Villes et métropoles

Les choses ont beaucoup évolué depuis la publication du numéro de RMF sur le thème « S’adapter au déplacement en milieu urbain » en 2010. Le nombre de chercheurs travaillant dans ce domaine ne cesse d’augmenter tandis qu’un nombre croissant d’organisations adaptent et élaborent leurs programmes dans un monde sans cesse plus urbanisé, y compris en anticipation des impacts du changement climatique qui entraînera des déplacements vers les centres urbains. Dix ans plus tard, RMF étudiera les approches contemporaines et les nouvelles technologies, de même que le vaste éventail de cadres, de réseaux et d’initiatives internationaux dans ce domaine, dont nous pouvons tirer de nombreux enseignements.

Les villes et les métropoles peuvent se présenter comme des sanctuaires, des espaces de solidarité, d’intégration et d’opportunités, mais un grand nombre de déplacés ayant fui leur pays sous l’effet des conflits, de la persécution ou d’autres facteurs rejoignent un type d’environnement très différent. Ces nouveaux arrivants peinent souvent à simplement accéder aux services essentiels (logement, alimentation, eau, santé et éducation) et encore davantage à l’emploi, à la protection et aux autres éléments qui contribuent à une bonne qualité de vie.

Quant aux autorités locales et régionales, elles peuvent rencontrer des difficultés à répondre aux besoins essentiels de ces nouveaux arrivants mais aussi à faire face, par exemple, à de nouveaux problèmes sanitaires et aux évolutions démographiques. Des différends peuvent également apparaître entre les diverses autorités impliquées quant à leurs rôles et responsabilités respectifs. L’arrivée et l’intégration (ou le manque d’intégration) des personnes déplacées peuvent créer des tensions entre les communautés d’accueil et les nouveaux arrivants, provoquées par des différences perçues ou réelles en matière d’accès aux services et à l’assistance. Qui plus est, les pratiques culturelles, les moyens d’existence et les animaux d’élevage que les personnes déplacées apportent avec elles peuvent introduire des complexités supplémentaires. Toutefois, quand les efforts visant à inclure et intégrer ces nouveaux arrivants portent leurs fruits, les communautés peuvent s’en trouver renforcées et de nouvelles opportunités peuvent s’offrir à tous les habitants.

Afin d’adopter une approche globale et durable, un vaste éventail d’acteurs devront y participer, y compris les autorités locales, régionales et nationales, les maires, les municipalités, les associations communautaires et de voisinage, les représentants des personnes déplacées, la société civile, le secteur privé et la communauté internationale humanitaire/du développement.

Ce numéro de RMF offrira un forum permettant aux praticiens, aux défenseurs, aux responsables et aux chercheurs (y compris les urbanistes et les autorités locales et régionales) de partager leurs expériences et leurs bonnes pratiques, d’opposer leurs différentes perspectives et de proposer des recommandations relativement à ces défis et à ces évolutions. Les rédactrices en chef de RMF recherchent en particulier des articles orientés sur la pratique, reflétant des opinions diverses et variées, qui répondent à des questions telles que celles-ci :

 

  1. Analyse des besoins et des défis
  • Alors que les villes et les métropoles accueillent un nombre croissant de personnes déplacées et qu’un vaste éventail d’acteurs travaillent à leurs côtés, que savons-nous aujourd’hui de l’ampleur et de la complexité des défis relatifs aux besoins des réfugiés, des PDI et des apatrides en milieu urbain ?
  • Quels sont les défis universels liés au déplacement en milieu urbain ? Quelles variables entrent en jeu dans les différents contextes et les différents emplacements ?
  • Prête-t-on une attention suffisante aux installations urbaines de plus petite taille ? Dans quelle mesure les défis et les opportunités y sont-ils différents par rapport aux grandes villes ?
  • Quels sont les impacts environnementaux sur les contextes urbains, comment les villes et les métropoles y répondent-elles, et quelles bonnes pratiques ont vu le jour ?
  • Quelles données sont disponibles et quelles données sont nécessaires pour pouvoir évaluer les besoins avec précision et adopter une approche éclairée ? Les données peuvent-elles aider à évaluer le degré d’intégration ?
  • Comment les villes et les métropoles font-elles face à la perte et/ou au retour de segments de leur population ?

 

  1. Cadres, approches et initiatives
  • Quelles nouvelles approches sont apparues en réponse à l’Objectif de développement durable no 11 : « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables » ? Quels enseignements pouvons-nous tirer des réussites et des échecs de sa mise en œuvre ?
  • Quelles contributions ont apporté les cadres, les réseaux et les initiatives tels que le Nouveau Programme pour les villes, Cities Alliance, l’Alliance Mondiale pour les Crises Urbaines, Mayors Migration Council, C40 Cities, Welcoming Cities, United Cities and Local Governments, Villes #Aveclesréfugiés, le Réseau international de villes refuges (ICORN), Villes sanctuaires et Villes solidaires ?
  • Quelles contributions pourrait apporter le Pacte mondial sur les réfugiés (PMR) dans ce domaine, ayant identifié les villes et les réseaux urbains comme des acteurs clés pour apporter des réponses complètes aux réfugiés ? De quels types d’appui les autorités locales et les maires ont-ils besoin pour mettre en œuvre le PMR au niveau local ?
  • Les initiatives mondiales, nationales et locales font-elles une différence, et quels enseignements pouvons-nous en tirer ? Quelles bonnes pratiques sont apparues ?
  • Comment les villes répondent-elles aux besoins d’une plus grande population en matière d’alimentation et d’agriculture ? Quel rôle les nouvelles technologies et les fermes urbaines peuvent-elles jouer ? De quelles manières celles-ci impliquent-elles à la fois les communautés d’accueil et les nouveaux arrivants ?
  • Quels sont les effets du déplacement sur la vie animale dans les villes et les métropoles, y compris le bétail, les espèces errantes et les animaux sauvages ? Quelles réponses peuvent y apporter les communautés d’accueil et les nouveaux arrivants ?
  • Quelles innovations techniques, dans le domaine de l’ingénierie ou autre, aident les villes à répondre aux besoins de leur population ?
  • Comment les autorités urbaines répondent-elles aux défis des crises multiples et simultanées ?
  • Dans quelle mesure les « approches de proximité » (ciblant une zone ou un lieu en particulier) sont-elles efficaces et inclusives ?
  • Les autorités nationales et locales fixent-elles des objectifs et élaborent-elles des politiques en ce qui concerne l’intégration des nouveaux arrivants ? Sinon, pourquoi ne le font-elles pas et de quelle manière approchent-elles ce défi ?

