Éthique et déplacement

Sortie prévue en juin 2019

Date limite de soumission des articles : lundi 18 février 2019

Dans le contexte du déplacement, les questions relatives à l’éthique – les principes moraux régissant le comportement – sont nombreuses, différentes et, invariablement, compliquées. Elles incluent non seulement des considérations philosophiques ou morales abstraites (mais toutefois importantes) d’obligation envers ceux qui sont déplacés ainsi que des questionnements touchant aux pratique liés à la programmation, la protection, l’étude, le recueil et l’usage des données, les nouvelles technologies, la formation et la rémunération du personnel, la couverture médiatique ou l’utilisation de l’image et de la terminologie.

Ceux qui conçoivent et mettent en œuvre des programmes dont l’objectif est de protéger des personnes déplacées ont pour responsabilité de mettre en place des garanties adéquates et effectives, notamment contre l’exploitation sexuelle. Une obligation identique s’étend également aux personnels locaux, nationaux et internationaux chargés d’apporter l’assistance. Les chercheurs – qui sont déjà nombreux à avoir adopté des codes éthiques – doivent continuer à évaluer de manière critique la manière dont leurs études sont menées. Ceux qui collectent, présentent et utilisent des données sur les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) doivent non seulement se demander dans quelle mesure les données sont exactes et si elles sont recueillies de manière responsable mais ils doivent aussi réfléchir aux implications éthiques associées à la manière dont elles peuvent être présentées et utilisées. En outre, les décisions prises sur la manière de présenter le déplacement dans les médias impliquent nécessairement des considérations de langage, de terminologie et d’utilisation des images.

Des jugements éthiques qui peuvent sembler clairement définis en théorie peuvent exiger des compromis dans la pratique. Les tensions et les paradoxes sont inévitables et inhérents lorsqu’il s’agit de satisfaire des besoins multiples, souvent urgents et contradictoires tout en apportant protection et assistance. C’est autour de ce type de questions éthiques complexes que ce numéro de RMF cherche à apporter des perspectives, à poser des questions et à favoriser l’échange d’exemples de pratiques optimales. Ce numéro de RMF servira de tribune aux praticiens, aux défenseurs des droits, aux décideurs politiques et aux chercheurs pour leur permettre d’échanger leurs expériences, de débattre de leurs points de vue et de présenter leurs recommandations. Les rédactrices de RMF recherchent tout particulièrement des contributions ancrées dans la pratique, qui reflètent une gamme variée d’expériences et d’opinions et tentent de répondre à des questions telles que les suivantes :

Principes et pratiques

  • Dans quelle mesure, et par qui, les quatre principes humanitaires internationaux (humanité, neutralité, impartialité et indépendance) sont-ils respectés ?
  • Quels tensions et paradoxes peuvent survenir lors de l’application pratique des codes et protocoles humanitaires ?
  • De quelle manière les codes d’éthique professionnelle des organisations chargées d’apporter une assistance juridique aux réfugiés, comme le Code de Nairobi, sont-ils appliqués dans des contextes différents ?
  • Quel est le rôle des codes de conduite volontaires à l’intention des acteurs non-gouvernementaux, tels ceux élaborés par les organisations de sauvetage en mer ?
  • En quoi des conversations mondiales autour du « partage de la responsabilité », notamment dans le contexte du Pacte mondial sur les réfugiés ou du Pacte mondial sur la migration, reflètent-elles les prises de position éthiques actuelles et émergentes ?
  • Quels sont les progrès réalisés par la communauté humanitaire, le milieu de la recherche et le secteur privé en matière de prise de position et de promotion d’un point de vue éthique sur des questions comme l’environnement, les pratiques commerciales et l’emploi ou le financement, y compris dans leurs réponses pratiques face au déplacement ?
  • Quelles nouvelles dimensions éthiques voit-on émerger suite à l’expansion de l’implication du secteur privé dans l’assistance humanitaire ?
  • Quelles questions éthiques surgissent des relations de pouvoir entre employés internationaux, employés locaux, bénévoles et personnes déplacées ?
  • Que faut-il faire pour garantir la protection effective des personnes déplacées, y compris contre l’exploitation sexuelle et la violence sexuelle et sexiste ? Existe-t-il des exemples positifs d’approches nouvelles adoptées par les acteurs locaux, nationaux et internationaux ? Comment les organisations traitent-elles les cas d’agression ou de harcèlement sexuel internes ?
  • De quelle manière des engagements en faveur d’un changement à long-terme, tels que ceux pris en 2018 lors du Safeguarding Summit de Londres, peuvent-ils être honorés et maintenus sur la durée ? De quelle manière des mesures pratiques adoptées sont-elles actées, et quelles en sont les répercussions ?
  • Quelle est l’influence des principes éthiques sur les réponses face à certains défis émergents, comme le décès ou la disparition de personnes protégées ? Quels enseignements est-il possible de tirer de l’engagement de la société civile et des autres acteurs locaux sur ce type de questions ?
  • Les personnes déplacées sont-elles perçues, et par qui, comme ayant des responsabilités morales et politiques ? Quels sont les effets de ces différences de perception?

