographique et convergence opérationnelle.  

Le Groupe d’action financière (GAFI) – une organisation intergouvernementale de surveillance – a souligné les difficultés qu’il y avait à suivre les recettes de la migration irrégulière de manière générale[8]. Alors même qu’ils avaient connaissance des cas cités dans les instruments du CSNU, les personnels de l’ONUDC que j’ai interrogés étaient catégoriques, ils ne connaissaient aucune statistiques (classifiées ou autres) capable d’étayer l’affirmation selon laquelle des groupes comme Al-Qaeda, Boko Haram ou l’EI tireraient une part significative de leurs revenus de la traite. Dans la mesure où le trafic et la traite sont bien souvent plus localisés, il est très possible qu’en première instance il y ait très peu d’activités transnationales à mesurer.

Opportunisme, oppression et recrutement

La traite de personnes aux mains de l’EI constitue le cas le plus évident de trafic terroriste à des fins lucratives. Plus notoirement, l’EI a réduit en esclavage des milliers de femmes et de filles Yézidis d’Irak qui ont été distribuées comme butin de guerre, soumises à des viols systématiques, vendues localement ou trafiquées vers la Syrie et la Turquie. À son apogée, un comité spécialement créé par l’EI était chargé de superviser cette opération à la logistique compliquée. Toutefois, mis à part le niveau de sophistication de cette opération, le GAFI reconnait « qu’il est difficile de considérer la traite humaine comme une source lucrative de revenus » pour le groupe lorsqu’on le compare à d’autres sources de financement comme le pétrole, les antiquités, les rançons et les taxes perçues sur les populations locales[9].

Les éléments probants suggèrent que les groupes terroristes utilisent plus fréquemment la traite et d’autres crimes qui y sont associés à des fins opérationnelles et idéologiques plutôt que purement financières. Les groupes utilisent l’asservissement et les mariages forcés pour recruter, retenir et récompenser leurs membres, ou pour terroriser les populations locales, et à cet effet, mènent régulièrement des campagnes de recrutement forcé de combattants et d’enfants soldats. La plupart de ces pratiques ne constituent toutefois pas un trafic international. Les résolutions du CSNU ont donc tendance à amalgamer d’anciens crimes et violations des droits de l’homme avec l’objet de ses priorités du moment, à savoir la Syrie, l’Irak et la Libye. Comme l’a fait remarquer un répondant qui travaillait pour l’administration Obama, « le Conseil de sécurité semble amalgamer la traite avec d’autres types d’exploitation que nous combattons depuis une bonne vingtaine d’années ». D’une manière plus générale, alors que les trafiquants s’efforcent de rester dans la clandestinité, les terroristes sont friands d’attention politique, ce qui ne facilite pas la subornation, la collusion et la corruption nécessaires au déplacement de personnes par-delà les frontières. Dans la ville côtière libyenne de Sabratha, par exemple, les trafiquants ont financé la lutte contre l’EI parce que la présence de ce groupe mettait en danger leurs revenus.

Les groupes armés ont opéré pendant longtemps le long des routes de migration irrégulière. Avant le renversement du général Kadhafi en 2011, le régime et ses forces alliées exerçaient un contrôle sur le trafic illicite et la traite des personnes. Depuis, les migrants peuvent se trouver en proie avec la traite dans les zones contrôlées par le Gouvernement d’entente nationale, comme dans celles contrôlées par des militants, et se heurter à des obstacles encore plus importants pour quitter la Libye au vu des accords passés avec les États membres de l’UE. En effet des entités financées par la communauté internationale (notamment les Forces libyennes spéciales de dissuasion, leurs garde-côtes et la Direction pour la lutte contre la migration irrégulière) ont essentiellement pris le contrôle de ces routes et se consacrent systématiquement à la traite – et ce, de manière plus encore plus répandue que ne le faisaient les militants après la chute de Kadhafi. 

Eviter les appariements politiques non productifs

La dernière question est la suivante, la référence à une interconnexion entre traite et financement de la terreur offre-t-elle un appariement politique productif – comme cela a été le cas pour l’interconnexion entre migration et développement ? À une seule exception près, celle d’un officier de sécurité du Nigéria, tous mes répondants ont mis en garde contre le recours aux types de tactiques militarisées associées aux politiques de contreterrorisme. Plusieurs d’entre eux s’inquiétaient du fait que gérer la traite comme une question de sécurité au sens strict, risquait de provoquer des résultats préjudiciables inattendus, tant en ce qui concerne la sécurité internationale, que le sort des victimes de traite.