 

  1. Collaboration et participation multipartite 
  • Quel rôle les communautés d’accueil jouent-elles en ce qui concerne la réception des nouveaux arrivants, leur accueil et l’assistance qui leur est apportée ? Quels exemples de bonnes pratiques peut-on en tirer ? De quelles manières peut-on soutenir les communautés d’accueil ?
  • Il est de plus en plus reconnu que l’engagement des maires et des municipalités est d’une importance primordiale pour favoriser un accès plus équitable aux services, tant pour les nouveaux arrivants que pour les communautés d’accueil vulnérables. Quels sont les exemples de bonnes pratiques municipales (qu’il s’agisse de lois, de politiques ou de stratégies locales) qui soutiennent et favorisent l’inclusion ?
  • Le système sectoriel fonctionne-t-il efficacement dans les contextes urbains ?
  • Les acteurs internationaux, nationaux et locaux doivent-ils adapter leurs méthodes de travail pour les rendre plus flexibles, plus complémentaires et plus durables ? De quelle manière ?
  • Comment les acteurs de l’humanitaire et du développement peuvent-ils apporter un soutien efficace aux autorités locales, qui bénéficie tant aux communautés déplacées qu’aux communautés d’accueil ? Comment les différents acteurs gèrent-ils la concurrence et les différences de pouvoir ?
  • Quels sont les exemples de modèles multipartites efficaces ?

 

  1. Résilience et durabilité
  • À quoi ressemble la « résilience urbaine » et comment y parvenir ?
  • De quelles manières les réfugiés, les PDI, les apatrides et les populations d’accueil contribuent-ils à construire des communautés solidaires et durables ?
  • Outre l’accès aux services de base, comment les villes et les métropoles contribuent-elles à créer une meilleure qualité de vie générale pour tous leurs habitants, dans les domaines de la culture, des arts, du sport et du divertissement ? Comment répondre aux problèmes liés aux traumatismes, à l’isolement et à la discrimination ?
  • Dans quelle mesure l’impact du changement climatique influence-t-il les mouvements vers les zones urbaines et les défis connexes ? Comment les différents acteurs et innovateurs urbains répondent-ils à l’urgence climatique ?
  • Comment financer de manière durable et efficace des approches urbaines coordonnées ? Quel rôle jouent les banques et les mécanismes de développement, tels que les financements mixtes ?
  • Comment renforcer les capacités des autorités locales à gérer et à contrôler de tels financements ?

 

AVANT DE RÉDIGER VOTRE ARTICLE :

Si vous souhaitez contribuer, veuillez envoyer un e-mail aux rédactrices en chef sur fmr@qeh.ox.ac.uk décrivant le sujet que vous proposez en quelques phrases, afin de que nous puissions revenir vers vous et vous indiquer si nous souhaitons recevoir votre soumission. 

LORS DE LA RÉDACTION/DE LA SOUMISSION DE VOTRE ARTICLE :

Veuillez prendre connaissance de nos directives à l’attention des auteurs et vérifier, avant de soumettre votre article, que celui-ci répond aux exigences de notre liste de contrôle ; de plus amples informations sont disponibles sur www.fmreview.org/fr/ecrire-pour-rmfTout article non conforme à notre liste de contrôle sera rejeté.

Nous demandons à tous les auteurs de considérer la pertinence des réponses qu’ils apportent en relation aux personnes en situation de handicap, aux personnes LGBTIQ+, aux personnes âgées et aux autres groupes en situation de vulnérabilités spécifiques, et de penser à introduire dans leurs articles une perspective de genre. Il va sans dire que nous souhaitons tout particulièrement rendre compte de l’expérience et du savoir des communautés et des individus touchés directement par les problèmes soulevés.

Alors même que nous cherchons à nous faire l’écho d’exemples de pratiques et d’expériences positives reproductibles ailleurs, nous invitons également nos contributeurs à se pencher sur d’éventuels échecs ou difficultés, pour tenter d’expliquer ce qui ne fonctionne pas ou n’a pas fonctionné aussi bien qu’escompté, et pourquoi.

Faites-nous savoir si vous connaissez des collègues ou des représentants de communauté qui aimeraient contribuer à l’un de nos numéros ; nous serons heureux de travailler individuellement avec eux pour les aider à rédiger un article complet car nous avons à cœur de refléter le point de vue des personnes déplacées.

Date limite de soumission des articles : lundi 4 novembre 2019

Longueur maximale : 2 500 mots.

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Forced Migration Review
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