 

Recherche

  • De quelle manière des directives éthiques existantes relatives à la recherche sur les personnes déplacées sont-elles appliquées ? De quelle manière les directives sont-elles adaptées, ou non, à une utilisation dans des circonstances différentes ? L’introduction de normes internationalement acceptées est-elle une nécessité ? Comment serait-il possible de contrôler le respect de ce type de normes ?
  • De quelle manière les chercheurs peuvent-ils veiller à ce que des comptes soient rendus aux personnes qui font l’objet des recherches, y compris en termes de suivi à propos des constatations et des résultats ?
  • De quelle manière la communauté internationale des chercheurs peut-elle tenter de résoudre le problème potentiel de l’étude à outrance de certains sites et contextes de déplacement particuliers ?
  • Est-il jamais possible de garantir un véritable « consentement éclairé » dans le contexte d’études sur des personnes déplacées ? Quelles questions d’éthique et de responsabilité entrent en jeu ?
  • De quelle manière des chercheurs qui travaillent dans des contextes de migration forcée peuvent-ils reconnaitre et aborder de manière appropriée les risques potentiels encourus du fait de la recherche tant par les participants que par les chercheurs.

 

Image et représentation

  • Quelles sont les obligations des journalistes et des entreprises médiatiques quant à la manière dont ils rendent compte des enjeux associés au déplacement ?
  • Quelles sont les obligations des organisations et des individus quant à l’utilisation d’une terminologie normalisée et appropriée ?
  • Comment est-il possible de créer et utiliser de manière responsable des images de personnes déplacées ? Quel a été l’impact de l’usage croissant des smartphones et de la technologie numérique dans la création et l’utilisation de ce type d’images ?
  • Quels sont les principes éthiques régissant la représentation des personnes déplacées à des fins de plaidoyer et de recherche de fonds ? Comment les personnes déplacées sont-elles impliquées dans la narration de leur propre histoire et dans la manière dont elles sont représentées ?

 

Données et technologie

  • Quelles questions d’éthique émergent du recueil, de la conservation et de l’utilisation de données biométriques appartenant à des personnes déplacées ?
  • De quelle manière ceux qui déploient des innovations techniques comme des technologies de stockage et transmission (blockchain ou chaîne de blocs) ou de réalité virtuelle dans des situations de déplacement, tiennent-ils compte des questions éthiques et des responsabilités qui y sont associées ?
  • À quelles obligations sont soumis ceux qui fournissent et utilisent des données sur le déplacement ? Sont-ils tenus de veiller à ce que les données soient recueillies, utilisées et présentées de manière éthique ?

 

Nous demandons à tous les auteurs de considérer la pertinence des réponses qu’ils apportent en relation aux personnes en situation de handicap, aux personnes LGBTIQ+, aux personnes âgées et aux autres groupes présentant des vulnérabilités spécifiques et, de penser à introduire dans leurs articles une perspective de genre. Il va sans dire que nous aussi souhaitons tout particulièrement rendre compte de l’expérience et du savoir des communautés et des individus touchés directement par les problèmes soulevés.

Alors même que nous encourageons la diffusion d’exemples de pratiques et d’expériences positives et reproductibles alliés à une solide analyse des enjeux débattus, nous invitons également nos contributeurs à se pencher sur les échecs et les défis rencontrés : qu’est-ce qui ne fonctionne ou n’a pas fonctionné comme prévu, et pourquoi ?

Longueur maximale : 2 500 mots.
Veuillez noter que l’espace est toujours très précieux dans RMF, si bien que les articles publiés sont généralement plus courts que cette longueur maximale. Si votre article est accepté, il est possible qu’il soit condensé avant d’être publié, mais nous vous consulterons au préalable afin de confirmer toute modification.

Date limite de soumission des articles : 18 février 2019

Si vous souhaitez soumettre un article, n’hésitez pas à contacter les rédactrices en écrivant à fmr@qeh.ox.ac.uk afin de leur proposer vos idées ou projets de contribution. Si vous connaissez des collègues ou des représentants de communauté qui pourraient avoir envie de partager leur expérience, faites-nous le savoir par courrier électronique ; nous sommes tout à fait disposées à accompagner des contributeurs/trices individuels/elles pour les aider à rédiger un article ; pouvoir refléter les perspectives des personnes déplacées dans la revue nous tient particulièrement à cœur.

Si vous avez l’intention de rédiger un article, n’oubliez pas de consulter nos consignes aux auteurs ainsi que la liste de contrôle pour la soumission que vous trouverez sur : www.fmreview.org/fr/ecrire-pour-rmf

facebook logo Twitter logo RSS logo

Forced Migration Review
Refugee Studies Centre
Oxford Department of International Development
University of Oxford
3 Mansfield Road, Oxford OX1 3TB, UK
fmr@qeh.ox.ac.uk  +44 (0)1865 281700
skype: fmreview