Les opérations militaires déstabilisent fréquemment les États et les régions, engendrent du ressentiment et exacerbent l’extrémisme, tout en servant de catalyseur de déplacement. Elles créent également des marchés pour la traite et le trafic. L’armée de libération du Kosovo et d’autres groupes armés de l’ex-Yougoslavie, par exemple, ont trafiqué des femmes et des filles afin de répondre à la demande émanant des membres de l’OTAN et des forces de l’ONU. Les mêmes dynamiques apparaissent de manière plus générale autour des opérations humanitaires et de maintien de la paix qui ont souvent pour but d’éliminer l’extrémisme.

Les preuves sont abondantes et elles démontrent à quel point il est préjudiciable d’appliquer un prisme sécuritaire aux politiques de migration, aux normes de protection internationale, aux droits des migrants et à la sécurité de l’État. L’appariement de la traite et du terrorisme permet aux régimes autocratiques et autoritaires d’instrumentaliser la préoccupation de l’ouest à l’égard de l’islamisme et de la migration irrégulière afin de se procurer des aides militaires et consolider leur contrôle politique intérieur. Comme le montre la question d’un spécialiste chevronné des situations d’après conflit : « Que vous indique le fait qu’un gouvernement autoritaire confirme au Conseil de sécurité que oui, en effet, « la menace du jour » est un gros problème sur son territoire ? [Et bien, cela signifie] qu’ils veulent davantage de financements pour leurs services de sécurité [...] et par-dessus tout, qu’ils les veulent sans traces comptables ».

En fin de compte, déployer des politiques anti-terroristes dans la lutte contre la traite aurait pour effet d’ignorer les bonnes pratiques préconisées par les chercheurs universitaires, les praticiens et les organisations de défense des droits, en particulier lorsqu’il s’agit des dispositions relatives aux moyens d’existence, à l’éducation et au développement et également des régimes juridiques soucieux des victimes. L’accès à des voies de migration sûres et légales permettrait également d’atténuer la vulnérabilité face à la traite ayant cours sur les routes de migration irrégulières. Malheureusement, les membres du CSNU qui ont élaboré la Résolution 2388 dépendent de plus en plus fortement de la coopération avec des États autocratiques et autoritaires dans le cadre de leurs programmes de contrôle de la migration – ce qui, avant toute chose, a pour effet de renforcer la vulnérabilité face à la traite.

 

Craig Damian Smith Craigdamian.smith@ryerson.ca
Chargé de recherche principal en Gouvernance de la migration, Titulaire de la Chaire d’excellence en recherche du Canada sur la Migration et l’Intégration, Université Ryerson, Toronto www.ryerson.ca/cerc-migration/about/

 

[1] Pour consulter la liste complète des résolutions et déclarations associées, voir : http://CSNUr.com/en/resolutions/2388.

[2] DECT (2019) Identifying and Exploring the Nexus Between Human Trafficking, Terrorism, and Terror Financing https://www.un.org/sc/ctc/wp-content/uploads/2019/02/HT-terrorism-nexus-CTED-report.pdf

[3] Le terme « interconnexion » implique une série de relations causales nécessaires entre deux phénomènes ou plus. À titre d’exemple bien connu, l’interconnexion entre migration et développement décrit une série de relations causales complexes se renforçant mutuellement entre différentes formes de développement et de mobilité/immobilité.

[4] La divergence importante qui existe en matière d’identification des groupes terroristes est un autre problème de cette prétendue interconnexion. L’UE cite 21 entités comme étant des organisations terroristes ; le Département d’État américain identifie 67 organisations terroristes ; et les Nations Unies désignent 82 entités comme cibles de sanctions pour des activités terroristes et de financement de la terreur. Ces différences sont le résultat d’une divergence importante en matière de critères de désignation, de groupes d’intérêt et de priorités politiques.

[5] Des répondants appartenant à des organisations internationales telles l’ONUDC, l’Organisation internationale pour les migrations, l’ONU, le HCR et l’OSCE.

[6] ONUDC Global Report on Trafficking in Persons www.unodc.org/unodc/data-and-analysis/glotip.html; OIT Estimations globales de l’esclavage moderne : Travail forcé et mariage forcé bit.ly/OIT-esclavage-moderne-2017; Département d’État américain Trafficking in Persons Report https://www.state.gov/trafficking-in-persons-report/

[7] Voir également Gallagher A T (2017) « What’s Wrong with the Global Slavery Index? », Anti-Trafficking Review 8: 90–112 https://doi.org/10.14197/atr.20121786

[8] Financial Action Task Force (2018) « Financial Flows from Human Trafficking » https://www.fatf-gafi.org/media/fatf/content/images/Human-Trafficking-2018.pdf

[9] Financial Action Task Force (2015) « Financing of the Terrorist Organization Islamic State in Iraq and the Levant (ISIL) », p13 www.fatf-gafi.org/media/fatf/documents/reports/Financing-of-the-terrorist-organisation-ISIL.pdf

 

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